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Les Grecs contre l’austérité

Grece Antique Parthenon

Les Grecs contre l’austérité

Michel Lhomme, journaliste, politologue ♦

Confrontée au dogmatisme européen néolibéral, la Grèce réussira-t-elle à renégocier sa dette et à sortir de la spirale de l’austérité ?

Cet ouvrage collectif examine les enjeux de la lutte des Grecs contre l’austérité découlant des réformes structurelles dictées par la troïka des créanciers. S’appuyant notamment sur de nombreux entretiens et sur les conclusions de la Commission pour la Vérité sur la dette publique grecque, il dresse le bilan de cinq années de mémoranda et dénonce l’instrumentalisation de la crise de la dette, prétexte pour imposer partout privatisations, recul de l’état social, baisse des revenus et paupérisation des classes moyennes et populaires.

Les étapes de l’arrivée au pouvoir du premier gouvernement de gauche Syriza et de son bras de fer avec les institutions européennes et financières sont analysées par les auteurs (journalistes, économistes, universitaires spécialistes) qui ont suivi l’actualité grecque ces dernières années, dans un contexte international marqué par la crise bancaire et par des déplacements  de populations.

Toutes les contributions émanent ici de la gauche et on ne saura donc rien sur Aube dorée et d’autres points de vue plus iconoclastes. Un chiffre, en tout cas cité dans ce livre, rappelle, s’il en était besoin, l’ampleur de la crise subie par les Grecs. « Le budget de l’éducation est ainsi passé de 7 milliards en 2009 à 4,6 milliards en 2013, soit une baisse de 33% en quatre ans », écrit Marie-Laure Coulmin Koutsaftis dans un hallucinant descriptif des difficultés endurées par les Grecs tout au long de cette crise.

Dans les faits, ce recul des dépenses d’éducation – dont on ignore les conséquences à long terme – s’est traduit par la fermeture de « 605 établissements, soit 227 écoles primaires, 264 maternelles, 35 collèges et 18 lycées ». L’Ordre règne-t-il à Athènes comme il régnera demain en Europe par la misère ? Le livre regorge de détails sur la réalité de la crise et sur l’ampleur des sacrifices imposés aux Grecs mais il fait aussi surtout  le procès de la solution européenne du problème grec : transformer une dette privée (détenue par Goldman Sachs et les grandes banques européennes) en dette publique (détenue par les États européens).

C’est un petit livre de 230 pages  qui a le mérite de replacer dans le temps les différents épisodes de cette crise interminable, qui revient épisodiquement sur le devant de la scène. Cette crise devrait s’inviter de nouveau cette année. avec une sortie possible  du FMI et pourquoi pas de l’euro.

Les Grecs contre l’austérité, sous la direction de Marie-Laure Coulmin Koutsaftis, Éditions Le Temps des Cerises, Paris 2016, 15 euros .
Illustration : le Parthénon, grand temple consacré à la déesse Athéna, protectrice de la cité d’Athènes et déesse de la guerre et de la sagesse.

 

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