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Fillon ou Macron ? Macron ou Fillon ?

Presidentielle Sondage Macron Distance Fillon Au Premier Tour

Fillon ou Macron ? Macron ou Fillon ?

Argoul ♦

Fillon ou Macron. Par ordre alphabétique, voici les deux candidats dont un restera très probablement au second tour. Certes, la pléthore de prétendants marginaux participe au débat démocratique et Mélenchon ou Dupont-Aignan, par exemple, ne disent pas que des choses sans intérêt. Certes, certains croient dur comme fer que Marine Le Pen peut parvenir au pouvoir au second tour en raison des abstentions différentielles entre électorats – voire au premier tour, pourquoi pas, avec 50% plus une voix. Mais si nous restons dans le cercle du probable, ce devrait être Fillon ou Macron.

Le premier est d’expérience ; il a pour lui la cohérence d’un programme de droite qui a vécu la période agitée Sarkozy et rongé son frein durant la période apathique Hollande. Il est clair, détaillé, mais il reste dans la lignée de l’austérité « exigée » (de moins en moins) par l’ordo libéralisme à l’allemande, préoccupé avant tout d’équilibre budgétaire et d’excédents commerciaux. Si les Français devaient se convertir un peu en Allemands, ce serait fort bénéfique pour l’Europe, tout comme pour le système économique et social français.

Comment, en effet, « redistribuer » sans tout d’abord produire ? Comment produire comme les Allemands avec le niveau d’inefficacité français ? Ce n’est pas la compétence qui manque en France, nos inventeurs, nouveaux entrepreneurs, ingénieurs et commerciaux sont plutôt créatifs : ce qui manque, c’est l’environnement propice à l’épanouissement de ces talents. Autrement dit un État moins hégémonique, qui prélève moins, réglemente moins et laisse plus faire la société civile. Difficile quand le pays possède un tropisme catholique et romain d’impérium, un héritage capétien centralisé à Paris, un handicap symbolique royal de l’État c’est moi, des habitudes napoléoniennes d’évincer tout libéralisme (Madame de Staël en fut l’exemple), et une énarchie germanopratine formatée en vase clos aux petits jeux de pouvoir entre néo-noblesse d’Etat.

« Je crois qu’une partie de nos maux viennent du néo-catholicisme républicain », écrivait (déjà !) Flaubert à Michelet le 2 février 1869. Ce jacobinisme d’État, en forme de mission religieuse, est ce qu’incarne Fillon plus que Macron. Faut-il cela pour mettre la France dans la voie du redressement ?

Macron devrait être plus « gentil » au sens de Montaigne, même si « la morale de l’Évangile » n’est pas absente de son programme. Les trois premiers paragraphes portent en effet sur le « travail », pour lequel « il faut inventer de nouvelles protections », « libérer », et « inventer un nouveau modèle de croissance ». Programme est d’ailleurs un mot excessif, puisque le candidat n’a pas de parti mais un « mouvement » et que son catalogue de mesures ressort plus des bonnes intentions symboliques (« mon contrat », dit-il) que d’une liste de mesures précises et chiffrées. Sauf qu’il parle d’augmenter largement la CSG, le seul impôt uniforme (non progressif comme l’impôt sur le revenu) – soit l’équivalent de la flat tax de Margaret Thatcher, pourtant pourfendue à « gauche » ! Sans parler des bourdes et autres billevesées (comme la colonisation « crime contre l’humanité » – donc révoquer à sens unique les amnisties ? Refaire des procès un siècle après ? Mettre en cause les petits-fils des « coupables » ? Sans aucune réciprocité des pays devenus indépendants qui ne sont pas non plus innocents dans bien des cas ?).

« Inventer » est le mot-clé car, avec l’enthousiasme de la (relative) jeunesse, il s’agit d’avancer et de créer dans le mouvement. Mais 40 ans n’est-il pas déjà un âge mûr ? Dès 45 ans, le privé ne vous voit-il pas déjà comme usé, obsolète et irréformable ? Seul le public vous croit « jeune » à 60 ans passés et il faut vraiment atteindre 70, comme Juppé, pour que l’on commence à évoquer votre âge (Pétain n’est-il pas devenu chef de l’Etat à 90 ans ?).

Reste que le flou de la politique suivie laisse croire à une continuation de l’inertie Hollande, plus ou moins mâtinée de 49-3, et que l’inexpérience du candidat Macron (inconnu il y a 4 ans) peut effrayer les frileux. Quant aux paranoïaques, ils le traitent de « banquier », voire d’inféodé « aux Juifs » (puisqu’issu de la banque Rothschild), toutes qualifications qui ne signifient rien de concret. Certains voient en lui le choix du Système (défini en gros par les néoconservateurs mondialistes… que justement l’élection de Trump remettent en cause – ce qui relativise cette thèse). En revanche, que Macron soit l’héritier de Hollande, je l’ai toujours dit, même si ledit Hollande, à la fois par lâcheté et par tactique politicienne tordue, a laissé faire, et surtout laissé s’enferrer Hamon, dont ni les épaules politiques ni l’intellect ne sont de taille à ravaler Mélenchon au sein d’un PS moribond.

