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Le carnaval n’aurait-il pas dérapé en Espagne ?

Carnaval Las Palmas

Le carnaval n’aurait-il pas dérapé en Espagne ?

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L’Espagne qui,dans les transgressions, en a pourtant vu bien d’autres vient d’être vivement secouée par le carnaval de Las Palmas où une drag-queen a mimé avec provocation la vierge et le Christ en croix. L’insulte de la travestie de Las Palmas fut plus qu’une simple provocation, un véritable blasphème au sens le plus fort et théologique du terme et cela dépasse pour certains la seule opinion individuelle sur les croyances.

En plein carême, il y eut une insulte manifeste à l’égard de la liberté de culte et en même temps une véritable déclaration de guerre à ce qu’on a pu appeler la civilisation européenne. Cela aurait pu se faire dans le cadre d’une manifestation privée mais le problème est que cette prestation fut publique, financée par la collectivité et diffusée par la chaîne de télévision nationale .

Parallèlement à ce gala carnavalesque, un bus contre la théorie du genre a provoqué un autre tollé. « Les garçons ont un pénis, les filles ont un vagin. Ne te fais pas avoir. Si tu es né homme, tu es un homme. Si tu es une femme, tu le seras toujours », pouvait-on lire sur ce grand bus orange qui a sillonné les rues de la capitale. Affrété par l’association Hazte Oir (« Fais-toi entendre »), l’équivalent de la Manif pour Tous hispanique, le bus était l’un des instruments d’une campagne de l’association pour lutter contre la théorie du genre. Le véhicule devait poursuivre sa route vers d’autres villes, mais les autorités de la capitale l’ont saisi alors que le slogan n’est en soi qu’un simple rappel de la réalité. Le parquet a demandé à un juge d’immobiliser le véhicule et a ouvert une enquête pour déterminer si le slogan constituait un « délit de haine» .

Dans un communiqué, les magistrats ont affirmé  – ils restent silencieux pour la drag-queen de Palma – que laisser circuler le bus anti-genre risquait de créer un « trouble à l’ordre public et un sentiment d’insécurité ou de peur parmi les gens, en raison de leur identité ou orientation sexuelle, notamment parmi les mineurs pouvant être touchés par le message. » Ce bus a en tout cas là encore suscité de nombreuses réactions en Espagne : le député conservateur Javier Maroto a dénoncé une « inadmissible campagne » de haine contre la communauté gay tandis que Pablo Iglesias, leader du parti de la gauche radicale Podemos a déclaré : « Ceux de Hazte Oir ont peut-être des pénis et des vagins, mais ils n’ont ni cerveau ni cœur ». ML [27.03]

Illustration : bus contre la théorie du genre.

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