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Alain de Benoist : vous aimez la mondialisation ? Votez Macron !

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Alain de Benoist : vous aimez la mondialisation ? Votez Macron !

Alain de Benoist, auteur, essayiste ♦

Entretien réalisé par Nicolas Gauthier

La liste définitive des candidats à l’élection présidentielle est maintenant connue. Cette échéance électorale, qui aura été d’un cru inédit, a déjà provoqué une foule de commentaires, notamment sur Boulevard Voltaire. Quels sont les vôtres ?
Alain de Benoist : Je ne m’intéresse pas aux commentaires, toujours superficiels et ennuyeux quand ils se bornent à dire pourquoi l’on aime ou non tel ou tel candidat, mais seulement aux analyses, qui permettent de comprendre le sens de ce que l’on voit. Quand vous dites que cette élection, qui fut effectivement riche en coups de théâtre et en rebondissements, aura été d’un cru inédit, vous êtes encore en dessous de la réalité. Non seulement elle ne ressemble à aucune autre, mais elle marque un véritable tournant historique, car elle va de pair avec une totale restructuration du paysage politique, du fait de l’effondrement programmé des deux grands partis de gouvernement qui ont eu le monopole de l’« alternance » en France depuis plus de quarante ans – mais qui se trouvent maintenant l’un et l’autre menacés de ne pas passer le cap du premier tour.

Les primaires, que la classe politique a commis l’imprudence d’emprunter au système politique américain, ont joué un rôle d’accélérateur en provoquant des fractures et en révélant des haines inexpiables qui sont en passe de désagréger les deux ex-grands partis. Elles ont vu deux candidats atypiques, François Fillon et le « frondeur » Benoît Hamon, l’emporter au détriment des favoris (Sarkozy et Juppé, Valls et Montebourg). Coincé entre Mélenchon et Macron, Hamon est incapable de rassembler son camp. Il en va de même de Fillon, coincé de manière symétrique entre Marine Le Pen et Macron. Résultat : les plus libéraux des dirigeants du PS partent par pleines charrettes rejoindre la start-up de l’ectoplasme macronien, et il en va de même des centristes qui ne se reconnaissent pas plus dans le programme de Fillon que Valls et Hollande ne se reconnaissent dans celui de Hamon.

On assiste donc à une nouvelle polarisation, qui ne se situe plus sur l’axe horizontal gauche-droite, mais sur l’axe vertical « ceux d’en bas » contre « ceux d’en haut » : le peuple contre les oligarques. C’est le schéma populiste par excellence, qui s’est déjà imposé dans plusieurs autres pays : la montée de SYRIZA a tué le PASOK, l’élection présidentielle autrichienne a opposé un populiste et un écologiste, le Brexit a créé un clivage transversal chez les conservateurs comme chez les travaillistes, le parti social-démocrate hollandais vient de s’effondrer, etc. La France est aujourd’hui en passe de rejoindre ce schéma. C’est la fin de la Vème République telle que nous l’avons connue.

Le phénomène Macron, que personne n’avait prévu, a aujourd’hui visiblement l’appui des principaux médias. Quel sens faut-il lui donner ? Et quid de l’étonnant ralliement de François Bayrou ?
Macron est en train de réaliser un regroupement qui peut paraître surréaliste – d’Alain Madelin à Robert Hue –, mais qui ne doit pas surprendre. Prenant acte du gouffre qui s’est creusé entre le peuple et la classe dirigeante, il veut rassembler les élites mondialisées de droite et de gauche tout comme Marine Le Pen cherche à rassembler à la base les « patriotes » de gauche et de droite, à commencer par ceux qui appartiennent aux couches populaires et à la fraction des classes moyennes qui se sent aujourd’hui menacée de déclassement (et sans lesquelles il n’y a pas de majorité possible). L’usage que fait Macron du mot « progressiste » est, à cet égard, révélateur. Son ambition, à terme, est de créer un grand parti progressiste où se rassembleront, face à la « menace populiste », les tenants de tous bords de la mondialisation heureuse, de la soumission aux marchés financiers, des flux migratoires sans fin et du libéralisme hors-sol.