Si Fillon obtiendra probablement une majorité à l’Assemblée qui suivra les présidentielles, pour Macron, c’est plus incertain. Oh, certes, l’expérience de révérer toujours le pouvoir en place, les jeux de cour traditionnels à Paris et l’esprit de collaboration évident depuis l’Occupation (et qu’on a vu à l’envi sous Mitterrand et sous Sarkozy…) – sans parler des médias majoritairement acquis au vainqueur avant même l’élection -, devraient créer un rassemblement au centre analogue à celui que Giscard a connu lorsqu’il fut élu. Mais le poids des rancœurs à gauche comme à droite, et surtout aux extrêmes des deux bords, peut compliquer la donne. Car le fanatisme des guerres de religions reste aussi présent que l’esprit collabo dans l’imaginaire national.

Alors, Fillon ou Macron ? La vraie droite ou la fausse gauche ? La patrie et « les valeurs » ou la vague Europe et « la » mondialisation ? (Comment peut-on être contre le soleil qui se lève ? disait pourtant Staline dans l’un de ses jours d’astuce). Serait-ce plutôt une bataille entre élites multiculturelles de droite et de gauche et le populo de gauche et de droite incluant les classes moyennes hantées par le déclassement ? Il n’y a plus guère de blocs sociaux homogènes desquels nous pourrions induire un comportement politique prévisible. Tout est dans tout, et réciproquement.

Restent quand même la jeunesse, l’optimisme, le mouvement – ou l’expérience mûre, le pessimisme actif, et la remise en ordre. Chacun choisira, les orientations des programmes se précisent et tout dépend si l’on veut moins de chômeurs ou plus d’assistés. Mais nul doute que cela devrait être entre ces deux candidats là.

Source :

Fillon ou Macron

  1. Herodote
    Herodote9 avril 2017

    Bonjour Monsieur,
    J’apprécie votre billet mais ce qui vous semble vous échapper est qu’il est difficile de diriger un peuple comme la France ( dixit Jacques Bainville) . La France est une nation frondeuse depuis la nuit des temps et réfractaire à la discipline sauf exception et cela depuis les tributs gauloise face à Jules César en moins 52 Avant JC . Voir de nos jour un exemple parmi tant d’autres , le comportement des syndicats face à loi Khomry.
    Même si c’est un inconvénient seul un pouvoir central fort permet de faire travailler les gens ensemble et d’ imposer la loi. La nouveauté est que les hauts fonctionnaires français ne servent plus l’intéret général mais^ceux des lobbys. Ex le dépeçage d’Alstom par Macron et Hollande au profit de l’américain GE.
    Pour conclure, quelque soit la personne qui sera élu, ça va tanguer en France.

  2. isidore mélier
    isidore mélier9 avril 2017

    Macron : hameçon vénéneux de l’anti-France.
    Sa dernière trouvaille : imiter François Fillon.

  3. Robert41
    Robert419 avril 2017

    En réponse à votre analyse, il est incontestable que l’orientation politique des français s’ajuste plus à droite qu’à gauche. Si le Centre opportuniste, la Droite bourgeoise et le Front des fameux réactionnaires, avaient un temps soit peu de pragmatisme politique ; il n’y aurait pas cette félinerie de gauche qui divise le troupeau de gnous … Le paradoxe, c’est que la Gauche se divise après et la Droite se divise avant. – L’une est intelligente et tartufe et l’autre est stupide et bigote. Pas besoin d’être grand expert pour comprendre que la perfidie va l’emporter sur la loyauté. Cela est visible avec Hamon le ricaneux, qui joue son rôle d’ostracisé à merveille pour tenir les têtes fermes des fidèles mais cache en faites, une duperie de circonstances avec Macron et Mélenchon. Finalement Hamon, Macron et Mélenchon c’est une histoire de cons pour des cocus ; elle verra son point d’orgueil dans la victoire présidentielle. – Pendant ce temps-là Fillon, Dupont-Aignan et Marine se déchirent. Pire, ils se détestent ; alors qu’à eux trois, ils sont le réalisme politique qu’attende une majorité de français. Ne pas comprendre cela et persister dans des principes donnés par l’adversaire, c’est être cruellement un imbécile. -En conclusion, il faut mieux trahir politiquement son ennemi que sa propre famille. De plus, la Primaire à droite est devenue obsolète avec les affaires. Il manque un conseil de sages dans ce parti des républicains pour trancher le processus représentatif. Persister comme cela est engagé avec Fillon, c’est dénaturer la probité politique que tant de français attendent et offrir à son opposant politique un boulevard à la Présidence. Curieux quand même ce Fillon, capable de comprendre l’irresponsabilité des programmes politiques des autres candidats et refusant de se responsabiliser pour céder la place. Est-il vraiment le candidat idoine pour remplacer l’impasse française actuelle ? Les français trancheront mais comme Anne au gué, rien ne changera comme d’habitude !

