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Les entretiens de Métamag : les taureaux, l’art et la vie

Taureau Francisco De Goya   Corrida De Toros En Un Pueblo

Les entretiens de Métamag : les taureaux, l’art et la vie

Simon Casas, entretien avec Ana Grau journaliste à El Espanol ♦

Simon Casas est né à Nîmes en 1947 : il est donc français. Son nom d’emprunt cherche pourtant à souligner autre chose, son hispanité, il se dit « homme de la maison Espagne ». Simon Casas a pourtant révolutionné la culture tauromachique. Il dirige depuis le 27 septembre 2016, Las Ventas de Madrid, tout en étant  le directeur artistique des arènes. MÉTAMAG a décidé de reprendre ses entretiens. Nous commençons par Simon Casas  parce que nous souhaitons rester fidèle à la mémoire des peuples et à leurs traditions. mais aussi car nous avons manifesté le souhait  de regarder vers le Sud de l’Europe laissant Angéla Merkel à ses choix chaotiques et suicidaires et à son reniement européen. Or, il est clair qu’au Sud et en particulier de l’autre côté des Pyrénées, nous ne pouvions rencontrer dans la posture héroïque si chère à Marc Rousset que la tauromachie. Cet entretien est la traduction d’une rencontre entre Simon Casas et Ana Grau, journaliste à El Espanol. Repris et traduit du site El Manifiesto avec son aimable autorisation . ML.

Simon Sacas, lors de l'entretien

Simon Casas, lors de l’entretien

Ana Grau : Mr Casas, bonjour. Vous êtes depuis la rentrée le nouveau patron des arènes de Madrid à temps plein ? Un Français pour diriger les corridas espagnoles, cela fait bizarre, non ?
Simon Casas : Moi, le nouvel patron des Las Ventas? Excusez-moi, je ne suis pas patron, entrepreneur, non plus. Je suis, disons « producteur ». Il y a une nuance en effet: le concept d’entrepreneur est un concept d’entreprise. Or, pour moi, la tauromachie est un art. Mon activité consiste donc à organiser en fait des événements artistiques. Jusqu’alors, tous ceux qui ont dirigé les arènes de Madrid, se sont considérés comme des chefs d’entreprise, des hommes d’affaires, disaient-ils. J’ai voulu changer et apporter ma petite différence conceptuelle et du coup, je préfère appeler ce que je fais d’une manière qui évoque plus les producteurs de films, de théâtres parce que je crois sincèrement que ce que je fais est plus proche de cela, d’une activité artistique. Or, l’art se produit. Il y a certes une production économique, mais surtout on cherche ici à produire des émotions, de l’esthétique, du rêve. Or, je me considère, oui, comme un producteur d’émotions, d’esthétique et de rêves. Cette différence conceptuelle signifie beaucoup pour moi et, je le crois, pour le monde de la tauromachie.

Par le passé, la tauromachie, en ce qui concerne son aspect commercial, était resté un peu figée. Le taureau, l’animal, est pourtant l’alter ego du toréador. On ne peut pas créer de la beauté sans l’autre, sans lui, sans le taureau. Historiquement, les organisateurs de la tauromachie du XIXème et tout au long du Xème siècle venaient du monde rural, des fêtes populaires. Je crois qu’au XXIème siècle, la tauromachie doit conserver son art et son rituel, mais sa production ne pourra pas être la même parce que la société a évolué de telle manière que son metteur en scène doit évoluer en conséquence or cela n’a pas encore été le cas. Les organisateurs sont restés coincés dans leur vision rétrograde, dans une conception passéiste du XIXème siècle.

Vous voulez contester Isabelle la Catholique et tous les aficionados hispaniques ?

El Cordobes, une légende de la tauromachie

El Cordobes, une légende de la tauromachie

Non, l’Espagne pour moi, c’est la poitrine de ma mère. Je veux tout simplement changer et je suis certainement en train de changer les choses, probablement parce que je suis différent. Je ne suis pas un toréador comme les autres. Mon essence et mon histoire sont différentes. Pour commencer, je suis Français c’est-à-dire que déjà, je viens d’un monde éloigné historiquement de la tauromachie. Je suis né à Nîmes. Nîmes, c’est ma ville natale. Certes, on ne peut pas considérer Nîmes aux antipodes de la tauromachie, alors que c’en est l’un de ses temples et n’est-ce pas à  Nîmes que l’on disait, il n’y a pas si longtemps qu’il était plus important de contrôler les arènes que d’en être le maire ? Alors oui, vous me demandez d’où suis ? Je suis de Nîmes et à Nîmes, il y a toute une tradition tauromachique, et l’événement le plus important de la ville, ce sont ses deux férias.

