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Une nouvelle ambition pour l’énergie nucléaire

Energie Nucléaire

Une nouvelle ambition pour l’énergie nucléaire

Valérie Faudon, Déléguée générale de la SFEN ♦

La SFEN publie pour la première fois, un livre blanc de propositions destiné aux candidats à l’élection présidentielle. Ce travail, fruit des réflexions de ses membres, professionnels et spécialistes de l’énergie nucléaire, révèle la nécessité de donner une nouvelle ambition à la filière nucléaire française.

L’énergie nucléaire est un atout pour la France. Elle est le socle de notre stratégie économique, industrielle et climatique. Elle permet aux ménages français de bénéficier d’une électricité bon marché et aux entreprises de disposer d’un avantage compétitif. Troisième filière industrielle française, la filière nucléaire emploie 220..000 personnes dans plus de 2 500 entreprises, avec un très haut niveau de qualification. Chaque année, elle exporte pour 6 milliards d’euros de biens et services. Associée aux énergies renouvelables, elle permet à la France de bénéficier d’une électricité à 94 % bas carbone et d’être un exemple pour les pays qui s’engagent dans la lutte contre le changement climatique.

Comme au début de son épopée, la filière nucléaire française vit un moment de refondation, se réinvente et innove dans tous les domaines

L’industrie nucléaire française est pourtant à un moment charnière de son histoire. Financièrement fragilisée, elle est confrontée à un marché européen de l’électricité en crise qui n’encourage pas les investissements de long terme. A ces problèmes exogènes s’ajoutent des difficultés internes : les industriels, qui n’avaient plus construit depuis 15 ans, souffrent de retards sur les grands chantiers ; ont engagé des audits de grande ampleur ; et doivent être recapitalisés pour faire face à leurs besoins en investissement.

Le nucléaire est une énergie d’avenir. Pour limiter le réchauffement climatique à 2°C, l’OCDE prévoit le doublement de la capacité nucléaire mondiale d’ici 2050. 70 réacteurs sont en construction aujourd’hui dans le monde. De nombreux pays, comme la Chine, voient l’énergie nucléaire comme une solution efficace qui leur permettra, aux côtés des énergies renouvelables, à la fois de répondre aux besoins croissants des populations (1,2 milliards de personnes n’ont pas accès à l’électricité dans le monde) et de réduire les émissions de CO2 et d’autres polluants atmosphériques liés aux centrales à charbon.

Comme au début de son épopée, la filière nucléaire française vit un moment de refondation, se réinvente et innove aujourd’hui dans tous les domaines : organisationnel, en mettant en œuvre de nouveaux modes de collaboration entre ses entreprises ; technologique, en développant des gammes de produits et services en accord avec les attentes du marché ; et économique, en proposant de nouveaux mécanismes de rémunération adaptés et équitables pour les énergies bas carbone.

La France dispose de tous les atouts pour être le pays où s’invente le nucléaire du futur

La France doit avoir de l’ambition pour sa filière nucléaire. Cette ambition ne peut pas être la limitation de sa part dans le mix électrique ou de fermeture de réacteurs. Car nos industriels et nos centres de recherche ont les compétences et l’énergie pour continuer de faire partie, dans les vingt ans à venir, du peloton de tête des leaders mondiaux du secteur. La France doit soutenir la créativité de ces femmes et de ces hommes convaincus que les plus belles pages de l’histoire du nucléaire restent à écrire. Elle doit affirmer sa volonté de préserver un leadership technologique en attirant les talents du monde entier. Elle dispose de tous les atouts pour être le pays où s’invente le nucléaire du futur.

Les acteurs de la filière y croient et se mettent aujourd’hui en ordre de marche, pour se réinventer et dessiner les contours de l’industrie de demain. Pour accompagner cette transformation, la filière nucléaire a besoin d’une ambition politique claire qui s’inscrit dans le long terme. La SFEN propose six mesures pouvant être engagées rapidement par le prochain gouvernement. La filière nucléaire a besoin que la France croit à nouveau en elle. Si la France s’engage, la filière sera au rendez-vous.

Source : Revue Générale Nucléaire

 

 

  1. jipebe29
    jipebe298 mars 2017

    N’oublions pas qu’il n’y a AUCUNE preuve que le CO2 ait une action mesurable sur la température. Il suffit du reste de comparer les courbes CO2 et T pour se rendre compte que la seule période de covariation connue est 1978-1997, ce qui est trop marginal pour en tirer une relation causale, et donc les politiques climat-énergie qui nous sont imposées n’ont plus aucune justification. Or, on nous affirme péremptoirement que les EnR sont indispensables pour « sauver la planète » du futur terrrrrrible réchauffement causé par nos méchantes émissions de gaz satanique.

    Mais, si l’on y regarde de plus près, on constate que les EnR sont intermittentes, que leur production est aléatoire, que leurs facteurs de charge sont faibles (23% pour l’éolien et 14% pour le solaire), et, surtout, si on considère idéologiquement qu’il faut une production bas carbone, que ces EnR ont en fait un bilan carbone élevé, indirectement, à cause de la gestion de l’intermittence par du thermique.

    https://metamag.fr/2017/03/03/quelques-remarques-sur-les-politiques-climat-energie/

    https://www.contrepoints.org/2017/01/16/277913-energies-renouvelables-plus-cheres-inadaptees

  2. jipebe29
    jipebe298 mars 2017

    Je comprends fort bien que l’argumentaire de la SFEN en faveur du nucléaire utilise la peur du réchauffement climatique prévu par les modèles numériques, même si l’on sait que les projections multidécennales de ces modèles, qui s’appuient sur les thèses hypothétiques du GIEC/IPCC, n’ont aucune crédibilité, car elles se plantent déjà fort allègrement depuis une bonne quinzaine d’années. Mais comme les bilans carbone des EnR est fort déplorable, cela donne un avantage aux filières nucléaire. Toutefois, je souhaite que la trumpitude débarque en notre doux pays de France, pour casser les plans climat-énergie actuels et faire le ménage dans la foultitude de normes et règlements aussi contraignants qu’inutiles… et onéreux…

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