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Présidentielles 2017 : la France entre identité et mondialisme

Mondialisme Abel Grimmer Attr.   The Tower Of Babel

Présidentielles 2017 : la France entre identité et mondialisme

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Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦

“L’ancien se meurt, le nouveau ne parvient pas à voir le jour, dans cet interrègne, surgit une grande diversité de symptômes morbides. Antonio Gramsci, Cahiers de Prison.

La vérité est toute simple à comprendre : la droite et la gauche, c’est exactement la même chose.

Pour s’en convaincre, il suffit de faire le bilan de leurs politiques respectives depuis 40 ans, de voir comment dans les ministères (santé, éducation nationale et même défense nationale), les mêmes réformes managériales se succèdent (seuls le rythme et des inflexions marginales changent en fonction des rapports de force syndicaux) et ce, malgré les alternances. La droite et la gauche ne font qu’une seule chose : mettre en œuvre le projet mondialiste. Par conséquent, la seule ligne de fracture idéologique est aujourd’hui entre les identitaires et les mondialistes.

L’affaire Fillon et son pendant, la construction de toutes pièces de la candidature Macron nous démontrent bien que la gauche est bien là. La pensée gauchiste nous pollue sociétalement et intellectuellement. Déversée dans l’enseignement à tous les niveaux, de la maternelle à l’université comme parole d’évangile laïque et histoire de la repentance, la pensée de gauche crétinise nos enfants à base de préjugés (l’antiracisme), d’ancrages obscurantistes (l’antinucléaire) et d’esthétique (l’art contemporain).

C’est  bien une gauche idéologique, celle du « bloc » de 68 qui « gouverne » la France depuis la fin des années 60

Ne nous trompons pas d’ennemis. Même si dans le combat intellectuel, on peut sérieusement se féliciter que des barrières sautent (Onfray ou Gauchet dans Eléments, Michéa lu par Buisson dans La Cause du Peuple, au titre de belle récupération sartrienne, il s’agit de prendre le pouvoir.

La droite classique de gouvernement aura finalement été prise au piège du boomerang Fillon mais c’est qu’elle avait oublié une des grandes règles de la politique, on n’exerce jamais le pouvoir avec le langage de ses adversaires. Il y a comme cela dans tout traité de prince, y compris chinois, des constantes et des lois qu’on ne peut transcender parce qu’il ne s’agit pas ici de moraline  mais de principes verticaux. Qu’on le veuille ou non, la politique en France s’inscrit historiquement entre deux concepts politiques que l’on dit effectivement opposés et que l’on nomme artificiellement la gauche et la droite. Or, ce sont ces deux concepts qui distribuent les postes à tous les échelons de l’État, dans les régions et les municipalités et à tous les niveaux de compétence. Force est donc de dire que nombre de carrières brillantes ont été stoppées ou pire s’autocensurent en raison de la chasse aux sorcières pratiquées chez tous les thésards et dans tous les départements universitaires, ce qu’Éléments a su bien dénoncé en son temps en parlant de « nouvelle inquisition » .

Faute d’avoir été ferme avec ses valeurs, la droite républicaine est maintenant en plein sabordage

Nous ne tirerons pas sur l’ambulance. Mais rappelons tout de même la genèse du suicide politique auquel nous assistons. Il tient d’abord aux primaires et à cette logique qui aurait au moins voulu que le candidat de droite soit choisi par les partisans de droite et le candidat de gauche par les partisans de gauche. Or, pour des raisons purement politiciennes (faire barrage au populisme), la droite comme la gauche ont procédé à des primaires ouvertes à tous qui ont renforcé dans les faits la confusion politique quant à déterminer la différence entre la droite et la gauche. La démocratie sociale, manifestation édulcorée du socialisme est bien apparue alors comme le parangon du libéralisme conservateur, ce joli oxymore du républicanisme mondialisé. Sauf que c’est parce que  Juppé, Fillon, Barouin peuvent aussi bien gouverner avec Macron, Valls et même Hamon que l’urgence du dégagisme se présente plus forte que jamais.

La conviction tenace que Droite et Gauche cultivent la même politique a définitivement discrédité les partis et a rendu possible des meetings-concerts télévangéliques, des candidats sans programme, des réunions électorales hologrammiques et du coup, la fin des clivages.

Mais  un clivage est parfaitement défini

Ce n’est pas le conservatisme, c’est la réaction. La coalition à construire est parfaitement dessinée : c’est le rejet du progressisme. Il n’y a rien de libéral ni de socialiste là-dedans mais il y a bien une orientation marquée qui demeure encore dans la tête celle de la droite et de la gauche car sans la réactivation politique de ce dernier clivage certes archaïque, la prise de pouvoir  est impossible sauf à considérer un soulèvement populaire  de la rue qui finira toujours comme une aventure orchestrée et manipulée par d’autres puissances ennemies, révolutions oranges ou vertes.

Bref, le navire a basculé. Au temps des théoriciens et des théologiens parfois brillants du bloc idéologique de gauche a succédé le temps des censeurs et des inquisiteurs. Il faut monter à l’abordage mais alors, à droite toute car comment est-il possible qu’une droite réactionnaire, majoritaire dans le pays finisse demain dans les brancards du second tour alors qu’elle devrait en septembre occuper tous les postes stratégiques et faire le grand ménage ?

Le populisme n’est qu’un modèle révolutionnaire. Il ne perdure jamais dans le temps long de l’histoire. C’est une technique de coup d’état mais adolescentine . Nous sommes dans un processus électoral classique de conquête du pouvoir. Il ne s’agit que de rafler les postes et d’imposer les hommes et les chefs. La classe populaire n’a plus d’autre alternative que l’abstention ou Le Pen, en quelque sorte la colère alors que le capitalisme de son côté n’ayant même plus besoin d’ouvriers et du peuple pour s’enrichir, décide d’utiliser aussi un robot pour gouverner .

Il est déjà presque prêt à payer le peuple pour le laisser dormir avec l’excuse de la bavure policière  puisqu’on ne peut rien y faire : le peuple sera toujours trop peuple c’est-à-dire de mauvais goût.

Illustration : la Tour de Babel, Abel Grimmer (attr.), symbole des hommes de Babylone qui ne devaient former qu’un peuple et ne parler qu’une langue.

 

  1. mieke creoff
    mieke creoff6 mars 2017

    Dommage que le titre ne corresponde pas au contenu. Il s’annonçait prometteur d’une nouvelle lecture de notre société, qui se dessine déjà mondialement, entrainant la ruine de la gauche et de la droite.

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