Mais il y a une différence. Être de Tolède, Séville, Valence ou Cuenca et y développer une activité tauromachique, c’est tout à fait normal historiquement parlant. En France, l’événement tauromachique a aussi son importance mais qu’un petit Français veuille devenir torero, c’était franchement quelque chose d’inconcevable, d’inimaginable comme d’être organisateur de corridas et encore moins, banderillero ou picador. Quand je suis entré dans le milieu de la tauromachie en France, c’était un spectacle cent pour cent importé.

Effectivement, les gens associent spontanément et quasi exclusivement les taureaux à l’Espagne or on vous a entendu dire que pour vous, les racines de la tauromachie étaient ailleurs ?
C’est tout à fait vrai : les racines profondes de la tauromachie sont beaucoup plus larges et elles englobent toute la Méditerranée et le Moyen-Orient mais ce qui s’est passé, c’est que la tauromachie s’est plus concrétisée, cristallisée, je dirais, en Espagne que partout ailleurs. La confrontation rituelle de l’homme et du taureau est ancestrale et elle demeure présente dans toutes les grandes cultures et les grandes civilisations, dès l’Antiquité et plus spécifiquement dans la région méditerranéenne. Il suffit de lire  Sinouhé l’Égyptien , roman finlandais de Mika Waltari paru pour la première fois en 1945 .

taureau-Feria_de_Nîmes_23_mai_1920En résumé, le taureau est culturellement omniprésent en Europe. Le jeu sacré du taureau avec le toréador traverse presque toute l’Europe. Mais ces jeux varient selon l’histoire de chaque pays. La tauromachie française existe. Elle était marginale. Au Portugal, c’était des toréadors à cheval. La tauromachie espagnole s’est imposée au contraire par sa scénographie tragique avec la lutte et la mise à mort du taureau. De fait, tout est tauromachie en Espagne. Ce qui fut importé en France, c’était le style espagnol, le combat qui impliquait de tuer le taureau. Ce spectacle a commencé à être importé en France au XIXème siècle avec Napoléon III, car il n’y avait pas jusqu’alors de tauromachie professionnelle. Il n’y avait pas d’éleveurs de taureaux, ni de toréros, ni de propriétaires d’arènes en France. Ce qui dans ma vie personnelle m’a forcé depuis l’adolescence à m’interroger profondément sur le sens de ma vocation si tenace et si étrange, le sens de cette différence fondamentale avec mon environnement culturel, historique et social. Depuis sept et huit ans, je me suis souvent demandé qui j’étais et pourquoi je faisais cela, pourquoi suis-je ainsi une sorte de toréador errant…

Comme le Juif errant ?
Oui, un toréador Juif errant comme vous dites? Que faire si ce que je veux, c’est prendre finalement Séfarade par les cornes? Et vous avez raison, nous en arrivons forcément à mon origine séfarade. Je suis né français et du côté de ma mère, juif d’origine séfarade. La langue maternelle de ma mère était le ladin, l’espagnol du XVème siècle . Enfant, je ne comprenais pas grand chose. Je ne vécus pas avec mon père, je vivais avec ma mère, ma tante et ma grand-mère (mes parents étaient séparés) et ma langue maternelle n’était donc pas le français chez moi, c’était le Ladin. Ils étaient venus de Turquie et ne parlaient pas turc. Ils étaient en France et ne parlaient pas français. Alors ma langue maternelle était une sorte de malentendu linguistique que personne ne comprenait. Peu à peu, au fil des ans, je compris que ce fut la vraie langue de mon identité. Mon identité renvoie à cinq siècles d’histoire européenne et orientale et elle est mille pour cent espagnole. Il m’a fallu du temps pour le comprendre. Et alors, la première fois que je vis sortir un torero dans les arènes de Nîmes, j’avais sept ans. Ce fut merveilleux. Il sortait là dans l’arène sur le sable comme un véritable héros. Je me souviens qu’ils l’amenaient dans le meilleur hôtel de la ville, où l’attendait la plus belle de toutes les voitures, une Rolls Royce ou une Hispano Suiza. Intuitivement, je me sentais attiré par toute cette fibre magique. C’était la plus grande gloire que je puisse espérer et imaginer. Un voyage que je poursuivrai ensuite toute ma vie.

