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Kleptocratie française : un livre implacable pour les banquiers

Kleptocratie

Kleptocratie française : un livre implacable pour les banquiers

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Auran Derien, universitaire ♦

On ne se lassera jamais de lire – pour comprendre – les mécanismes de l’inhumanité en possession de l’occident et donc de la France. La finance mondialiste détruit tout. Là où elle s’installe le néant se répand. On appréciera donc ce livre qui, en quatre parties, nous expose la destruction d’un pays par des gangs bien organisés et des politiciens totalement vérolés.

Le système financier est une organisation de “criminels” en col blanc

L’auteur a bien étudié les travaux sur le “gangstérisme” financier. Elle a lu et compris les analyses de Jean-François Gayraud.

Le crime en col blanc présente trois caractéristiques:

  • l’origine sociale supérieure de ses auteurs ;
  • la nature non violente des crimes commis à l’occasion de l’exercice de leur profession ;
  • la très faible visibilité sociale et judiciaire de ces crimes, peu ou pas réprimés, ni d’ailleurs perçus comme socialement dangereux. Le crime en col blanc est difficile à prouver du fait de la complexité technique de la fraude, ainsi que des complicités multiples. Les victimes, très nombreuses, n’ont en général aucun rapport direct avec les coupables. Elles sont des victimes par ricochet et l’opacité des mécanismes de la finance favorise l’impunité. La législation ne permet pas de contenir ces pillages et, de manière volontaire, les tribunaux sont désarmés face aux multiples experts et relations des sociétés financières. Les limites spatio-temporelles des marchés financiers ne sont pas celles du politique….Les crises engendrées par les assassins en col blanc, dont celle des subprimes, sont les manifestations de crimes qui demeurent impunis.

Ensuite, les  financiers mondialistes accusent leurs victimes

Ils utilisent la méthodologie des sectes monothéistes : ils sont le bien, même s’ils mentent. Leurs victimes, des infidèles, sont coupables. Le cas de Jérome Kerviel sert de base à l’analyse de cette seconde partie. Il a été exécuté par un système mafieux, totalement pourri, en place dans les banques en général et à la Société Générale (S.G.) dans son cas particulier.

La S.G. est un conglomérat dans lequel se mêlent les pillards de la finance mondiale, ceux de la finance française et européenne, les polichinelles de l’État. Cela forme système, comme une secte ou une mafia, c’est d’ailleurs la même chose dans le monde du totalitarisme marchand. La Société Générale va accuser la victime, Jérôme Kerviel, d’être responsable à lui seul d’une perte de 4,9 milliards d’euros et d’avoir agi en trompant sa confiance, en manipulant des données informatiques et en détournant les systèmes de contrôle internes. Kerviel sera arrêté, placé en détention provisoire, jugé et condamné en 2010 puis en 2012.

Pour les factions en possession d’État, l’histoire est simple et se termine bien. Mais en fait, la S.G. avait été trompée par les “bankster” anglo-saxons qui lui avaient vendu des produits financiers pourris. La banque annonce pour 2007 une perte de 2 milliards d’euros dûe aux « subprimes » le jour où elle incrimine Kerviel pour 4,9 milliards de pertes.

L’auteur nous permet de mieux comprendre les relents fétides lâchés par ces criminels en col blanc jamais sanctionnés. Les questions importantes n’apparaissent pas: les pertes reprochées à Kerviel existent-elles vraiment? Pourquoi le juge a-t-il refusé systématiquement toute expertise indépendante de ces pertes? Pourquoi a–t-il choisi de croire sur parole la banque? Pourquoi la ministre Christine Lagarde a-t-elle fait verser à la banque un milliard 700 millions de dédommagement, alors que la condamnation de Jérôme Kerviel, qui était la condition de ce versement, n’était pas définitive? Pourquoi ce dédommagement a–t-il été versé alors que le défaut de surveillance de la banque sur son employé est attestée par l’organisme professionnel bancaire qui en est chargé, ce qui interdisait tout dédommagement de la part de l’Etat? Etc.

