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Quelques remarques sur les politiques climat-énergie

Bardinet 3

Quelques remarques sur les politiques climat-énergie

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Jean-Pierre Bardinet ♦

Les politiques climat-énergie de notre pays (et de la plupart de pays de l’UE) sont basées sur l’hypothèse non prouvée que nos émissions de CO2 ont une action mesurable sur la température moyenne annuelle globale et sur le climat de notre planète. Il s’ensuit que les politiques énergétiques privilégient en principe les émissions bas carbone et elles sont censées, en outre, de fournir des moyens de production conformes aux standards d’une production rationnelle d’énergie électrique, à savoir :

1. Elle doit être pilotable, adaptable en temps réel aux fluctuations de la demande. En particulier, elle doit être capable de gérer les heures de pointe (HP) et de réduire la production en fonction de la baisse de la demande en heures creuses (HC).
2. Elle doit être indépendante des caprices d’Éole et des cycles de Phébus.
3. Elle doit avoir un impact mineur sur l’environnement et la biodiversité,
4. Le réseau de transport ne doit pas être soumis à des fluctuations brutales et aléatoires,
5. Le prix du kWh doit être compétitif,
6. La sécurité d’approvisionnement doit être garantie.

Posons-nous tout d’abord une simple question

L’hypothèse arbitraire, non prouvée, de l’action mesurable du CO2 sur la température, peut-elle être suffisamment robuste pour servir de socle aux projections des modèles numériques et aux politiques énergétiques ? Voyons si cette hypothèse est validée par l’observation. Depuis 150 ans, la seule période connue de co-variation CO2 -température est 1978-1997. De 1950 à 1977 (approximativement) la température a légèrement baissé alors que nous étions dans les Trente Glorieuses et que nos émissions de gaz satanique étaient en plein essor. Auparavant, de 1910 à 1940, la température avait augmenté, avec la même pente que sur 1978-1997, mais avec une très faible croissance du taux de CO2 atmosphérique.

bardinet-1Un autre exemple plus lointain : au Cambrien (-500 à -600 millions d’années) le taux de CO2 a été de plusieurs milliers de ppm, et, de -100 Ma à -500 Ma (avec un minimum de quelques centaines de ppm autour de -300 Ma), la moyenne a été de 2000 ppm, sans que cela ne génère un réchauffement cataclysmique. Si les modèles numériques tournaient avec en entrée un taux de CO2 de quelques milliers de ppm, ils prévoiraient un emballement incontrôlé et exponentiel de la température, ce qui ne s’est pas produit dans le monde réel.

Depuis 2001, il n’y a plus, selon les mesures Hadcrut, RSS et UAH, de réchauffement global, alors que, sur cette période, il y a eu inflation de nos émissions de gaz satanique (qui est quand même, rappelons-le, gaz de la vie, car indispensable à la photosynthèse, l’année 2016, perturbée par un fort El Nino, phénomène naturel récurrent, est sortie de la tendance).

bardinet-2Par ailleurs les projections des modèles numériques divergent de plus en plus des observations, ce qui pose question sur leur crédibilité tout comme sur les thèses du GIEC qui en sont le socle, et sur les politiques climat-énergie qui en découlent.

Le nouveau Président des USA a bien compris que ces politiques climat-énergie étaient des freins au développement économique. Il rétropédale vigoureusement sur les financements de diverses agences (NOAA, NASA/GISS), fait le ménage à l’EPA et la chasse aux normes inutiles, réduit les financements aux satellites onusiens (CCNUCC, IPCC, …) et les USA ne signeront pas l’accord de Paris, quoiqu’en pensent nos dirigeants. Cela risque d’entraîner un effet domino avec Chine et Inde en tête…Et, comme la trumpitude l’emporte largement sur la bravitude, on peut espérer que les choses évoluent enfin, dans le sens de la fin du dogme du Réchauffement Climatique Anthropique et du retour à la raison. Compte tenu du peu de crédibilité des modèles numériques (pour ne pas dire plus) et des thèses du GIEC sur le CO2, qui en sont le socle, nous pouvons légitimement nous poser la question de la légitimité, de la pertinence et de l’utilité des politiques climat-énergie bas carbone.

