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Brexit, quand la monarchie donne sa leçon à la dictature : God save the People

Brexit

Brexit, quand la monarchie donne sa leçon à la dictature : God save the People

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Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦

Marine Le Pen a eu raison de le souligner, c’est une vieille monarchie mais démocratique qui vient de donner une superbe leçon à la République française. La démocratie ne se résume qu’en un seul mot : la souveraineté du peuple et la souveraineté du peuple n’est pas un concept ou une discussion de concepts (entre l’ethnos et le démos) mais d’abord et avant tout un acte, l’acte souverain de la votation.

En s’asseyant en 2005 sur le suffrage du peuple, lors du référendum sur l’Europe, la classe politique française avait renié la démocratie. On peut d’ailleurs dire que ce fut là le début de la fin. A partir de cette date, petit à petit, la République française s’est délitée.

La France – Dupont-Aignan a aussi raison de le souligner – est désormais une dictature républicaine qui a réintroduit le vote censitaire par les primaires et la délation des soutiens aux candidats politiques par les parrainages publiables.

Comme souvent, les intellectuels n’ont rien vu et ont même participé au dévoiement démocratique et à la collaboration puisque pour les thuriféraires du régime, la dictature, c’est toujours forcément pour la bonne cause, c’est toujours pour le Bien et la morale : le totalitarisme de l’édredon (mariage gay et homosexualité pour tous) le politiquement correct (l’inquisition des opinions) et le bourrage de crâne à l’école (la bienveillance pédagogique sur fond de décodex).

La vieille monarchie anglaise qui vient de valider le Brexit nous rappelle du coup à l’essentiel. Nous ne sommes plus en France en démocratie, nous sommes dans une République autoritaire, une république confisquée par une caste, la classe politique dans sa totalité, les partis et la haute fonction publique. On pourrait s’interroger et se demander pourquoi les hommes politiques français ont été si serviles et on,t à ce point, renié dans leur propre pays les valeurs démocratiques en se donnant des airs d’aristocrates alors que le vrai style aristocratique, c’est depuis toujours l’Angleterre. En fait, les hommes politiques français n’ont été que des serviles, des assistantes sociales sur-rémunérées. On les verra d’ailleurs dans quelques jours sillonner leurs circonscriptions en répétant à satiété : « On va s’occuper de vous ! ».

De fait, si la classe politique française est aussi  retorse, sans conviction aucune, occupée depuis les années 80 à magouiller les élections, tripoter le mode de scrutin pour empêcher l’expression du vote populaire, la constitution par exemple d’un groupe Front National au parlement (dernière tentative : la proposition  de François Bayrou de l’introduction d’une dose de proportionnelle aux Législatives pour pouvoir émietter l’Assemblée et la rendre ingouvernable en cas de victoire du FN ), c’est que les hommes politiques français sont avant tout des « politicards », des « politichiens» comme le rappelait souvent le Général De Gaulle. Ce sont des hommes et des femmes qui n’ont souvent jamais travaillé ou bien seulement dans la fonction publique, qui ont passé toute leur vie à tous les échelons (locaux, cantonaux, départementaux, régionaux) à chercher à engranger des électeurs, à se plier, à se courber devant les préfets et tous les contrôleurs et autres inspecteurs de la République. Imagine-t-on par exemple, le Général, maire de Tulle ou de Colombey-les-deux-Églises.

Cette idée de ne pas déconnecter la représentation locale de la représentation nationale qui justifie pour beaucoup à droite, le cumul des mandats empêche les hommes politiques d’avoir tout simplement une vision sur le long terme, d’exprimer un idéal qui ne soit pas purement électoraliste. En France, c’est ainsi toute la formation de la classe politique qui serait à revoir, sciences-po et ENA comprises, ces écoles assurant le formatage  des élus. Nous ne retrouverons pas cela en Allemagne, ni aux États-Unis. L’ancrage local des politiques français  qui fait croire que par là, les politiques connaîtraient la « vie des Français » n’est qu’une illusion. On avait entendu, il y a quelque temps, que certains élus ne connaissaient même pas le prix d’un pain au chocolat ou d’un ticket de métro alors qu’ils étaient pourtant maires ou députés.

Ainsi, aussi étrange que cela puisse paraître, c’est finalement une monarchie, la monarchie britannique qui, en entérinant le Brexit , donne à la France la leçon qu’elle n’a jamais apprise, à cause de la guillotine, de Sieyès et de Talleyrand, celle de la démocratie. En France, les élites politiques médiatiques et professorales, la classe dominante des bobos, cette nouvelle bourgeoisie inculte et déracinée des mégalopoles fussent-elles régionales, cultivent les valeurs de la République qui se résument pour eux en une seule maxime « Méfions-nous du peuple ! ». La France est ainsi redevenu le pays qu’elle a souvent été, celui des réunions clandestines, celles de restaurants gastronomiques où l’on prépare sur la nappe et en cachette le « sursaut républicain », « défendre les valeurs de la République ». Dans quelques semaines, ce sera l’appel républicain des artistes de la confiscation du vote.

