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Banlieues : va-t-on tirer à balles réelles ?

Urne

Banlieues : va-t-on tirer à balles réelles ?

Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦

Va-t-on tirer à balles réelles ? Nous en avons toujours été convaincus. C’est maintenant fait à Aulnay.

Même si les partisans de Jean-Luc Mélenchon y croient encore, la déstabilisation en cours dans les banlieues n’est pas un hypothétique « grand soir », mais un lent processus à l’œuvre de désaffiliation sociale et culturelle à la fois des classes populaires et du lumpen. Ce processus ne conduira pas à la Révolution mais à la dictature de la bien-pensance. On sent maintenant monter, chez les bourgeois et l’élite, cette inquiétude du peuple et du bas-peuple, des ”classes dangereuses”. De la classe politique au monde culturel et intellectuel, les ”artistes” en passant par les médias, les chiens de garde du système, l’ensemble de la classe dominante commence à redouter les conséquences de ce que serait une sorte de marronnage des classes populaires et une sécession des banlieues. Ils rendraient de fait enfin visible un conflit de classes camouflé depuis Mitterrand sous forme raciale avec ses soubassements désormais sociaux et identitaires, l’affaire Théo faisant ici apparaître la cassure territoriale d’une France privilégiée mais hors sol face à un certain dynamisme banlieusard, à l’indignité nationale d’une France aux trois couleurs jamais acceptée.

Le territoire des banlieues échappe à la République

La police ne continuera pas à aller au casse-pipe sans compensation immédiate. Le pouvoir finira donc par prôner un modèle despotique qui sera forcément pour elle, bien sûr un « despotisme éclairé » teinté d’antiracisme, d’antifascisme et surtout d’antipopulisme. C’est Mélenchon ce week-end en posture progressiste anti-flic, place de la République avec le Syndicat de la Magistrature contre les violences policières (manifestation du 18 février).

Le second tour des Présidentielles déploiera, nous n’en doutons pas un seul instant, une nouvelle idéologie, celle du Parti Unique, qui sera digne d’un Déat proudhonien, portant aux nues la représentation unique de la société et des territoires, réduisant les banlieues à la représentation de camps de transit pour réfugiés ou à une gestion purement militaro-sécuritaire du territoire sur le modèle israélien des territoires occupés.

Les bourgeoisies de gauche et de droite vont tenter au mois de mai cette voie du parti unique puisque le système, l’oligarchie, la bobocratie auront de toute évidence perdu la bataille de la représentation et des classes populaires. La classe dominante n’hésitera pas à délégitimer les résultats électoraux qui ne lui seront pas favorables en constituant à la fois un front républicain et anti-policier tout en tentant d’en exclure les ”rebelles” , à la carte d’identité française, du champ de la démocratie. L’oligarchie dépitée s’apprêtera non seulement à injurier le peuple mais aussi à taper sur ses ”esclaves” immigrés.

Pour tenter de reprendre la main, elle se verra contrainte de limiter la pratique de la démocratie, son ultime légitimité pour les derniers crétins philosophes libéraux qui y croyaient encore. Qu’on se le dise en banlieue et surtout qu’on s’y prépare, l’oligarchie ne réussira pas à conserver le pouvoir durablement sans devoir tirer, vu l’état de décomposition sociale du pays. L’oligarchie et la bobocratie qui l’accompagnent ne sont donc pas en perdition, elles vont simplement devenir  totalitaires.

Le vrai problème de ces élections 2017 si atypiques ne sont pas en soi les Présidentielles mais les législatives

La Cinquième République est un régime présidentiel mais aussi parlementaire. Le chef de l’État ne peut décider et agir qu’avec l’appui d’une majorité parlementaire . Or dans ce cadre gaullien, quel candidat à la présidentielle pourra disposer d’une majorité ? François Fillon, empêtré dans les affaires judiciaire, entouré par des suiveurs , obligé d’intégrer  sarkozystes et centristes dans ses équipes, mis dans l’obligation de modérer son programmes pourra-t-il permettre  à la France d’être gouverné pour les cinq ans à venir?

De son côté, Emmanuel Macron donné favori des présidentielles, pourra-t-il réaliser son projet de force centrale et centriste, amorce d’une social-démocratie qui pourrait, aux législatives, lui donner une majorité composite. A supposer même qu’il bénéficie d’un bref état de grâce, ce qui est bien loin d’être garanti, une période d’instabilité politique s’ouvrira nécessairement avec lui renvoyant aux époques  de la IIIe et de la IVe Républiques. La Présidence Macron serait donc une élection pour ne rien changer ce que semble d’ailleurs avoir bien compris une partie de l’électorat.

La victoire des socialistes paraissant improbable, Benoit Hamon cherchant le rassemblement impossible et Jean-Luc Mélanchon poursuivant son but de “tuer” le Parti socialiste, reste donc Marine Le Pen. L’élection de Marine serait suivie, d’après certains, de troubles en banlieue et,  durant les législatives, son parti  serait victime d’une campagne acharnée en faveur de désistements réciproques entre la Droite et la Gauche du système. Marine Le Pen se verrait alors dépourvue de toute majorité et de toute possibilité de soutien parlementaire. D’où une paralysie totale et l’on peut imaginer alors une crise majeure provoquant un blocage du pays, et s’achevant par de nouvelles élections.

Mais là encore, ce qui paraît bien clair, c’est que l’oligarchie basée jusqu’alors sur l’indulgence systématique ne sera plus en mesure de faire face aux ”révoltes de banlieues” qui ne cesseront de grandir. La haine envers la France de certains est telle que ni les bons sentiments ni les louables intentions  ne pourront la stopper. La théorie de « l’ascenseur social en panne » n’est dans les discours sociologiques que le cache misère de l’égarement calculé des pouvoirs qui se sont succédés et qui a consisté depuis trente ans à se dédouaner de tout racisme par le lamentable parcage des banlieues dans une politique ségrégationniste de la ville.

Banlieues : va-t-on alors tirer à balles réelles ?

  1. Herodote
    Herodote27 février 2017

    Là question n’est pas si on va tirer des balles réelles comme vous dites, mais quand ?
    Je pense , aussi, qu’il existe des moyens efficaces pour éradiquer cette racaille mais vu le degré d endoctrinement chez les jeunes de souche française, il faut agir avec doigté.

  2. Robert41
    Robert4128 février 2017

    Excellent billet.
    Ce qui compte maintenant, ce n’est pas ce qu’on sert, ce qu’on pense ou ce qu’on aime, mais avec quelles références et avec Qui ….

  3. Roban
    Roban28 février 2017

    “Banlieues : va-t-on alors tirer à balles réelles ?”
    C’est la seule façon d’en finir avec les casseurs !

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