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Trump frappe Assad : les médias désorientés. La fin de la thèse “Trump-marionnette de Poutine”

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Trump frappe Assad : les médias désorientés. La fin de la thèse “Trump-marionnette de Poutine”

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Jean Bonnevey,  journaliste ♦

On disait Donald Trump imprévisible et capable de tout sous le coup de l’émotion. On ne s’était peut-être pas trompé.

Sa frappe sur une base militaire aérienne syrienne a surpris tout le monde dans la rapidité de la décision et de l’action unilatérale. Trump a fait du Trump. Les médias sont tétanisés car obligés de dire du bien d’une de leur bête noire. Les ennemis de mes ennemis etc.. etc.

Les conséquences de cette frappe sont encore difficiles à évaluer. C’est la fin du rapprochement timide avec Poutine, c’est sûr. Et c’est pour Trump un argument majeur de politique intérieure.

Il montre que l’Amérique est de retour et qu’il n’est pas le tiède Obama. Il tord le cou à tous ceux qui tentaient de prouver qu’il était sous influence russe. On peut même se demander si ce n’est pas une raison majeure de cette intervention ponctuelle. Il a profité d’une formidable occasion.
Quoi qu’il en soit cela change tout.

Poutine sait que l’Amérique est de retour. La Turquie reproche à Moscou de soutenir trop Assad. Le président russe va devoir faire avec une nouvelle situation. Cependant, la frappe américaine renforce une opposition armée à Damas contrôlée par des islamistes et permet à Daesh, sans doute, de souffler. Trump a perdu de vue l’ennemi principal sur un coup de sang ou sur une motivation cachée.

Le président Poutine qualifie les frappes américaines en Syrie d’agression contre un État souverain, «violant la loi internationale en usant d’un prétexte artificiel», a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov,  devant des journalistes en commentant l’attaque américaine sur la base syrienne d’Al-Chaayrate.  D’après Vladimir Poutine, cette mesure ne nous rapproche pas du but final de la lutte contre le terrorisme international, mais constitue un obstacle sérieux à l’émergence d’une coopération des nations dans la lutte contre un mal mondial dont le président américain Donald Trump avait affirmé, lors de sa campagne électorale, «qu’elle serait l’une de ses tâches principales», a ajouté le porte-parole du Kremlin.
Konstantin Kossatchev, président de la commission des affaires étrangère du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe), a déclaré «  D’une façon ou d’une autre, les missiles de croisière russes frappent les terroristes, tandis que les missiles américains sont tirés sur les forces gouvernementales qui, de fait, se trouvent à la tête de la guerre contre les terroristes. Je crains qu’avec de telles approches, la coalition antiterroriste russo-américaine en Syrie tant souhaitée et dont on a tant parlé après l’arrivée de Trump au pouvoir ne soit mort-née », a affirmé le sénateur via Facebook.

Sur le plan intérieur français cela risque de jouer sur la présidentielle.

Marine Le Pen s’est déclarée vendredi “étonnée” par la décision du président américain, dont elle avait salué l’élection en novembre.
«Je suis un peu étonnée, parce que (le président américain Donald) Trump avait indiqué à plusieurs reprises qu’il n’entendait plus faire des États-Unis le gendarme du monde, et c’est exactement ce qu’il a fait hier», a-telle affirmé  sur France 2.

Et d’ajouter :«Est-ce que c’est trop demander d’attendre les résultats d’une enquête internationale indépendante avant d’opérer ce genre de frappe? 
Ce que je voudrais, c’est qu’on ne retrouve pas le même scénario que celui qu’on a pu voir en Irak, en Libye, qui, en réalité, sont des processus qui ont entraîné le chaos et qui ont fini par conforter le fondamentalisme islamiste. »

François Fillon, de son coté, comprend l’émotion devant le crime mais redoute un affrontement avec Moscou-.

Macron prône une intervention militaire en Syrie. Le candidat d'”en Marche”  s’est dit ce jeudi favorable à une intervention militaire pour « sanctionner » le régime de Bachar al-Assad, si sa responsabilité est avérée dans l’attaque présumée à l’arme chimique en Syrie.  C’est fait, mais avant toute enquête ! Macron a ensuite déclaré que la « priorité absolue » de la France restait la lutte contre le groupe État Islamique et qu’il fallait « construire la sortie de Bachar al-Assad ». Il a regretté que la France ait « refusé tout contact » avec le régime syrien, car « le pire des risques dans cette région, c’est un État failli ». « Notre priorité ce sont les terroristes, donc on doit d’abord les éradiquer, on doit ensuite construire une solution politique, sortir Bachar al-Assad du jeu, mais dans un premier temps, cette transition se fera avec lui », a-t-il précisé.

Pas si loin de Fillon et Le Pen finalement.

Mais la situation va évoluer et nos candidats devront être prudents dans leurs pronostics et analyses, car souvent un Trump peut en cacher un autre.

  1. Tonton Cristobal
    Tonton Cristobal8 avril 2017

    et sortir Macron du jeu serait une mesure salutaire. Ce freluquet parle d’intervention militaire? qu’il y aille! et n’en revienne pas! mazeltov !

  2. Philippe
    Philippe8 avril 2017

    Ce qui s’est passé en Syrie n’a probablement aucun rapport ni avec la présentation qui en est faite, ni avec les conclusions qui en sont tirées.
    Lisez par vous-même : http://www.voltairenet.org/article195897.html
    C’est donc beaucoup plus « futé » que vous-mêmes le dites.

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