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La jérémiade des banquiers mexicains : le mimétisme de la valetaille?

Davos

La jérémiade des banquiers mexicains : le mimétisme de la valetaille?

Auran Derien, universitaire ♦

L’association des banquiers mexicains a besoin  d’un supplément d’âme.

Problème de tous les trafiquants: Comment justifier le parasitisme et le vol, à partir du moment où l’organisation mafieuse est assez puissante pour qu’il n’y ait aucun risque de sanction? Il convient de mettre au point un slogan pieux, une histoire sublime, quelques mensonges grotesques, d’imposer le tout par la terreur s’il le faut. Les fanatiques  se sont inventés la fable d’un dieu qui leur a donné l’ordre de gérer le monde à leur profit. Les “banksters” mexicains se contentent d’imiter leur maître en affirmant que, s’ils volent le peuple, c’est pour son bien : lui éviter le populisme.

L’association des banquiers mexicains contre le populisme

L’association des banquiers mexicains a tenu sa 80ème convention à Acapulco.

Étaient présents le président sortant du club, un dénommé Luis Robles Miaja, mais aussi vinrent le responsable de la Banque Centrale, ancien cadre du FMI, l’énorme Agusti Carstens, et le Président de la République Peña Nieto, un visiteur des parrains de Davos.

Ce trio de domestiques n’avait rien à annoncer qui puisse servir la population. Au contraire, ils participent au meurtre bien engagé des peuples et des cultures en reprenant les éructations contre le populisme ; le mal est là, il faut lutter contre les préoccupations de la population par le biais d’institutions fortes, c’est-à-dire des organismes de terreur ( Quotidien La Jornada, 24 mars 2017). Ces domestiques mentent avec une telle insolence qu’ils affirment représenter le libéralisme alors qu’ils constituent un cartel  responsable de la mort du libéralisme.

Un quatrième laron, en charge du poste de ministre des finances et portant un nom bien anglo-saxon, José Antonio Meade, parla pour ne rien dire, sauf reconnaître implicitement que ce qu’il savait ne servait à rien, car le paradigme de la transcendance bancaire ne fonctionnait plus, pas plus que les mensonges sur les bienfaits de la global-invasion.

José Antonio Meade , confronté à sa propre incapacité à comprendre les changements en cours, retomba dans l’ornière religieuse : inverser l’accusation. Sa médiocrité n’était pas en cause ; ni celle des trois autres. Ils ne trouvent rien à redire au fait que le soviet de la finance qui les contrôle entretient la misère au Mexique. Le but réel de ce quarteron  est de faciliter la concentration de la richesse entre les mains de quelques ploutocrates.

Cela ne leur paraît ni stupide, ni primitif, ni suprêmement raciste. Leurs idées sur la monnaie datent aussi du Moyen Âge (la monnaie marchandise). Des hommes éduqués devraient avoir honte de leur inaptitude à penser au-delà de ce primitivisme monétaire, au moment où les peuples, à travers les monnaies complémentaires, les monnaies locales et les monnaies électroniques enseignent qu’ils peuvent se débrouiller sans les parasites qui contrôlent la monnaie officielle.

Miaja, Meade, Carstens, Peña Nieto, etc : les vieilles badernes

La méthode des nouveaux bourreaux des peuples, que ce soit au Mexique ou en Europe, consiste à parler de progrès pour désigner ce qui annihile la population. La novlangue orwellienne s’est imposée partout puisqu’elle s’apprend dans les universités américaines, là où s’enseigne le mépris des populations et la haine du genre humain. Sortis de ces centres de la barbarie globalitaire, les gardes-chiourmes du système  ont acquis une personnalité négative qui leur assure la possibilité de mentir sans vergogne et sans conséquences. Le plus pitoyable de ce quarteron était aussi le moins important : Luis Robles Miaja, président sortant de l’association des “banksters “mexicains a vomi sa haine de la population, affirmant devant les congressistes que le racket bancaire mis en place au Mexique représentait le paradis sur terre pour le peuple. C’est évidemment l’inverse.

Début 2015, l’OCDE avait publié une étude sur le Mexique, dans laquelle il était noté positivement qu’en deux années de Présidence de Peña Nieto, le Mexique avait été le pays de l’OCDE réalisant le plus de réformes en conformité avec l’agenda de la global-invasion. Où se pense le pillage du Mexique ? A l’OCDE…

Parmi les énormités prononcées par de si sublimes penseurs, on notera trois stupidités bien concassées:

  Agusti Carstens, ancien employé du FMI, président de la Banque Centrale Mexicaine et futur cadre dirigeant de la BRI, preuve de sa parfaite servilité à l’égard du soviet de la finance, s’est vanté de son efficacité dans la lutte contre l’inflation au Mexique. Quelle farce! La pression sur les prix et salaires est liée à la destruction des frontières et au dumping mondial. Les pays qui exportent les marchandises à bas prix, comme la Chine, sont à l’origine de l’effet dépressif constaté au cours des années antérieures, alors que l’inflation se manifestait sur les prix des actifs suite à la création continue de monnaie par les trois principales banques centrales : FRS, BCE, Banque du Japon.

Le président de la Commission Nationale Bancaire et des Valeurs (CNBV) se plaignit de ce que tous les Mexicains ne rendaient pas tribut aux usuriers officiels. Il faudrait inclure toute la population dans les circuits de la finance méxicano-étatsunienne pour “améliorer” sa qualité de vie. La réalité enseigne l’inverse… Les groupes qui restent relativement à la marge de la global-invasion, les solidarités familiales, sont les éléments qui ont empêché la population de s’écrouler dans la misère la plus crasse. Dans un monde de taux d’intérêt très bas, voire nuls, les cartes de crédit mexicaines perçoivent des intérêts de 40%, 50%, voire plus. Ce vol illégitime n’est jamais sanctionné. Et nous terminerons en rappelant le pillage institué par les AFORES, organisations qui prélèvent des fonds sur les squelettiques salaires mexicains afin de financer les retraites. Les AFORES ne gagnent jamais d’argent pour les retraités. Comme une baignoire, ça se remplit uniquement par l’augmentation du nombre de personnes obligées de cotiser. Les gestionnaires merveilleux se chargent, eux, de vider une partie de la baignoire.

Le titulaire des finances, José Antonio Meade , ne sait rien faire d’autre qu’accumuler les dettes de l’État pour enrichir les banquiers et autres intermédiaires. Le coût financier de la dette publique sur les derniers mois a bondi de plus de 55,4% (Quotidien La jornada du vendredi 31 mars 2017). Ce parasitisme forcené est répugnant.

Tout ce qui reste de gens civilisés dans cet univers miteux semble refuser, peu à peu, de coopérer à cette extension de l’horreur. On vérifie qu’au Mexique comme en Argentine, ou en Europe, les trafiquants montrent les limites des obsessions marchandes. Incapables de construire un monde harmonieux, ils installent le désert. Partout où le pouvoir économique globalitaire a placé ses hommes nous voyons le néant avancer.

Moins chacun coopérera à cette infamie, plus tôt s’écrouleront des pans entiers de ce système de pillage, de haine et de mensonge. 

 

 

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