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États-Unis : la nouvelle manière de manipuler les foules?

Trump Vs Clinton

États-Unis : la nouvelle manière de manipuler les foules?

Auran Derien, universitaire ♦

Durant la campagne électorale américaine, MÉTAMAG a constamment dénoncé l’attitude des médias vis à vis de Donald Trump. Nos lecteurs sont conscient de notre position sur ces élections. Nous les avons notamment informé des sondages non-partisans publiés par le Los Angeles times donnant Donald Trump devant Hillary Clinton. Mais MÉTAMAG se revendique comme « le magazine de l’esprit critique ». Aussi, Marc Rousset, économiste, relate-t-il, dans un article récent, “La seule erreur de Trump : la dérégulation de Wall Street !” Nous mettons aujourd’hui en ligne un article d’Auran Derien, universitaire, sur “États-Unis : la nouvelle manière de manipuler les foules?” .Pour notre collaborateur, ces élections n’ont-elles pas été une farce pour  donner la sensation au public qu’il participe à sa propre gouvernance, alors qu’en réalité, nous ne sommes jamais autorisés qu’à choisir parmi une liste de candidats que les élites ont pré-sélectionnés? Le système n’est-il pas maintenant structuré de manière à se protéger et rien d’autre? Penser qu’il peut être influencé par des « élections » n’est-elle pas une notion absurde? Jean Piérinot

Il faut que tout change pour que rien ne change. Tancrède dans Le Guépard, film de Visconti.

Nous sommes nombreux à ne plus lire les médias appartenant à la global-invasion. Nous avons en conséquence écouté et lu jusqu’à plus soif l’argument selon lequel Hillary Clinton était la candidate de la finance détenant le pouvoir tandis que Donald Trump prenait les allures d’un Pancho Villa, une sorte de révolutionnaire apparu par surprise, sortant de la naphtaline le drapeau de la résistance à la tyrannie.

La victoire de Trump signifiait la chute des marchés. Or, rien de tout cela n’était vrai. Ainsi que l’avait signalé Brandon Smith il y a plusieurs mois (1), il est probable que tout ait été orchestré depuis le début, tant pour construire une majorité que pour faire élire celui qui va favoriser le passage au nouvel ordre mondial.

Construction d’une majorité

Donald Trump commença par draguer une partie des progressistes en attaquant le TPP ( l’accord commercial trans-pacifique) expliquant clairement que ces contrats commerciaux détruisaient des quantités impressionnantes de postes de travail aux États-Unis. Il récupéra ensuite la population au chômage ou en sous-emploi lorsqu’il expliqua que l’invasion massive du pays par des migrants illégaux favorisait le travail au noir, la baisse des salaires, la prolétarisation. Il séduisit enfin la majorité dite “silencieuse” lorsqu’il suggéra d’interdire l’entrée des musulmans aux États-Unis. Puis, il affirma qu’il allait travailler avec Poutine pour mettre fin aux guerres criminelles. Au total, une majorité se trouva réunie.

Deux grands universitaires français, Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois, à travers leurs œuvres de psychologie sociale, nous ont expliqué les méthodes que  la global-invasion a utilisé pour faire élire Donald Trump . Dans “La soumission librement consentie” (1) ils montrent comment la présence d’une brebis galeuse dans un groupe transforme les membres en éléments solidaires qui s’élèvent contre le perturbateur. Finalement le bétail obéit aux injonctions, simplement par opposition à la brebis galeuse. Ce scénario est désormais bien maîtrisé par la finance mondialiste. Elle a  instauré une nouvelle répartition des rôles entre l’industrie de la vérité révélée, celle des consistoires médiatiques officiels, et la nouvelle sphère qui englobe les réseaux sociaux et les médias par internet.

En observant le spectacle Trump/Clinton, il est frappant de constater que les consistoires médiatiques ont utilisé massivement la méthode de la légitimation de Trump par un affrontement systématique contre la brebis galeuse Clinton. Le principe est donc simple. Pour légitimer un politicien ordinaire et pour qu’une quantité importante d’individus sans appartenances votent pour lui ou le suivent, il doit affronter un autre bouffon Y qui provoque un rejet significatif parmi la population d’électeurs qu’il s’agit de rabattre vers X. En conséquence, le bétail soumis à cette manipulation n’appuiera pas le politicien X pour ses arguments pertinents mais votera pour lui afin de repousser l’horrible Y.

L’élection aux USA nous a permis de nous vautrer dans cet univers où la promotion de Trump s’est faite par la détestation de son contraire, Hillary Clinton. La population n’a pas voté pour le programme de Trump, lequel n’a rien proposé de très précis car de toutes façons la double morale  implique que “la promesse faite  n’engage pas”, mais elle a voté contre  Clinton.

Un autre ingrédient est nécessaire : le bétail humain a besoin d’un leader à admirer, adorer, suivre sur twitter, facebook, et autres centres (contrôlés) de l’industrie du spectacle. Pendant des mois, une cohorte de médias, tant les consistoires officiels que les nouvelles agences stipendiées ont vendu au public l’idée que Trump était un personnage incontrôlable par les “élites” et même qu’il pourrait être anti-système. Il convenait donc d’entrer en admiration béate devant un candidat si sublime.