Cela étant, sachant que les politiques climat-énergie sont élaborées pour que le bilan carbone soit le plus faible possible, voyons ce que cela donne pour la transition énergétique centrée sur les EnR intermittentes. Satisfont-elles à cette contrainte bas carbone ? En fait, contrairement à ce qui nous est affirmé péremptoirement, le bilan carbone des EnR intermittentes est mauvais, de manière indirecte, car la gestion de l’intermittence nécessite des centrales thermiques en soutien permanent, obligées de fonctionner en régime discontinu, ce qui dégage encore plus de gaz satanique. Donc, pour sauver la planète d’un problème vraisemblablement imaginaire, on met en place des filières qui vont à l’encontre de ce qui est souhaité. Comprenne qui pourra !…

Plus généralement, il est facile de vérifier que les EnR intermittentes ne satisfont à aucun des standards d’une production rationnelle d’énergie électrique, ce qui fait que l’on se demande quelle est la justification de leur développement inconsidéré. Les profits pharaoniques des promoteurs, aux frais des ménages ? Une politique volontariste de décroissance, engendrant misère et graves mouvements sociaux ? Un torpillage en règle du tourisme dans nos belles régions, défigurées par les usines d’éoliennes ? Le soutien dogmatique d’une énergie « verte », alors qu’elle ne l’est pas ?
Pour tuer le nucléaire, combat historique des Verts, alors même que son bilan carbone est quasiment nul, ce qui est une seconde incohérence ? Pour toute personne sensée, les EnR intermittentes, adulées par les chantres de l’écologisme, n’auraient jamais dû voir le jour, car les filières de la surgénération sont bien plus intéressantes.

Suite à des décisions de basse politique électoraliste, les centrales à surgénération Phénix et Superphénix ont été arrêtées, et nous avons perdu plus de 20 ans de savoir-faire et d’avantage concurrentiel. A mon sens, l’EPR, qui est une centrale à fission très (trop ?) sécurisée et qui n’est pas un saut technologique, est une filière transitoire, pas très intéressante, si ce n’est qu’elle permettra, si nos dirigeants font les bons choix, de faire la jonction avec la surgénération à uranium appauvri (238U) puis à thorium (232Th), notamment la centrale à sels fondus, testée avec succès dans les années 70 à Oak Ridge, qui présente une sûreté de fonctionnement optimale. Ces centrales permettront de produire une électricité pilotable, compétitive (si les Verts ne nous imposent pas des normes aussi délirantes qu’inutiles…), avec peu de déchets, dont aucun à longue durée de vie, et, grâce au processus de surgénération, à l’abondance d’uranium appauvri sur notre sol et à celle des ressources mondiales en thorium, ces filières seront utilisables pendant plusieurs millénaires. Rien à voir avec ces EnR onéreuses, inutiles et ringardes…

Un dernier point mérite d’être exposé

Pour limiter le réchauffement prophétisé par les modèles numériques, dont nous avons vu le faible niveau de crédibilité, le GIEC a publié le rapport SRREN, qui se décline en 4 documents. Le rapport technique SRREN proprement dit, de plus de 1500 pages, incompréhensible pour les non-spécialistes, le résumé technique (178 pages), qui ne l’est guère plus, le résumé à l’attention des décideurs (25 pages), et enfin le communiqué de presse (6 pages) publié le 9 mai 2011. Le rapport a envisagé 164 scénarios d’émissions de CO2, repris dans les deux résumés. Mais dans le communiqué de presse on trouve cette phrase, reprise par les médias du monde entier : « il serait possible que près de 80% de l’approvisionnement énergétique mondial soit assuré par des énergies renouvelables en 2050 ». Cette phrase a été reprise partout et a durablement marqué les esprits des politiciens et des citoyens.

Le rapport illisible avait donc pour seul but de fournir un alibi, une image de sérieux et d’objectivité au communiqué de presse, sachant que, in fine, un seul scénario sur 164 a été présenté, le seul qui intéressait le GIEC/IPCC… Bref, le communiqué de presse du rapport SRREN, seul lu urbi et orbi, utopique et mensonger, avait pour seul but de fourni au monde une information très favorable aux EnR intermittentes. C’est une technique de désinformation classique dans l’espace-temps onusien, comme on l’a déjà vu avec le GIEC/IPCC. L’AIE, peu soumise à la folie idéologique GIECquienne, au courant des projets engagés ou prévus, sait que l’utilisation des combustibles fossiles va continuer à augmenter rapidement dans les prochaines décennies. Le GIEC est dans le rêve idéologique irrationnel, l’AIE dans le Réel. Mais ce qui est grave, c’est que, en s’appuyant sur les mensonges du communiqué de presse SRREN, la doxa réchauffiste, très puissante dans les pays occidentaux, veut interdire aux pays pauvres de se développer en leur imposant des EnR intermittentes.