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Qu’est allé faire François Bayrou dans cette galère ? Mystère. Bayrou, depuis sa jeunesse, est un grand lecteur de Barrès, de Simone Weil et, surtout, de Péguy. C’est à ce titre qu’il était intervenu, en janvier 2014, au colloque sur « L’actualité de la pensée politique de Charles Péguy », dont les actes viennent de paraître chez Privat. Il y expliquait ce qu’il devait à l’auteur de L’Argent : « Il invite à ne pas hésiter à affronter les puissants, quelle que soit la puissance des puissants […] Chez les péguystes authentiques existe une propension, parfois excessive – je parle également pour moi –, à ne pas hésiter à braver les convenances, les interdits du conformisme […] Dans le péguysme, tel que je le vis, prévaut cette volonté de conserver cette ligne de conduite fondée sur l’engagement au service de ce qu’on ressent comme étant l’essentiel […] Cela amène naturellement à une attitude de vie dont l’une des composantes essentielles est l’intransigeance […] Le péguysme c’est, au nom de ce que l’on croit être essentiel, une absolue insoumission. »

Aujourd’hui, Bayrou a rallié l’hologramme créé de toutes pièces qu’il dénonçait encore il y a quelques semaines comme un outil au service des « plus gros intérêts financiers ». Il s’est trahi lui-même. Bayrou chez Macron, c’est Péguy au CAC 40, Mère Teresa dans la Waffen-SS ou Nabilla au Collège de France !

Un pronostic sur le second tour ?
François Fillon ayant à mon avis peu de chances de se qualifier pour le second tour (son programme patronal séduit surtout les retraités), celui-ci devrait normalement opposer Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Pour l’heure, c’est en tout cas le scénario le plus probable. Quant au résultat final, je ne m’aventurerai pas à le prédire. Je dirai seulement que, dans cette hypothèse, Marine Le Pen n’a de chances de l’emporter qu’à la condition de faire comprendre au plus grand nombre que ce second tour ne sera pas un vote pour ou contre le Front national, mais un référendum sur la mondialisation. Vous aimez la mondialisation ? Vous en voulez encore plus ? Votez Macron !

 

  1. italo florence
    italo florence22 mars 2017

    Le candidat Macron, l’un des porte-parole préférés de l’oligarchie qui se présente néanmoins comme« antisystème, brisant les routines de la classe politique française » , affiche sans complexe un domaine où surtout rien de doit changer en France. C’est la politique d’immigration. Si d’aventure il se trouvait élu en mai prochain non seulement il compte ouvrir grand la vanne des frontières pour les « migrants » mais il renforcerait l’exercice de la discrimination positive (déclaration du 8 mars) c’est à dire celle des passe-droits accordés aux membres de certaines catégories de la population afin de leur permettre d’échapper aux critères du droit commun de la République. Comme le dit Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit constitutionnel, « L’adjectif positif est destiné à gommer le caractère négatif de la différenciation puisque toute discrimination est en l’espèce évidemment positive pour son bénéficiaire mais négative pour celui qu’elle exclut. Une discrimination en faveur des femmes ou des Noirs se fait au détriment des hommes ou des Blancs. Et dès lors que l’on prétend ériger la lutte contre toutes les discriminations en politique publique, il est incohérent de prétendre parallèlement les encourager en faveur de certaines catégories et donc au dépens des autres » (Le Figaro du 16 mars).

  2. simone joly
    simone joly22 mars 2017

    Bonjour chère/cher internaute,
    Vous savez que seul François Fillon peut rapidement prendre les quelques décisions indispensables au relèvement de la France. Certains, autour de vous pensent la même chose mais préfèrent ne pas le dire, ce qui est plutôt contradictoire. C’est en clamant bien haut notre choix, dès aujourd’hui et très souvent, et en disant pourquoi, que nous pourrons vraiment aider celui que nous avons choisi. N’oublions pas en effet que les hésitants sont très nombreux, et si votre voix les atteint, elle peut les décider.
    Maintenant, imaginez que François Fillon échoue de peu, quelques centaines de voix lui manquant. Ne nous frapperions-nous pas la poitrine, en pensant « J’aurais dû en faire plus ! » Réveillons-nous, c’était un cauchemar, il est encore temps ! Merci pour la France.