Il est facile d’observer que les haineux traditionnels de l’industrie du spectacle ont attaqué Trump, apparemment de manière violente mais en réalité sans soulever aucune des bonnes accusations, de celles qui l’auraient renvoyé au néant. Chacun a pu remarquer qu’il était critiqué sur des aspects parfaitement ridicules et sans risques : des problèmes de jupons dans sa jeunesse, quelques indélicatesses avec le fisc et tout disparaissait des écrans assez vite… En même temps, il apparaissait constamment à la télévision pour illustrer ces turpitudes sans lendemain. Il devint ainsi le centre d’attention, sous prétexte de le dénoncer, avant même de devenir le candidat officiel des tenants de la global-invasion.

A l’inverse, Hillary Clinton a vu exposer au grand jour sa vulgarité et son immense servilité. Les innombrables cas de corruption, la centaine de morts suspectes qui jonche son parcours, ses mensonges permanents, son comportement lorsqu’elle sévissait dans l’administration, tout a été bien coordonné par l’industrie médiatique. La finesse a résidé dans le partage des rôles. Certains médias minimisaient les scandales de la mégère, d’autres soi-disant rebelles les exposaient en détail et favorisaient la diffusion par les réseaux sociaux. On a assisté à une montée en puissance bien pensée :
Quelques médias dominants ont promu la thèse d’Hillary Clinton au service des élites  et d’un Trump qui ne l’était pas.

Enfin il a été affirmé que ces individus manipuleraient les élections, avec toute une gamme de possibilités, dont celle du trucage des machines à voter.
Au sein des médias alternatifs, on affirmait systématiquement que des cartels  contrôlaient tout, que  Clinton était leur chose et qu’ils feraient tout ce qui est en leur pouvoir pour la faire gagner. Les médias alternatifs ont donc diffusé, volontairement ou non, la version négative du personnage Y, la brebis galeuse, pour favoriser le choix de Trump. Belle manipulation……

Quelques enseignements possibles

La manipulation des masses à travers les réseaux sociaux et les médias d’internet a commencé. Il n’existe aucune séparation entre les tenants  de la global-invasion qui manipulent les foules, et les gentils informateurs de la sphère internet. Les médias, comme les fonds financiers, les multinationales de la pharmacie, etc., etc. sont un business. La mentalité du trafiquant, l’absolutisation de l’homme d’affaires, ces horreurs dominent les USA et l’Occident. Tous appartiennent aux mêmes congrégations. Tous les médias sont donc au service des puissants du jour qui leur permettent d’exister et de déblatérer.

Alors que chacun avait compris que les médias occidentaux avaient succédé à la Pravda bolchévique, il apparaît désormais une grande quantité d’informations par Internet dont il est difficile de savoir qui les contrôlent et quelle est leur finalité. Il en résulte que les médias alternatifs de bonne foi peuvent régulièrement transmettre des horreurs sans savoir que les informations sont fausses et qu’ils servent les intérêts d’une caste contre laquelle ils souhaitent lutter.

Dans le cas de Donald Trump, nous avons observé que l’arrivée de nouvelles centrales d’information et de diffusion par internet peut aussi nous tromper, tout comme l’ont fait au cours du XXème siècle les médias soumis à la tyrannie des financiers  de la global-invasion. Qu’ils fonctionnent par internet ou soient les représentants officiels  des globalitaires , tous les médias ont vendu la même idée de Trump : populiste ou laquais du nouvel ordre mondial. Et il suffisait qu’il soit attaqué par certains pour que d’autres le présentent comme un rebelle
.
La méthode de la brebis galeuse traverse tous les médias, les anciens comme les modernes, et a fonctionné à merveille pour faire élire Trump. Il faut s’attendre à ce que les larbins de la France couchée l’utilisent pour promouvoir tel ou tel  politicien lors de la prochaine élection présidentielle car  les nouveaux moyens de communication appartiennent aux mêmes maîtres. Il convient plus que jamais de vérifier les informations avant de les retransmettre, d’enquêter sur la fiabilité d’une source. La mise en garde de Guy Debord doit nous guider : le faux est général et protégé par l’inquisition, ces magistrats cannibales qui assassinent les diseurs de vérité. La nuit et l’obscurantisme se sont abattus sur l’Europe au XXème siècle et les forces du néant continuent leurs ignominies contre les peuples et les cultures en mentant, génocidant grâce à l’argent qu’ils produisent selon leur bon vouloir.

Même si, à l’image des dissidents de l’inhumanité bolchévique, nous cherchons à informer sur l’horreur occidentale, il n’y a désormais aucune garantie que l’on ne se fasse pas manipuler par ceux ayant émigré vers l’internet en osmose avec les pouvoirs de la global-invasion.
La solution est connue depuis longtemps. Il convient de liquider les gangs qui contrôlent la création monétaire, de bloquer l’absolutisme des trafiquants par des règles qui les empêchent de nuire, de rétablir les sanctions contre le mensonge volontaire, une fois qu’il a été prouvé.

La question non résolue reste de savoir pourquoi  la finance US et ses sbires ont décidé de diriger eux-mêmes l’Amérique avec l’élection de Trump. Pourquoi sortir des lieux où ils se cachaient en général ? Pourquoi accepter d’apparaître responsable de ce qui se passera ? La réponse cohérente devrait être que Trump favorisera le passage au nouvel ordre mondial . Ces gens pensent peut-être qu’il est temps de passer à l’administration du monde sur le modèle de la gestion d’entreprise. Ce millénarisme vétérotestamentaire va certainement nous offrir quelques bonnes occasions de rigolade.

  1. Robert-Vincent JOULE – Jean-Léon BEAUVOIS : La soumission librement consentie. PUF, 1998.

 

 

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