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Mayotte sera-t-elle tentée par le vote Le Pen ?

Marine Mayotte Plus Jeune Departement

Mayotte sera-t-elle tentée par le vote Le Pen ?

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Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦

A écouter les Comoriens de Mayotte, ils seraient un peuple éduqué et noble, protégé par Allah.

mayotte_carteC’est pourtant un bien triste spectacle qu’ils ont donné à voir au monde entier le vendredi 7 avril lors d’une Assemblée plénière du Parlement. En boubous ou cravatés, rien n’y a fait, pas même la prière du vendredi puisque ce fut une bagarre générale aux poings et aux coups de pieds digne des pires rixes de jeunes inter-villages.

Motif de la rixe parlementaire éduquée : des bagarres inter-partis (Juwa et UPDC), des trafics et des usurpations d’identités pour voter et comme souvent la rebelle Anjouan en toile de fond qui , profitant de la confusion générale, tenta d’en profiter pour faire élire trois conseillers députés originaires de l’île. Triste spectacle de la démocratie comorienne au point qu’il est sérieusement permis de douter qu’on puisse négocier quoique que ce soit un jour avec une telle lie politique. A Moroni, Mayotte est comorienne et le restera toujours.

 

Alors, la question cruciale s’approche de plus en plus et c’est le prochain président ou présidente française qui aura à la trancher :

Que fait-on de Mayotte, île comorienne et cent unième département français ?

Nous en sommes, comme nous l’avions écrit précédemment , à 30 naissances par jour à Mamoudzou. Plus d’un adulte sur deux vivant à Mayotte n’y est pas né (résultat d’une étude menée par l’Insee en 2015 et publiée en ce début d’année). La moitié des étrangers non natifs de Mayotte (40 % de la population) se trouve en situation irrégulière. 55 % des jeunes vivants à Mayotte sont nés d’une mère née à l’étranger (avec un fort taux pour l’île la plus proche, Anjouan).

L’institution scolaire est-elle capable de suivre le rythme louable des utérus malgaches et comoriens quand elle n’est même pas capable de rénover immédiatement ou de reconstruire en dur le lycée général et professionnel du Sud, celui de Chirongui construit en zone inondable ? Dans l’établissement actuel, le personnel passe maintenant à travers les sols qui s’effondrent et pire, pendant la crise de l’eau, des élèves du lycée professionnel en étaient même venus à déféquer dans la cour de l’établissement, situation qu’on ne rencontre même pas en Afrique ou en Inde ? Pénurie d’enseignants à tous les niveaux faute d’attractivité ou de primes réduites et imposables, insécurité galopante qui oblige à vivre engrillagé, où sont donc les radars opérationnels et les effectifs de renfort promis du plan sécurité 2017 ?

mayotte-franceA partir de 18h, fin de service de la police aux Frontières, au service gynécologie de l’Hôpital de Mamoudzou, on commence à s’affairer car le gros du boulot va commencer : les kwassas-kwassas, embarcations clandestines d’Anjouan débarquent par le Nord mais aussi par le Sud en groupe de trois, laissant supposer le pari que si une barque est interceptée, les deux autres, par manque de moyens, passeront forcément. Notons d’ailleurs  que ces kwassas ne sont pas toujours remplis de passagers mais très souvent aussi de produits de contrebande venant de Madagascar, en particulier des cigarettes , de l’aspirine ou des médicaments périmés, issus de l’aide humanitaire et revendus sur l’île aux parfums.

Mayotte-est-comorienneUn bureau d’état civil décentralisé, à l’intérieur même de la maternité, régularisera les naissances au petit matin. Ainsi, les gynécologues de l’Hôpital de Mamoudzou fonctionnent maintenant sur des gardes de 24h un jour sur deux, 7 fois de suite. En ce qui concerne la maternité, le nombre d’actes a augmenté à plus de 9000. L’hôpital est “qualibré” pour 200.000 habitants alors que nous en sommes à Mayotte à plus du double. Cela se traduit par un manque chronique de places qui pèse sur la qualité des soins et à un déficit en personnel.  Comme dans l’Éducation nationale qui ne fonctionne qu’avec des vacataires contractuels, la moitié des postes sont occupés par des médecins maghrébins, roumains, mauriciens ou malgaches pour faire le travail. Ils ont tous de la bonne volonté et du sérieux mais leurs compétences sont moins fortes par rapport à la formation française.