Mais vous n’êtes pas encore Espagnol, vous êtes toujours Français ? Rêvez-vous de l’Espagne ?
Ah, vous me demandez si je rêve d’avoir mon passeport espagnol. Je vous dirai que je rêve plus, je rêve que le roi d’Espagne me le remette en personne et en mains propres. Pour toute la symbolique que cela représente, oui, j’en rêve. Oui, je veux mon passeport espagnol, qui serait pour moi la dernière étape pour recouvrer complètement mon identité à laquelle j’accorde une importance quasi métaphysique parce que c’est le sens de ma vie, ni plus ni moins. En fait, je peux l’avoir demain mon passeport puisque cela fait depuis 1964 que je réside à Madrid. Donc, je l’ai demain, si je veux. Mais je veux l’avoir en tant que séfarade. Au Parlement espagnol, il y a trois ou quatre ans, ils ont justement voté une loi qui permet aux séfarades d’origine espagnole de demander la nationalité.

En sorte, vous voulez bien devenir espagnol mais en entrant par la grande porte ?
Exactement ! Ce que je veux, c’est cela : entrer en Espagne par la grande porte …  Et je vais aller plus loin. Depuis le début, toute ma vie a été guidée par cette quête symbolique de l’hispanité et atteindre ce symbole, ce serait effectivement pour moi la réalisation de mon plus grand rêve. Obtenir mon passeport espagnol en tant que séfarade et que le roi d’Espagne me le remette en main propre. Ce serait, avouez-le, une excellente façon de répondre historiquement à Isabelle la catholique.

Et si le passeport vous étiez remis par la reine ?
taureau-nimes-sinouehVous me surprenez avec une pareille question. Vous me déstabilisez mais en fait qu’un tout petit peu car ce n’est pas la première fois qu’on suggère que je suis un homme très beau et très séduisant. Ah, ah !.. En fait, je devine dans vos yeux que ma revendication identitaire vous surprend et vous parait inhabituelle, originale et peut-être même fascinante. Effectivement, j’aspire de tout mon cœur à quelque chose, la nationalité espagnole alors beaucoup de ceux qui l’ont déjà ne lui accordent que peu de valeur ou même souhaitent devenir basques ou catalans. Allez, disons qu’il s’agit de ne pas contester seulement Isabelle la Catholique pour l’expulsion des Juifs séfarades d’Espagne, mais aussi quelques ruffians pour leur dédain à l’égard de l’Espagne. Je vous l’ai dit : l’Espagne est pour moi le sein de ma mère. Je dois donc téter l’histoire de l’Espagne pour la ramener dans mon âme en sa partie intellectuelle. C’est une revendication totale, de tout le sens de mon être. Je dois ritualiser mon être espagnol. Je choisis l’Espagne parce que l’Espagne est mon pays.

Simon Casas est un pseudo en réalité. Ecrivez-vous Simon sans accent ou avec l’accent espagnol ?
Vous me demandez si j’écris mon prénom Simon avec l’accent espagnol, Simón ou en français sans accent. Eh bien, pour l’instant, sans accent. Vous savez la magie des noms fonctionne. La première fois que mon avocat espagnol m’a demandé mon nom, voici ce qui s’est passé. Il était clair que Domb, le nom de mon père, qui est polonais, ne me servirait à rien. Alors mentant un peu, je lui avais dit que ma mère était espagnole, il m’a demandé quel était donc son nom, pour voir si cela ne serait pas mieux. Cazes, lui ai-je dit mais tout bas sans vraiment articuler. Du coup, il comprit Casas et dit, eh bien, Casas, c’est parfait. Et Casas fut adopté. Les grands miracles se produisent toujours ainsi. J’articulai mal le nom de ma mère à cause de la culpabilité du Juif errant qui me raclait la gorge. Et il est venu ce qui est sorti : la maison. Tout est bien, qui finit bien, tout est à sa place maintenant. J’ai juste besoin du passeport.