La France demeure ignorante, elle n’a jamais compris et lu attentivement les théories républicaines britanniques. De fait, vu de France, le peuple anglais est un peuple étrange , gouverné par une sorte de régime hybride, fait à la fois de république et de monarchie de sorte qu’il n’apparaît ni vraiment comme une république, ni vraiment comme une royauté  et cela demeure incompréhensible pour un Français. Le peuple anglais  connaît, lui, la force souveraine du référendum qui par définition divise effectivement le corps politique pour le bien commun et l’intérêt général, nos politiques français ne concevant le référendum que sous la forme du plébiscite . De tous côtés, on entend dire ainsi qu’en France, un référendum sur l’immigration serait démagogique mais pas démocratique. Il faut relire les déclarations post-Brexit de Fillon, Bayrou, Hollande qui prédisaient l’apocalypse et demandaient à refaire les élections (Fillon allant jusqu’à refuser  de faire voter les jeunes !). L’heure est sans doute venu  d’une sorte de grand Walking Dead en politique française. Une république sans respect de la souveraineté populaire n’est pas une république démocratique mais au sens propre : une répûblique autoritaire. Le Royaume-Uni ne revotera pas, n’en déplaise à Bernard Henri-Lévy  et à nos politiciens  qui l’auraient  souhaité .

Soyons anglais : là-bas, le peuple est le seul propriétaire de son vote et arbitre de son destin et rêvons peut-être sous les draps d’un voyage à Londres, d’un roi ou d’une reine. God save the people !

  1. Robert41
    Robert4130 mars 2017

    Excellente analyse.

    De toute évidence la politique française a été placée depuis quelques décennies dans un réseau politico-économique “partialiste” qui la contraint comme affidée, à une unicité de servitudes, le plus souvent néfaste et humiliante. La France n’est plus maîtresse chez-elle depuis qu’elle s’est engagée dans un universalisme intra-muros ; elle se laisse détruire, pillée, volée, pire colonisée. Pour comprendre cela, pas besoin d’enquête de spécialistes dispendieux, il suffit d’être un lignard qui prend de plein fouet cette dictature morale. Ce mal qui vous veut du bien, à pris souche par notre frénésie à la consommation et notre veulerie naturelle y compris moi-même, à aller à la facilité. Nous sommes face au miroir de la réalité et grotesque. Que sommes-nous devenus ! Ce qui devraient s’opposer et remettre du sens a été pervertis par le contrat et par trahison. Les journalistes dans une grande majorité sont devenus des colporteurs et des propagandistes tant qu’à la politique c’est le show-biz dans un loft. Cela va du leveur de poing de l’ultra-gauche à la transfiguration de la droite en centre-droit ; tous sont favorables au catéchisme libéral mondialisé. Là ou certains s’inquiètent de cette impasse psychorigide, d’autres en veulent encore ; mieux de façon péremptoire, ils en veulent plus. Ils y voient la création d’un gouvernement mondial ! Mais dominé par Qui ? Peut importe pour ces citoyens du monde, puisque race, religion, patrie, identité et mœurs sont honnis. En faites, ils ne sont plus une diversité humaine mais un être-objet avec sa marque, sa série et son IP. Ce que nous constatons déjà dans le commerce où nous retrouvons les mêmes magasins pour les mêmes marques avec le même consommateur.

  2. Etienne Villa
    Etienne Villa1 avril 2017

    Trois bouffons : Hollande, Valls, Macron.
    C’est quitter la bande des 27 qu’il faut !

  3. Rolf Gendrot
    Rolf Gendrot2 avril 2017

    Fric, cris, grimaces et bluff, Macron jour ses dernières cartes.

  4. Marina ANCA
    Marina ANCA2 avril 2017

    Bel article, merci ! Je trouve aussi qu’on écoute de plus en plus son nombril et de moins en moins le peuple en France et le regrette. Mes parents ont tout sacrifié pour vivre dans le pays de la liberté et je raconte (de manière aussi légère que possible) la pression de la dictature roumaine :

    http://recherche.fnac.com/ia3046677/Marina-Anca

    Je suis devenue française en 1990 et j’en suis fière. Aujourd’hui, je me demande lequel des candidats à l’élection protégera le mieux mes libertés fondamentales…

  5. Jérome Censier
    Jérome Censier2 avril 2017

    A Marseille, Macron appelle les étrangers à l’aide !

