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Un virage Mexicain à cause de Donald Trump?

Mexique

Un virage Mexicain à cause de Donald Trump?

Auran Derien, universitaire ♦

Depuis des décennies les réformes se succèdent au Mexique.

L’ancien Président De Gortari, à travers le traité de Libre-commerce entre Canada, Etats-Unis, Mexique (ALENA) a provoqué des milliers de faillites, la chute lente mais inexorable de l’économie mexicaine et une accélération dans la brutalité des mesures prises. Car les dirigeants locaux n’ont pas plus d’indépendance que les Européens : ils doivent rendre des comptes. Cependant, il se pourrait que des ajustements fussent nécessaire afin de s’adapter au nouvel ordre mondial multipolaire que Trump nous semble incarner.

Les réformes : dans quel but ?

Il est exact qu’au Mexique l’insécurité s’est accrue, comme dans tous les pays européens autrefois civilisés, mais pour des raisons différentes. Les mafias ont accru leur pouvoir et parallèlement une capacité d’exécution de qui leur déplaît. Les prix des biens et services montent en conséquence des politiques de privatisation des entreprises publiques, l’emploi se raréfie au prorata des délocalisations, de sorte que le travail informel explose. Il revient aussi des États-unis, depuis Obama, des milliers d’immigrés clandestins, peu susceptibles de trouver une aide à la réinsertion.

L’homme de Coca-Cola, le Président Fox élu en 2000 avait ouvert les portes de Pemex (Petróleos Mexicanos) et de la CFE (Comisión Federal de Electricidad) à  la global-invasion. Le Président suivant,  Felipe Calderon, persévéra dans le chemin imposé par les parrains de Davos et reprit à son compte : «je ne vois rien et n’entends rien».

Avec Peña Nieto, le pseudo-Président actuel, le Mexique a accru sa dépendance aux produits importés notamment des USA mais n’offre en échange que de la main d’œuvre mal payée travaillant dans quelques entreprises de montage. Avec les fluctuations des taux de change, il est fréquent que l’achat des consommations intermédiaires à l’étranger, à des prix fixés par des ententes entre groupes, coûte plus cher que le ferait une production locale. Des ententes comparables font en sorte que les produits mexicains, à l’inverse, se vendent à des prix ridiculement bas. C’était une condition nécessaire pour ruiner le pays.

Les agissements d’entreprises comme ENRON n’ont rien appris aux Mexicains. Elles se reproduiront. ENRON avait multiplié le prix de l’électricité dans des proportions dépassant toute réflexion sur le service public. Cela avait ruiné nombre de petites entreprises de haute technologie. Il convient de se souvenir que l’entreprise pratiquait les coupures d’électricité, le rationnement, et finalement l’État de Californie fut sur le point de faire faillite. On sut, au moment où ENRON déposa son bilan, que l’entreprise n’était qu’une façade cachant des intérêts financiers énormes, l’énergie électrique ne l’intéressant aucunement. Cela est en train de se réaliser désormais avec les ressources pétrolières.

On affirme que la privatisation des ressources permet de faire baisser les prix, d’augmenter l’emploi, d’améliorer le service. Les calculs de ces économistes “lyssenkiste” sont volontairement frelatés, la répétition du mécanisme ENRON étant le plus probable puisque ce sont les mêmes qui se trouvent à la manœuvre pour le pillage du pétrole mexicain et de la compagnie d’électricité.

Un monde multipolaire

Il est probable que les soubresauts actuels de l’occident marquent la prise en main directe des anciennes formes du politique (les États) par des administrateurs au service d’une internationale financière  pilotée indirectement à travers le mécanisme financier.

Lorsque Alexandre Zinoviev nous mit en garde, il nous expliqua que la conquête du monde par l’Occident, ce qu’il appela l’occidentisme, allait durer des années. Nous nous trouvons probablement dans cette phase intermédiaire où, phénomène observé en France par exemple, l’internationale financière nomme directement des hommes qui lui appartiennent et auxquels les médias contruîsent une majorité, en attendant des réformes qui élimineront toute opposition, ce qui est en bonne voie en Europe notamment.

Un univers sur lequel doit régner la tyrannie de la finance mondialiste fonctionne nécessairement comme une fédération contrôlée par les réseaux d’hommes d’affaires. Aucun pays ne doit disposer d’une force suffisante pour contester l’internationale financière. La parousie tant attendue est programmée, chaque pays peut proclamer qu’il s’occupe de ses affaires quand, à la fin, ce sont les dirigeants qui sont à sa tête et acceptent, servilement, que chacun ne soit plus qu’une marchandise, avec un prix quasi nul compte tenu de l’offre importante de robots-humains, non-humains, demi-humains, aptes à les remplacer d’un moment à l’autre.

Le Mexique va dont se réorienter tranquillement en laissant de côté l’ancien projet de construction d’un pouvoir mondial installé aux USA mais obtenu et soutenu par le bloc régional d’Amérique du Nord, manifesté par les accords type ALENA. Le Mexique va rester officiellemetn un pays, comme les USA et le Canada, mais ce seront les multinationales qui exploreront, exploiteront, commercialiseront le pétrole et autres ressources du pays. Le territoire “politique” se meurt remplacé par des zones de profit. Les financiers se répartissent les richesses selon les règles du cartel, ou autres types d’entente puisque le cartel pétrolier, en fonctionnement depuis 1928 – l’un des plus ancien au monde – a cessé d’être la forme principale d’entente.

Les nouveaux gestionnaires vont venir d’Exxon et Chevron pour la recherche en eau profonde. Schlumberger et Halliburton, Petroleum Corp, Velvet Energy, TLP Energy se chargeront d’explorer, exploiter, entretenir, rénover tout ce secteur énergétique. Ajoutons Evercore, Jacobs Engineering group, Tecpetrol, Norpower, ICA, Sempra Energy, Axis, Temasek, toutes participent à des infrastructures. Derrière ce petit monde, les banques prêtent ou non, tenant donc en laisse chacun. Le personnel politique passe à la caisse pour toucher son pourcentage, jusqu’à ce que les populations aient intégré le nouveau mode de fonctionnement et que le système politique puisse être dégraissé.

On comprend mieux la frénésie de réformes fiscales tant au Mexique que dans d’autres pays destinés à devenir des entreprises comme les autres. La corporation politique va être dégraissée, comme toutes les structures étatiques, à partir du moment où l’internationale qui les surplombe transforme tout en négoce sordide et inhumain. Les petites frappes du monde politique cherchent à plaire à leurs maîtres pour rester en place. Cela explique leur double morale, leur novlangue.

Espérons que de nouveaux Pancho Villa se lèveront en faveur du peuple.

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