Comme pour l’Éducation, à Paris, le ministère de la Santé fait la sourde oreille, apportant parfois des solutions mais très souvent non adaptées à toutes ces difficultés.  Etienne Morel, l’ancien directeur de l’hôpital qui vient de rejoindre Wallis-et-Futuna, reprenait avant son départ les chiffres qui ont marqué la santé mahoraise en 2016 : le record de 9 514 naissances, des passages aux urgences en hausse de 6%, des urgences de plus en plus sollicitées. On nous dira sans doute que l’on noircit volontairement la situation mais c’est la triste réalité des chiffres.

Kawéni quartier de Mamoudzou est connu pour être le plus grand bidonville de France avec ses 2400 cases en tôle. En Petite-Terre, à quelques mètres de l’aéroport et de la préfecture, le quartier de la Vigie ressemble à n’importe quel pueblo joven du Pérou : 148 hectares occupés par des habitations de fortune, dans des conditions insalubres. 390 habitations n’ont pas accès à l’eau, 368 à l’électricité, 309 sont bâties en zones non constructibles et 445 ne sont desservies par aucune voie carrossable. Sur la grand route, des dizaines de boîtes à lettres attestent de la présence de populations illégales, même pas recensées, entre 7 000 et 9 000 habitants soit une densité de 4700 habitants au km2. Autour du lac du volcan Dziani, l’un des plus beaux sites naturels de l’île, l’État ne parvient  pas à préserver les zones naturelles, les illégaux brûlant la terre pour tenter de cultiver, dans la caillasse, du manioc. Demain, même avec les plans de la politique de la ville en cours , ces zones de non-droit risquent de se transformer en quartiers chauds avec immeubles pour futures émeutes de la colère.

On peut  vouloir accepter d’entériner une telle politique d’immigration sans contrôle au nom du cosmopolitisme, on peut aussi vouloir les frontières ouvertes pour des raisons politiques, idéologiques, économiques (le patronat mahorais soutien de Macron, rêve de zone franche et se félicite de l’absence des contrôles qui lui permet de sous-payer tous les travailleurs mahorais). On a le droit de le faire mais alors il faut consacrer pour Mayotte comme pour la Guyane deux milliards d’euros en urgence.

Itinéraire des kwassas vers Mayotte

Itinéraire des kwassas vers Mayotte

La situation à Mayotte est plutôt simple. Quand un pays occupe illégalement un territoire par d’anciennes contorsions administratives et politiciennes, si on ne sait pas l’administrer, ou bien on rend ce territoire dans les règles ou bien on le défend. Certes, on peut aussi imaginer de repartir à zéro et de faire revoter tout l’archipel avec un comptage global des votes. C’est irréaliste mais  cela se transformerait pour nous en un bel hommage à un homme fou amoureux de ces terres, le soldat Bob Denard, le “sultan blanc des Comore”. Imaginons  les Comores, premier pays africain exprimant par un vote démocratique sa volonté d’être rattachées à la France et de vouloir être “recolonisées”. Que faire alors ? Mettre le “paquet”, débourser, construire à tout va et immédiatement écoles primaires et lycées, retenues collinaires et usines de dessalement, stades et équipements sportifs dans le cadre par exemple d’une inscription de Mayotte aux Jeux para-olympiques des Iles 2023, routes à quatre voies et périphériques de contournement, extension de l’aéroport. On recrute à tout va, avec primes défiscalisées pour l’attractivité de fonctionnaires compétents, ou bien on ferme tout simplement la pompe aspirante c’est-à-dire, on suspend immédiatement le droit du sol pour Mayotte, on augmente le coût des visas d’entrée, on déploie sur l’îlot de M’tsamboro, radars, vedettes et des forces réelles d’interception militaire accompagnées de moyens aériens sur l’aéroport de Mamoudzou. Ces actions s’accompagnent bien sûr d’une campagne d’expulsions massives des clandestins présents ,dans les règles mais avec fermeté. Une telle politique ne s’improvise pas, elle se déploie. Qui la fera une fois élu avant que la marmite n’explose démographiquement de par les équipements obsolètes de Mayotte ?
Bob Denard, le sultan blanc des Comores

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