  6. Laurent Julliard
    Laurent Julliard2 avril 2017

    Poujadasse, un des principaux pourrisseurs de la campagne électorale. Ses instructions sont claires : pour Marine Le Pen, comme pour François Fillon, tout faire pour les empêcher de présenter leurs programmes en multipliant les diversions malhonnêtes. Pour Macron, c’est le tapis rouge, pas de questionnement pouvant vraiment le gêner, une complicité totale.

  7. Julien Rolet
    Julien Rolet3 avril 2017

    L’hameçon vénéneux de l’anti-France, Macron, apparaît de plus en plus pour ce qu’il est : le pantin de ceux qui l’ont sélectionné pour se cacher derrière. Il s’agit d’organiser la démolition de la France.

  8. Jean-Claude Moret
    Jean-Claude Moret3 avril 2017

    Objet: Fw: Fwd: Tr : Un autre Magistrat…

    Une machination typiquement socialiste.
    Le piège est ignoble, grossier, évident et les sondages sont faux (qui paye les sondages ?).
    Sauf Filteris dont le modèle mathématique exploite 100000 données. Filteris avait prévu l’élection de Trump.
    Look here, ca va vous remonter le moral en flèche :

    Il faut voter Fillon. Et il sera élu.
    Marc

    1. Sachant que la gauche ne peut que perdre les élections à l’issue du quinquennat, dans l’entourage du Président, on monte depuis des mois des dossiers sur tous les principaux présidentiables de la droite.
    2. Macron est mis en orbite. Sa nomination surprise à Bercy et son départ prématuré le font apparaître comme se démarquant de Hollande et de sa politique alors qu’il est un très proche et qu’il est responsable du bilan.
    3. Hollande se retire. Impossible de faire autrement, son quinquennat est calamiteux et sa propre personne totalement discréditée.
    4. Les primaires sont organisées pour la galerie. Le vrai candidat, c’est Macron qui, évidemment, ne passe pas par la case primaires.
    5. Fillon sort gagnant des primaires de droite. Le canard enchaîné est aussitôt alimenté par la cellule de l’Elysée.
    6. Le calendrier est bien étudié. Fillon s’envolant dans les sondages, on fait d’une situation qui a duré plus de 20 ans, où rien n’était caché, où rien n’a été dissimulé, un dossier spectaculaire à son encontre.
    7. L’article aussitôt paru, le parquet national financier se saisit avec une rapidité exceptionnelle et ouvre l’enquête alors qu’il est incompétent. La gauche judiciaire est à la manœuvre.
    8. La presse de gauche aussi. Le matraquage est intense, la défense de Fillon maladroite. Forcément, il est honnête. Les gens honnêtes se défendent souvent très mal. Je parle d’expérience.
    9. Le feuilleton judiciaire est lancé. Toutes les semaines, la presse nourrit la Justice et vice-versa. Seuls les éléments négatifs fuitent du dossier en toute illégalité.
    10. Les « sondages » font passer Macron devant Fillon puis à égalité avec Le Pen et finalement devant elle.
    11. Alors que la date butoir des candidatures est dépassée et qu’il n’y a plus de possibilité de remplacer le candidat, le PS et le Président de la République demandent à Fillon de se retirer! Une élection sans le candidat de la droite, le rêve absolu.
    12. Les ralliements à Macron se multiplient. Quelques hass been en quête d’une gloire perdue et surtout de plus en plus de… socialistes!
    13. Le Drian, un des plus proches d’Hollande rejoint Macron. D’autres doivent suivre.
    14. Pour parachever l’opération, il faut que Macron dispose d’une majorité à l’Assemblée. Du coup, l’un des derniers éléments du puzzle vise une investiture commune avec le PS après la victoire de Macron. Et le tour sera ainsi joué.

    C’est la preuve par A+B de l’opération qui consiste à maintenir les socialistes au pouvoir.

    En réalité, Macron est le successeur désigné de Hollande. Macron, c’est Hollande en pire.

    Mais, le crime n’est pas parfait car ils en ont trop fait. Cela entraîne un net phénomène de rejet dans l’opinion.

    Le piège est éventé.

    Le summum: l’émission politique de Pujadas destinée à tuer Fillon mais qui l’a, au contraire, renforcé tellement les attaques étaient outrancières, injustes et sectaires.

    La gauche qui montre ainsi son vrai visage commence à perdre du terrain car elle s’est heurtée à un candidat à la résistance exceptionnelle !

    Jean Paul GARRAUD
    Magistrat, Avocat Général Cour d’Appel
    Conseiller Régional d’Aquitaine

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