Or, ayant bien compris que les EnR intermittentes et onéreuses ne peuvent satisfaire à leurs objectifs rationnels de développement économique et social, les pays pauvres et/ou en développement, passant outre la pression idéologique, produisent ou vont produire une énergie compétitive et pilotable avec des centrales à combustibles fossiles (centrales gaz, et/ou centrales à charbon supercritiques), ce qui provoquera une réduction de la misère et l’élévation du niveau de vie de leurs habitants. Notons que, pour forcer la main de ces pays, les occidentaux refusent de financer les projets de centrales thermiques (mais la Chine, futée, a créé une structure de financement pour ces projets).

 

  1. Terrier Marcel
    Terrier Marcel5 mars 2017

    Bonjour Monsieur Bardinet,

    Il est étonnant de constater qu’une fable telle que l’influence du CO2 sur les températures moyennes annuelles globales perdure au-delà de toute les démonstrations qui ont été faites qu’il n’en était rien. Cette persistance vient de l’exploitation des peurs de la Société générées par les caprices du climat et par la certiotude que dorénavant l’homme maîtrise son avenir!
    Pourtant la simple référence à la nécessité d’assurer notre approvisionnement énérgétique devrait être une motivation suffisante pour travailler à en proposer!
    Ceux qui ne vont pas dans cette direction sont des conservateurs de la pire espèce puisqu’ils ne placent aucun espoir dans le succés de cette recherche!
    Le recours aux moulins à vent à la voile et au vélo sont les manifestations de cette absence d’espoir en l’imagination de l’humanité. Pourtant sur 7 milliards d’individus il suffit d’un seul découvreur pour nous ouvrir de nouveaux horizons!
    Rajoutons à votre texte que le recours à des formes de stockage des émeries renouvelables permettrait d’éviter des centrales thermiques d’appoint mais contraindrait d’augmenter les puissances installées pour que la charge soit suffisante pour faire face aux périodes de non production.
    Rajoutons de plus que les recours à des centrales nucléaires à neutrons rapides permettrait de transmuter les déchets à période longue et à augmenter les sources de carburants.
    Les calculs économiques n’ont de sens que si on compare des solutions d’égales viabilité. Ce n’est pas ce que font les écologistes qui maintiennent sous influence beaucoup de nos décideurs.
    Je ne sais pas quelles sont les motivations de Trump, mais j’espère qu’il est un peu conscient de ce qui précède et des élément de votre article.

  2. Robert
    Robert15 mars 2017

    A remarquer qu’il a bien choisi sa date de départ, 2001 car si on part de 2000 ça change tout.

    http://www.woodfortrees.org/plot/uah6/from:2000/trend

    J’ajouterai que ce monsieur n’a jusqu’à preuve du contraire aucune compétence en la matière

    • Robert
      Robert15 mars 2017

      Il faudrait d’ailleurs lui demander quel motif scientifique lui a fait choisir 2001 et pmlus 1998 comme il nous l’a dit pendant des années (il est vrai que 1998 ça ne le fait plus).

    • jipebe29
      jipebe297 avril 2017

      Vraiment ? Qu’en savez-vous ? Et vous-mêmes, quelles sont vos compétences, car, au vu de vos commentaires , j’ai plus que des doutes….

  3. Robert
    Robert16 mars 2017

    J’ai fait une erreur

    même en prenant 2001 ça chauffe. pour que ça ne chauffe plus comme le prétend Bardinet il faut exclure 2015 et 2016, on peut se demander pourquoi. Si ce n’est pas la volonté d’enfumer le lecteur je ne vois pas ce que ça peut être :

    http://www.woodfortrees.org/plot/uah6/from:2001/to:2016/trend

    • jipebe29
      jipebe297 avril 2017

      Effectivement, cela chauffe terrrrriblement de 0,145-0,128=0,017°C, donc dans la zone d’incertitudes sur les mesures, qui est au mieux de +/-0,1°C.

      Cher Robert, vous ne reculez devant aucune manoeuvre pour défendre votre foi en la Sainte Eglise Réchauffiste.

  4. Murps
    Murps16 mars 2017

    Bravo M. Bardinet, analyse à contre-courant mais tellement pertinente. Se trouvera-t-il un responsable politique pour la défendre ? Il y a tant à gagner sur le plan social et économique.

    • Robert
      Robert18 mars 2017

      Murps @

      Vous êtes un peu mal placé pour juger de la pertinence des dires de Bardinet. Vous devriez écouter Tsih, Sa compréhension de l’effet de serre comporte des lacunes mais il est quand même dans le vrai.

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