Enfin, tous les comptes publics, ceux de la sécurité sociale (problème étudié dans la troisième partie) ou ceux du Trésor (aspect analysé dans la quatrième partie) sont mis au service des voyous de la finance pour qu’ils puissent extorquer des sommes colossales à la population.

Le régime social des indépendants (RSI) a vu le jour en 2006 avec une architecture étrange en ce sens qu’une caisse nationale unique regroupe à la fois l’assurance maladie et l’assurance vieillesse. Les opérations concrètes (versement des prestations, recouvrement des cotisations) sont effectuées par 28 caisses régionales. Mais les commissaires au comptes ont toujours refusé de certifier les résultats publiés.

La caisse d’amortissement de la dette sociale (CADES) a été crée en 1996 pour prendre à sa charge la dette de la sécurité sociale. Elle émet des emprunts, surtout en devises (dollars), avec la garantie de l’État. Ils se font sur les pseudo-marchés dont les taux sont totalement manipulés comme l’ont prouvé les quelques sanctions bancaires, venues des USA, pour entente sur les taux du Libor et de l’Eurobor. La CADES enrichit donc les banques et leurs actionnaires, leur permettant de continuer à acheter le monde, à détruire des pays pendant que les  collabos étatiques augmentent les cotisations sur la population.

L’auteur explique aussi que la déprédation est rendue plus facile par la présence des mêmes petits voyous au sein des organismes de Sécurité Sociale, au gouvernement, aux conseils d’administration des sociétés financières qui aspirent les richesses du pays. L’argent des cotisants de la Sécurité Sociale engraisse des parasites installés dans des sociétés dont les dirigeants échappent à toute responsabilité car ils bénéficient de la bienveillance de l’Etat ; lorsque des pertes se produisent, personne n’est informé. Par exemple, le directeur des placements financiers du RSI est aussi administrateur d’une SICAV (Amundi Convertibles Euroland) intégrée à l’un des plus grands groupe de gestion d’actifs, AMUNDI, né de la fusion de ces activités à la Société Générale et au Crédit Agricole. La fusion a permis aux administrateurs des filiales d’échapper à toute curiosité…

Le monde bancaire est un collection de conglomérats pour lesquels, comme par hasard, il n’existe aucun registre. Si une loi antifraude de 2013 en prévoyait la création, les décrets d’application, autre hasard, n’ont jamais été publiés.

Personne ne veut lutter contre cet immonde totalitarisme. Il faudra qu’il s’écroule sous son propre poids, mais des siècles seront nécessaires pour reconstruire une civilisation dont seront absents  les Européens, victimes d’un génocide parfaitement planifié.

Eloïse Benhammou : Kleptocratie française. Le jardin des livres, 2016, 270 p., 21€.

  1. Robert41
    Robert4120 avril 2017

    Correctif au texte précédent merci
    Effectivement le livre d’Éloïse, Benhammou, est une véritable enquête d’utilité publique. On ne ressort pas indemne, après avoir lu son réquisitoire sur les bilans comptables et trafics d’influence des grandes banques internationales et nationales. Une emprise financière criminelle rackette chaque jour, dans la plus grande opacité, le butin social des français. Le Peuple s’imagine qu’il est défendu par celui que le suffrage universel a désigné ; en faites, les sermons de campagne sont oubliés dès que celui qui doit changer les choses, s’assoie sur le trône du précédent corrompu. Il y a un destin noir pour la représentation politique française. Cela est visible ; elle n’a plus de sens mais une servilité de complicités. Comment avoir foi dans des serviteurs de la pire espèce ? Aucun parti politique n’a été capable de réformer ce mal qui nous habite. Ce manque de franchise fomente intérieurement le danger de francs-tireurs qui ne seront pas force de vérité mais d’une partialité aussitôt remplacée par une autre. On voudrait que cette France se libère pendant quelques décennies de son poison des droits de l’Homme. Persister dans cette pensée livresque c’est nous condamner à envenimer nos existences à un modèle intenable. Notre faiblesse est l’outil que l’ennemi de la finance et du terrorisme utilisent pour nous piller ou nous tuer.

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