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Le duel Macron – Le Pen vu d’Espagne

El Manifiesto

Le duel Macron – Le Pen vu d’Espagne

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Javier R. Portella ♦

Il apparaît clairement que, si 20% du peuple Français souhaite défendre sa raison d’être, la raison d’être (ou de ne pas être) est quelque chose qui ne représente absolument rien pour 80% du même peuple

Et maintenant ? Quel état des lieux dresser après ce que l’on peut considérer à la fois comme une victoire et une déroute pour la force politique qui, en dépit de ses carences et défauts, représente actuellement en France l’unique possibilité d’en finir avec le système de la globalisation multiculturelle et apatride ?

Il y a eu une victoire. Il n’est certes pas négligeable de figurer au second tour des élections présidentielles, pas plus qu’il est anodin d’avoir mis en évidence que, malgré tout, il existe en France sept millions et demi de personnes qui se sentent concernées par le destin collectif de leur patrie (sept millions et demi, soit le meilleur score de toute l’histoire électorale du Front National). Résultat d’autant plus appréciable que l’ensemble des grands moyens de communication du Système n’a cessé un seul instant de malmener, insulter et défigurer le FN, comme à l’accoutumée. En effet, il suffit que les médias du Système recourent aux étiquettes habituelles telles que : “extrême-droite“, “xénophobes“, “racistes“, “fachos“, étiquettes certes usées jusqu’à la corde mais toujours efficaces, pour couper court à toute discussion auprès des masses et chez ce qu’il est convenu d’appeler le Peuple.
Mais il s’agit également d’une déroute. A moins d’un miracle assez peu probable, les jeux sont faits et Marine Le Pen n’a aucune chance de pouvoir s’imposer au second tour de l’élection face à l’homme du Système et de la Mondialisation. Tous les autres candidats, à l’exception de Mélenchon, se sont empressés d’enjoindre à leurs électeurs de voter pour Macron. Ceci nous promet d’assister le 7 Mai à un spectacle hautement divertissant : voir les progressistes et les électeurs de gauche voter pour le candidat des banques et du grand Capital (ou s’abstenir de voter afin de faciliter son élection) ; comme il sera tout aussi réjouissant de voir la droite éternelle (“la droite la plus bête du monde“, selon Alain de Benoist qui ne connaît sans doute pas très bien la droite espagnole), c’est-à-dire de voir les conservateurs, les réacs, ainsi que l’électorat catholique de Fillon voter pour le candidat qui a réussi à déclarer que “l’identité de la France n’existe pas” et qui, par conséquent, continuera d’appliquer la politique immigrationiste et apatride qu’un Fillon n’aurait certes pas manqué d’appliquer lui aussi, mais sans doute avec un peu plus de retenue.

Une déroute enfin, pour la simple et bonne raison que vient d’être clairement établi que si 20% du peuple français souhaite défendre sa raison d’être, la raison d’être (ou de ne pas être) est quelque chose qui ne représente absolument rien pour 80% du même peuple.

Otons nos œillères et reconnaissons que le peuple est ainsi fait – le peuple de France… pour ne pas parler des autres. Peut-être le moment est-il venu de nous demander s’il est très pertinent de continuer d’accorder autant de crédit que le font les populistes à cette entité qu’on appelle le “peuple” ; et à cette autre entité qui lui est habituellement associée : la démocratie.

(Traduit de l’espagnol par Lucas Navarro)

Source  : elmanifiesto.com, Avril 2017

  • Javier Portella est un écrivain, essayiste et politologue espagnol, notamment connu pour le lancement en 2002 du Manifeste contre la mort de l’Esprit

 

  1. Fortouna
    Fortouna26 avril 2017

    Vous confondez cher monsieur,20% d’électeurs avec 80% de la population française.Ce qui n’est pas du tout la même chose.Quant à la démocratie,c’est un hochet pour amuser le bébé.Elle n’a jamais éxisté même en Grèce à qui on lui donne la paternité.

    • Robert41
      Robert4130 avril 2017

      Tout à fait d’accord avec vous. La démocratie reste à inventer. Tout le monde en parle comme l’Arlésienne … Beaucoup de nos concitoyens, se font piégés parce qu’ils s’imaginent que le progrès technologique, si heureux soit-il ; leur donne dorénavant un sens à leur vie, une sensation démocratique d’exister. En faites, c’est du faux, du toc ; le progrès et la politique qui s’en prétend, permettent de tenir la masse, par le germe du narcissisme, vecteur de l’individualisme sauvage. D’ailleurs, le capitalisme financier, les banques, le grand patronat de l’industrie et des médias, en sont les maîtres. Ils contrôlent la France, puisque rien ne les obligent ; même pas les états, devenus simples exécutants … Dans ce monde restrictif, la démocratie ne peut exister. Pour s’en convaincre, ils suffit d’écouter la morale des riches et des corrompus. Leur réclame, leur chantage et leurs discours catastrophiques de changement d’ordres, seraient un effroyable chaos !!! – On comprend que c’est toujours une immense certitude monolithe, qui ne supporte pas l’idée même de souveraineté démocratique et pour cela ils sont prêts à déclencher une guerre mondiale comme cela c’est produit dans le passé. C’est pourquoi pour achever le terrorisme, il faudra aussi achever la barbarie financière de Wall Street qui alimente le terrorisme international et bien d’autres manipulations politiques et économiques.

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