Pouvons-nous dire que votre vie a été une vie de cinéma ?
Qu’est-ce que vous appelez ma vie de cinéma ? Mes débuts en tant que torero, mon mariage avec une cavalière de l’arène que je dus presque enlever, une belle femme, comme le sont aussi belles les filles que j’ai eu avec elle. Je ne sais pas si cette vie est comme un film, vous voyez. Je me limite et me suis limité à jouer mon rôle existentiel, à suivre le script écrit par le scénariste. J’ai épousé une femme qui se battait et toréait à un moment où les hommes de ce pays avaient peur des femmes qui fumaient. Alors comment est-ce l’amour avec une femme qui torée ? Eh bien, il se trouve que non seulement je me suis marié avec mais je fus après quasi le soutien et le parrain de toutes les femmes toréadors qui ont suivi. Je fus le parrain de la meilleure toréra qu’il y ait eu dans l’histoire de la tauromachie, Cristina Sánchez. Vous savez ce que je voudrais comme épitaphe ?

Non.
« Ici repose celui qui fit toréer les femmes » !

Mais pourquoi avez-vous dédié toute votre vie aux taureaux ?

Richard Milian

Richard Milian

Vous savez dédier sa vie aux taureaux, cela vous maintient dans une tension constante par rapport à la vie et à la mort, cela vous laisse dans une sorte de quête poétique sans fin. Le torero quand il entre dans l’arène pour tuer, en fait, il offre son ventre, et le ventre de l’homme, ce n’est pas la même chose que le ventre de la femme qui, lui, dispense la vie. Et voyez-vous : qu’est-ce qui se passe si le bout de la corne donne un peu plus bas et touche les testicules qui donnent aussi la vie? Cela peut arriver mais ce n’est pas la même chose éjaculer et porter la vie durant neuf mois. Il y a une connivence intime de l’arène avec le torero? Regardez, le statut des femmes dans le monde de la tauromachie : historiquement, elles sont très marginalisées. Non parce que les femmes ont moins de valeur dans l’arène que l’homme, je pense même que d’une certaine façon, elles en ont plus. Mais la tauromachie vient d’un pays très macho. L’Espagne est comme elle est. La femme toréant à cheval, c’est comme une amazone. Elle n’a rien à envier à l’homme. Mais à pied, elle imite l’homme. Et quoi que ce soit qu’on imite, ce n’est jamais bon. Il y a donc peu de place pour les femmes dans l’histoire de la tauromachie. Non par manque de courage, non par manque de vocation mais parce qu’on les réduit à imiter les hommes.

Au côté de cela, il y a aussi d’autres visions de la tauromachie et vous avez soutenu aussi un jour que le torero, le matador mâle, a un rôle profondément féminin devant le taureau ?
Totalement d’accord. Le torero est féminisé par le costume, par ses actions, mais il y a une différence fondamentale avec les femmes et les toréadors et vous savez quoi, c’est le ventre… Le ventre… Le ventre est au cœur du déploiement gestuel de la tauromachie. Le torero offre son ventre quand il entre dans l’arène pour tuer. Lorsque par exemple, la gauche radicale s’oppose à la tauromachie, elle adopte une position idéologique sectaire, pour ne pas dire stupide. La tauromachie n’est, en effet, ni de droite ni de gauche. C’est un art, un grand art qui dépasse toutes les idéologies. Or, il y a une différence brutale entre le ventre de la femme et le ventre de l’homme. Du ventre de la femme naît la vie. La femme qui donne son ventre, qui l’expose aux cornes du taureau, elle offre, elle risque alors beaucoup plus que son propre ventre. Symboliquement, elle expose tout le cœur de la naissance, l’essence de la vie. Alors que quand il entre dans l’arène pour tuer, le matador lui perd le contrôle de son ventre, qui est alors à la merci des cornes. Et là, la différence entre un homme ou une femme est, comme je le dis, fondamentale.

Dernièrement, il s’est creusé un fossé entre la tauromachie et la société. Pensez-vous que cette fracture définitive peut être réduite ?

Luis Bolivar

Luis Bolivar

Je crois que non mais je vais tenter de changer les choses avec Las Ventas. Bon, le plan justement aux arènes de Madrid est de tenter – je le dis sans modestie mais avec humilité – de recoudre cette fracture observée depuis une décennie entre la tauromachie et notre époque. Cette fracture est en fait un anachronisme. Historiquement, de nombreux artistes, écrivains, philosophes et penseurs ont su trouver dans la tauromachie des valeurs universelles. Mais dernièrement, oui, il y a eu une fracture. Je crois que ce n’est pas une cassure nette ou définitive, je pense qu’elle peut être réduite. Il s’agit de rétablir l’accord et de dissiper les malentendus. Je peux comprendre qu’on ne me comprenne pas, qu’on ne m’aime pas, qu’on me rejette en tant que toréador mais, s’il vous plaît, pas au nom de la stupidité, de la sauvagerie ou d’une absence de culture. Je ne suis pas un homme cruel ou anachronique. Peut-être qu’en fait, ce sont nos contemporains qui sont anachroniques par leur incapacité à penser au-delà de l’évidence et des apparences.

