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A quoi joue l’Allemagne? Et si notre avenir géopolitique était africain

Energy

A quoi joue l’Allemagne? Et si notre avenir géopolitique était africain

 Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦

En plein froid, quel pays couvre actuellement les besoins énergétiques de l’Allemagne et de l’Europe ? La Russie.

Déjà, en 2016, la Russie avait couvert le tiers des besoins en gaz de l’Union Européenne. C’était un niveau record qui sera largement dépassé en 2017 malgré les sanctions de l’Union européenne contre la Russie suite à la crise ukrainienne. Et pourtant, il y a une semaine, à Berlin, ces sanctions ont été reconduites pour 6 mois supplémentaires. La France a suivi mais la France comprend-elle vraiment le jeu de dupes que lui impose l’Allemagne pour casser ses exportations agricoles ? Soyons lucides que fait l’Allemagne en coulisses ?

L’Allemagne s’active tout simplement pour doubler un gazoduc reliant directement la Russie à Berlin par la mer baltique, ce qu’on appelle le Nordstream 2. Le projet est même porté outre-Rhin par l’ancien chancelier Gerhard Schröder ce qui n’est pas peu dire. Parallèlement, la Douma russe a ratifié le 20 janvier le projet de gazoduc “Turkish Stream” qui amènera le gaz russe aux portes de l’Europe via la Turquie d’ici la fin 2019. Ces deux voies d’acheminement du gaz russe par le Nord et le Sud ont été envisagées pour contourner l’Ukraine par laquelle transite la moitié du gaz russe vers l’Europe et dont l’instabilité inquiète les Européens et surtout l’Allemagne qui a pourtant soutenu en sous-main les nazis de Kiev. De fait, l’Ukraine reste encore le réservoir gazier de l’Europe. L’Union européenne estime que 16 milliards de mètres cube doivent être stockés en Ukraine pour assurer l’approvisionnement en cas d’hiver rude (comme en ce moment) mais plutôt que de remplir ses réservoirs, l’Ukraine, on le sait, avait préféré les vider cette année afin d’éviter d’avoir à acheter du gaz aux Russes.

Si nous continuons, en suivant Berlin, à donner au gaz russe une part de plus en plus importante comme la construction de ces deux nouveaux gazoducs le présage, cela signifiera qu’on augmentera l’intégration entre l’Europe et la Russie mais aussi conséquemment de la Turquie musulmane dont toute une diaspora mafieuse vit en Allemagne. Cela se fera donc au profit des Russes et des Turcs dont nous dépendrons de plus en plus y compris pour Istanbul par le chantage aux migrants.

Parallèlement à cette situation, Engie vient de démentir les difficultés françaises d’approvisionnement en gaz liquéfié provenant d’Algérie  alors qu’il semblerait pourtant qu’il y ait eu ces derniers jours de sérieuses difficultés du côté d’Alger et ce, en pleine vague de froid dans le Sud-est de la France . En tout cas, il est bon parfois de se rappeler aussi d’où vient notre gaz .

Les Américains se sont donné beaucoup de peine pour déstabiliser l’Ukraine afin de contrer l’intégration d’une grande zone (gazière) Russie-Europe-Turquie et Syrie Avaient-ils en fait raison de s’inquiéter ? Les Allemands ont déjà abandonné leur énergie nucléaire pour tomber dans les bras des Russes et de leurs immenses réserves de gaz, les éoliennes n’étant que de la poudre aux yeux ou une autre soumission, celle aux panneaux solaires Chinois. Nous n’avons jamais pu lâcher l’Algérie à cause de son gaz. La production de gaz algérien est sur sa pente descendante.

Il est donc important de consolider dès maintenant l’Europe du Sud, d’y extraire au plus vite du gaz de schiste. Pour ceux qui souhaitent comme nous une Europe indépendante, il est absolument vital de préserver un mix énergétique très varié mais centré sur le nucléaire. Or la France a longtemps excellé dans le jeu nucléaire et méditerranéen. Qu’a fait Total pour laisser passer la découverte d’un important gisement de gaz marocain à Tendara à l’est du Maroc ? N’a-t-elle pas trop les yeux de Chimène pour l’Algérie ?. L’abandon scandaleux de notre zone d’influence africaine y compris celle de l’Océan Indien (détroit du Mozambique et ses réserves de pétrole) et maintenant l’affaiblissement de notre puissance nucléaire civile laisse présager un déséquilibre périlleux du mix énergétique français en faveur de la Russie.

Si nous ne voulions pas être américain aujourd’hui, ce n’est pas pour être russe demain. Nous aimons la culture et le traditionalisme russe  mais nous ne voulons pas non plus être demain les vassaux ou les  pions de Poutine. Nous aimons le faste et les prières orthodoxes mais nous n’aimons pas les prosternations orientalisantes de leurs prêtres. L’homme européen est un homme debout pas couché. Ni Washington ni Moscou.

Alors si l’on regardait vers l’Eurafrique ?

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