  3. Denis Tissot
    Denis Tissot23 mars 2017

    Macron, qui veut cacher sa fragilité physique et psychologique par des airs d’assurance bravache, pourrait en fait être balayé par le moindre coup de vent, tel une feuille morte. Diplômé mais soldat de 2ème classe, il veut se faire prendre pour un général.
    Les gros medias possédés par l’oligarchie ne savent pas quoi inventer chaque semaine pour faire du tort à François Fillon. Ecoutons son avocat, c’est plus sûr.

  4. Paul Marie Thénot
    Paul Marie Thénot23 mars 2017

    La candidature Macron, présentée comme une occasion de changement salutaire pour la France, est une imposture dont notre pays ne se relèverait sans doute pas.

  5. Robert41
    Robert4123 mars 2017

    Les français subissent une campagne politique dégueulasse. Tous les candidats n’ont pas eu droit à leur quart d’heure warholien et ceux qui d’aventure prétendent changer les choses, se voient prestement mis en examen au moment opportun. Ne soyons pas naïfs, c’est toute la République politique qui pourrait être mise en examen. Les trafics d’influence, l’argent public détourné, les avantages féodaux du Sénat, (un état dans un État), les vols du mobilier national (30.000 vols recensés), etc ; sont des indices graves et concordants qui dénaturent notre République. Ce n’est plus Liberté, Égalité et Fraternité mais Universalisme, Repentance et Hédonisme qu’on veut nous inculquer. De toute évidence, nous sommes dans une République qui a été dévoyée par des hommes et des femmes politiques sans scrupules et sans moralité. Certes le parfait n’est pas humain ; mais il y a un seuil de tolérance qui a été dépassé. Le Peuple de France peut admettre certaines erreurs, mais quand-même, il y a des limites que la politesse ne peut plus tolérer. Nous voulons une politique probe et responsable. Une énergie qui vienne d’une base démocratique ouverte, sans grade et sans classe référentes et non une perversion corruptrice du Haut vers le Bas ; comme nous le subissons depuis trop longtemps.Tant que nous aurons ce même viatique obscur, nous serons dans un monde de maîtres-chanteurs qui n’hésitera pas à ostraciser, à dénoncer des calomnies, à fomenter, à trahir, à mépriser le dominé, à exploiter la crédulité de braves gens, à vivre de notre bêtise de suiviste. Nous ne pouvons plus admettre ces médias qui veulent nous enfermer dans une virtualité politique qui instrumentalisent les sondages pour marteler les cerveaux de pourcentages démoralisateurs; en quelque sorte à quoi bon voter pour un candidat qui ne fera que 0,5, voir 1% ou 5% … Toute cette mise en scène révèle qu’une doctrine tyrannique encadre les médias. C’est le financier qui exige une rentabilité commerciale ; ce qui ne devrait jamais être, puisque le propre de l’information doit être une dialectique du réel dénoncé, recoupé et vérifié. On ne demande pas aux médias de jouer avec la boule de cristal à des fins de surenchères commerciales mais à désobéir du pouvoir de la finance et du politique ; qu’ils restent indépendants bordel ! Cette pathologie française est désastreuse tant que nous n’aurons pas évincé toute cette cupidité et ses carriéristes de la politique. Le candidat Macron est celui qui rassemble le plus de cupides, de carriéristes et de frustrés ; il en joue car il les tient par leur sermon médiatique, le plus souvent tancé avec une certaine fierté d’en être … Misère humaine prête à vendre son âme pour un plat d’ers, misérables doigts crochus qui n’en a jamais assez, misérables voyous en col blanc, je vous maudit !