Question difficile pour un toréador, si vous vous réincarnez en animal, quel animal aimeriez-vous être ?
Ah, ah…Si je devais être un animal, plutôt mille fois être un taureau qu’un animal de compagnie ou un animal qui ne sait même pas qu’existe la mort.  Les valeurs de la tauromachie sont universelles. La vie. La mort. La Beauté. Le respect absolu de l’animal, même si on le met à mort. Si je devais être un animal, j’aimerais être, oui, un taureau. Vivre et mourir avec cette sublime dignité et la liberté de tuer l’homme qui me tue, en conservant tous mes instincts sauvages. Et de plus, je saurais aussi que si je suis brave et noble dans l’arène, je peux faire l’objet d’une grâce. Je préfère être tout cela plutôt, comme je le disais tout à l’heure, qu’un animal de compagnie ou un animal qui ne sait même pas qu’il y a la mort. Or, comment pouvez-vous bien vivre si vous ne comprenez pas la mort, si vous ne savez pas que vous allez mourir? C’est pour cela que la tauromachie est sacrée.

Traduction de l’espagnol, Michel Lhomme.Cristina Sanchez, grande torera espagnole

Illustration : Corrida de toros en un pueblo, (1808/1812) de Francisco Goya.

 

  1. obnemausus
    obnemausus4 février 2017

    Simon Casas est à l’antipode de ce que pense la plupart des lecteurs de Metamag. Pour ma part, Nîmois aussi, je hais la tauromachie et j’admire Isabelle la Catholique, Ferdinand d’Aragon et la Reconquista …

  2. Rémy Valat
    Rémy Valat4 février 2017

    La vie, la mort. Qu’il fasse le métier de flic, de soldat, de sauveteur …. là cela me paraît avoir plus de sens, plus de dignité. Je ne tombe dans la niaiserie du gentil taureau à la Cabrel, mais “tuer” ne doit pas être un acte gratuit (et encore moins un spectacle), même drapé sous les plis de la tradition. Le vrai courage, c’est seul face à la mort et souvent face à un destin que l’on a pas choisi, mais certes pas fringué bling-bling confronté à une bête que l’on a bien affaiblie et épuisée avant. Si la Reine d’Espagne daignait lui remettre un passeport à ce mégalomane, pourquoi pas? Si ce monsieur, et les autres toreros, veulent affronter la mort, qu’ils fassent un métier plus utile aux Français! J’ai habité à Nîmes, je puis vous dire quel business la féria, n’est-ce pas? Belle “production”. J’en cherche encore le coté éthique! La tradition peut-être (elle a ici bon dos), le profit et le tape-à-l’oeil, ma foi, ça je l’ai bien vu. Je ne risque pas de pleurer la mort d’un torero! J’invite ce monsieur à relire “Les Orages d’acier”!

  3. Plouvier Bernard
    Plouvier Bernard5 février 2017

    L’interviewé conteste la décision des souverains espagnols de chasser les Juifs refusant de se convertir au christianisme… mais il semble ignorer le contexte.
    1492, c’est la fin de la Reconquista, c’est-à-dire l’expulsion des Berbères d’Ibérie et de leur islam envahissant.
    Tout naturellement, on procède à l’Épuration : sont chassés d’Espagne ceux qui avaient été, durant 700 ans, les plus serviables des Collaborateurs de l’occupant mahométan : les Juifs. On les expulse ; on ne les tue pas (contrairement à ce qui s’est passé en France en 1944-46) !
    L’Inquisition, dominée par le marrane Torquemada, aura pour but de démasquer les faux convertis (ex-mahométans et ex-judaïsants) au christianisme… exactement comme la Tchéka, devenue le Guépéou (glorifié en son temps par Aragon, le “grand poète français”), puis NKVD, puis KGB ont torturé, assassiné les “ennemis de classe” du “paradis des travailleurs”… on a calculé que les victimes de l’Inquisition (moins de 50 000 personnes jugées en 2 siècles avec un nombre total d’exécutions inférieur au millier) correspondaient au nombre de victimes d’une seule journée de la Iéjovchina (la grande purge organisée, sur ordre de “Staline” par le fou furieux Iejov, un ashkénaze)… les jérémiades à sens unique ne sont guère crédibles.

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