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Ségolène Royal chahutée, conférence annulée : Guyane, le début de la colère

Pont Bresil Guyane

Ségolène Royal chahutée, conférence annulée : Guyane, le début de la colère

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Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦

En Guyane, six ans après sa construction, le pont qui relie le Brésil et la France a été inauguré.

Ce sont les présidents français et brésilien Jacques Chirac et Fernando Enrique Cardoso qui avaient lancé le projet lors d’un voyage officiel en 1997. L’inauguration a été à de très nombreuses fois reportée. C’est Ségolène Royal, ministre de l’Environnement qui devait l’inaugurer  lors d’un déplacement de trois jours en Guyane. Elle a dû quitter précipitamment le territoire vendredi dernier après avoir été gênée dans son déplacement par des manifestations symboliquement violentes car cagoulées contre l’insécurité et pour le développement économique de la Guyane.

Ségolène Royal était aussi présente en Guyane pour une conférence internationale  d’importance, celle de la Convention de Carthagène qui se tenait cette année en Guyane. La Ministre française de l’Écologie a été prise à partie par une cinquantaine de membres du “collectif des 500 frères” qui lui ont demandé, cagoulés en terroristes, de réagir au plus vite sur les problèmes de violence et d’insécurité en Outre-mer. Ségolène Royal est restée impassible, écoutant les membres de ce collectif. Cet événement a été très médiatisé en Amérique latine, avec des conséquences immédiates sur la suite  puisque des délégations officielles de certains pays ont décidé de quitter immédiatement la Guyane craignant pour leur sécurité. Si la Ministre n’a pas réagi, elle est tout de même reparti immédiatement en métropole. Restait alors à justifier un petit problème d’agenda : l’inauguration du pont franco-brésilien.

Selon l’entourage de la ministre, l’absence de ministre brésilien avait décidé Mme Royal à laisser “les autorités locales” mener les festivités.  C’est donc sans la ministre et avec 600 personnes des deux pays que l’inauguration du pont s’est faite dans une ambiance très festive et émue. «Quand les Européens sont arrivés, il n’y avait pas de frontière. J’aimerais donc annoncer ici la fin de cette frontière», a déclaré l’ancien gouverneur de l’état brésilien de l’Amapa, Joao Capiberibe, l’un des pères du pont. Pour le président de la collectivité territoriale de Guyane (CTG), Rodolphe Alexandre, “c’est un moment historique pour nos deux peuples“. Selon la direction régionale de l’aménagement, le pont a coûté 30 millions d’euros à part égale entre la France et le Brésil, plus 30 millions d’euros pour les infrastructures côté français.

Les mouvements sociaux s’intensifient en Guyane depuis quelques jours. Plusieurs sites stratégiques ont même été bloqués, y compris  la route menant au Centre spatial guyanais. La mobilisation des transporteurs et chefs d’entreprise a commencé le 16 mars avec l’arrivée en Guyane de la ministre. Ils ont tous lancé l’appel de Guyane pour un déblocage du fameux pacte d’avenir appelant à la mise en place d’un véritable plan Marshall pour booster l’économie et stopper l’hémorragie.

Christiane Taubira, la “reine du territoire” ne serait-elle pas derrière tout cela pour achever en beauté les dernières semaines du socialisme français ?

Illustration : Oyapock, un passage entre la Guyane et le Brésil qui facilite l’immigration

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