    • Simon Tallia
      Simon Tallia25 mars 2017

      Très bon article, confirmé par le CV détaillé de Macron qui se trouve sur le site Polémia.

  6. Gaston Riel
    Gaston Riel23 mars 2017

    Français, réfléchissez bien : notre prochain Président doit-il être un freluquet, sans colonne vertébrale ?

  7. Denise Tulard
    Denise Tulard23 mars 2017

    Le multiculturalisme dont Macron se réclame ce n’est pas l’unité dans la diversité mais l’agrégation de communautés repliées sur leurs avantages et leur identité dans un espace donné. Ce processus est en totale contradiction avec les notions de Peuples et de Nation. La nation parvient, au terme d’un processus historique de plusieurs siècles, à fédérer des singularités autour de principes assumés et d’une vision commune. Le multiculturalisme qu’Emmanuel Macron appelle de ses vœux est une déconstruction de notre héritage et un véritable danger pour l’avenir puisque l’unité dans la diversité devient impossible.

  8. Alain Rocco
    Alain Rocco24 mars 2017

    La nomenklatura médiatique et les réseaux qui la contrôlent ont fait clairement le choix d’Emmanuel Macron. Il incarne parfaitement leur rêve de nouvelle société philosophiquement et économiquement ultra-libérale, mondialiste, cosmopolite et antinationale. Quand on a compris que les gros médias, c’est l’antiFrance, c’est qu’on voit clair.

  9. Robert Jouvin
    Robert Jouvin24 mars 2017

    Sur le site Polémia, présentation du CV non truqué de Macron par le journaliste Benjamin Dormann. Edifiant. Destruction des nations en vue, la sienne sans doute d’abord.

  10. Fernand Gilliot
    Fernand Gilliot24 mars 2017

    Français, ne soyez pas dupes. François Fillon est le seul qui peut empêcher Macron d’être au deuxième tour. Macron, sélectionné depuis longtemps et financièrement appuyé sans limite par les mondialistes internationaux. (Voir son CV sur le site Polémia). Ceux-ci sont prêts à toutes les calomnies mensongères pour discréditer François Fillon, ceci jusqu’à la dernière heure de la campagne. Contre Macron, la vérité suffit à le discréditer définitivement, répandez-la autour de vous. Il s’agit d’éclairer d’une part ceux qui ne savent pas trop pour qui voter, d’autre part ceux qui encore aujourd’hui pensent ne pas aller voter.

  11. Denis Laroche
    Denis Laroche25 mars 2017

    Le dernier stratagème pour tenter d’affaiblir François Fillon est de démoraliser ses partisans en essayant de leur faire croire qu’il est « en chute libre ». S’ils le croyaient eux-mêmes, ils ne feraient pas tous ces efforts dictés par l’appréhension du maître-mot qui se répand : Tout sauf Macron (TSM).

  12. Igor radier
    Igor radier25 mars 2017

    Après le débat des cinq candidats sur TF1, les sondages bidon sur ce que les Français pensent des intervenants se multiplient. En Angleterre, où la presse est libre et impartiale, on considère que Macron a raté sa participation, ne faisant pas le poids en face de la vivacité de Marine Le Pen et du sérieux (gravity) de François Fillon.
    Selon les évaluations de l’IFOP, Macron est jugé inquiétant par 52 % des Français et éloigné de leurs préoccupations par 59 %.
    Les ministres ne le cachent plus, voter Macron, c’est reconduire l’équipe Hollande !

  13. Gérard Calais
    Gérard Calais27 mars 2017

    Pour dégonfler sûrement et complètement Macron, il faut de bonnes informations avérées.
    Au départ, sa biographie détaillée, par le journaliste Benjamin Dormann, sur le site Polémia (article « Plus que le choix des médias… »).
    Pour la suite et jusqu’au 23 avril, il est essentiel de rester en contact d’une part avec le site tvlibertés/onglet : Stoppons Macron ! d’autre part avec le site Toutsaufmacron.
    Avec ces trois sources sûres, on aplatit avec efficacité l’enflure en question.

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