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Changement climatique : le Pérou est dévasté

Perou Devaste

Changement climatique : le Pérou est dévasté

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Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦

Depuis le début de l’année, 43 personnes ont perdu la vie au Pérou et près de 550.000 ont été touchées, victimes des conditions météorologiques provoquées par un El Niño côtier.

Au total, ces 550 000 personnes ont été touchées par ces dérèglements climatiques à travers les 24 régions du pays, 6.522 maisons se sont effondrées et 814 km de routes ont été détruites, selon les chiffres de l’Institut national de la défense civile (Indeci). Le réchauffement des eaux de l’océan Pacifique dans le nord du Pérou a encore renforcé le phénomène connu comme un El Niño côtier, déclenchant de fortes pluies, des crues des rivières et des glissements de terrains.

Selon les chiffres du comité chargé d’étudier ce phénomène, la température maximale de l’eau le long des côtes du Pérou a grimpé de 6 degrés, atteignant les 27 degrés dans le nord. Les pluies qui ont frappé le Pérou ces dernières semaines sont similaires à celles qu’avaient connues le pays lors du dramatique El Niño de 1998, lors duquel 500 personnes avaient trouvé la mort. Pendant tout cet été (l’hiver dans l’hémisphère nord), la chaleur était insupportable et suffocante dans la capitale Lima, du jamais vu selon les habitants. On redoute maintenant, au moment de la baisse des températures, un tremblement de terre d’importance.

Mais la semaine qui vient de passer fut encore plus terrible, dévastatrice pour tous les Péruviens qui n’ont jamais connu des pluies torrentielles de cette nature ,surtout sur la côte réputée désertique. Les glissements de terrain et les pluies diluviennes ont paralysé toute la semaine le pays. Les sinistrés se comptent par milliers dans les villes de la sierra comme Huarmey, du Nord comme Piura et Trujillo qui sont totalement inondées. Lima et sa banlieue connaissent aussi un chaos terrible en raison des crues des fleuves Rimac, Huyacoloro, Chillon qui arasent tout sur leur passage provoquant des glissements de terrain touchant les bidonvilles surpeuplées et pauvres qui sont sur leurs rives.

Lima est actuellement frappé de coupures d’eau (canalisations rompues) et souffre de ravitaillement agricole. Dans la plaine fertile de Lurin, le fleuve a emporté les animaux d’élevage, vaches, cochons, chèvres, d’autres eurent la chance de se retrouver sur la plage de Punta Hermosa. Toujours dans la banlieue de Lima, les zones maraîchères de Huachipa, les urbanisations populaires de Carapongo sont dévastées et se retrouvent isolées. L’armée et la défense civile sont dépassées. La population s’organise et vient en aide aux sinistrés.

 

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