  4. Michel Orion
    Michel Orion9 avril 2017

    A tous ceux qui ont été impressionnés par le monumental discours d’une heure et dix minutes de François Fillon le dimanche 9 avril à la Porte de Versailles : François Fillon ne peut gagner le 23 avril que si pendant les 15 jours qui restent, chacun de nous martèle autour de lui, plusieurs fois par jour : son expérience, son programme extrêmement solide, le sang-froid et la résistance de l’homme, l’assurance qu’il est le seul à avoir quant à l’obtention d’une majorité aux législatives, son entourage d’hommes d’expérience et de haute capacité, ce dont ne disposent ni Macron, ni Mélenchon, pour ne pas parler de Marine Le Pen.
    Après quoi, nous pourrons voter pour lui, avec la bonne conscience de l’effort accompli.

  5. John Wayne
    John Wayne10 avril 2017

    Bien Argoul !! Mais ” tropisme catholique ” ?? ! Néo-catholicisme républicain ??! Oui , avec le Sarthois , faudra peut-être retourner à la messe 1 ou 2 fois par an ? !! Et alors ? !! Un peu de spiritualité , ça fait pas de mal , après les énormes abus islamistes et les conneries sociétales de la gôôche homo – socialo- communo- friquée- athée depuis 50 ans …!!! Oui , on le sent bien , François FILLON fera certainement un bon Président avec une bonne majorité , et la gauche pourra toujours essayer de débiter ses âneries habituelles ….!!

  6. Jacques Colio
    Jacques Colio10 avril 2017

    Les sondeurs-truqueurs commencent à rogner les chiffres de Macron pour ne pas paraître trop ridicules le 23 avril.

  7. Berger
    Berger10 avril 2017

    De toute façon, nous courons vers la mondialisation,c’est inéluctable, un millénaire ou deux; Assez de ces petites nations ridicules avec leurs petits drapeaux, ou alors fallait choisir Staline, ou, mieux, le petit père Adolf; Quant à la France, en pleine africanisation, elle est bien morte.Sic transit !

  8. Cécile Dumait
    Cécile Dumait11 avril 2017

    Fillon : Unanimement reconnu comme le seul ayant un programme savamment préparé et indispensable au maintien de notre pays parmi les grandes puissances économiques. Selon moi, il ne va pas assez loin, mais il est le seul qui redonnerait confiance à nos partenaires économiques.
    Alors, si vous voulez punir la France et les Français en enclenchant la destruction de l’Europe – ce qui entraînerait, à coup sûr, la plus grande crise économique que le monde ait jamais connue –, ne votez pas pour lui !
    A contrario, si vous ne voulez pas casser ce monde que nos ancêtres ont mis des siècles à construire ; si vous ne voulez pas punir nos enfants et petits-enfants pour nos propres erreurs ; si vous pensez, comme moi, que François Fillon, en trente ans de vie politique, a commis moins d’erreurs que la majorité des anciens présidents de la république ; oubliez ce lynchage médiatique qui n’a comme unique but que de reporter les décisions indispensables. Faites comme moi : votez Fillon !

  9. Danièle Dumont
    Danièle Dumont12 avril 2017

    C’est trop important, entre le risque de n’être pas entendu et celui d’être traité de rabâcheur, choisissons le second. Ne donner qu’une voix à François Fillon, est bien mesquin, quand on peut lui en amener trois ou même nettement plus. Comment ? Simplement en rappelant sans cesse autour de nous, pendant les derniers jours restant, combien François Fillon est l’homme qu’il faut à la France : son programme est reconnu comme le plus sérieux, le plus réfléchi, même par des opposants. Son expérience de cinq années comme Premier ministre garantit un départ de quinquennat « sur les chapeaux de roues ». Il est aussi reconnu, au-delà de ses sympathisants, qu’il aura aisément une majorité aux législatives, ce qui n’est le cas d’aucun de ses concurrents. Ceux-ci ne font pas le poids, par la faiblesse de leur programme comme pas leur manque d’expérience gouvernementale.
    Souhaitez-vous vraiment que François Fillon prennent les commandes ? Alors prouvez-vous le en lui apportant plusieurs voix, pas seulement une ! Parlez donc aux hésitants !

  10. Nicole Faret
    Nicole Faret13 avril 2017

    Ne pas oublier que la plupart des entreprises de sondage appartiennent aux financiers de Macron.

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