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Macron : de l’enfant des Lumières à l’enfant du miracle

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Macron : de l’enfant des Lumières à l’enfant du miracle

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Yves-Marie Laulan, Président de l’Institut de Géopolitique des Populations ♦

Il avait dit qu’il le ferait et il l’a fait, avec un aplomb incroyable et une habileté consommée . Car l’enfant de la crèche est aussi l’élève des Jésuites. Il a eu beaucoup de chance aussi car François Fillon a fait le lit d’Emmanuel Macron. Il faut bien le reconnaître.

Dès lors, il ne fait aucun doute à ce jour qu’Emmanuel Macron sera le prochain président de la République française, quoi qu’en disent les plumitifs de service qui, faute de copie, versent des torrents d’encre pour conjurer l’horrible perspective de voir Marine Le Pen accéder à la magistrature suprême. Il faut bien entretenir le suspense. Elle n’a aucune chance d’y arriver.

Car notre chère Marine Le Pen, elle se fera, comme d’hab. , éliminer au 2ème tour après un superbe baroud d’honneur, de grandioses envolées sur l’impérieuse nécessité de rétablir l’indépendance et la souveraineté de notre grand pays, dont tout le monde se fout, tant qu’il n’y aura pas d’emplois.

Il est vrai que la chère créature n’a toujours rien compris au film, si on en croit son programme économique insensé, malgré les multiples avertissements généreusement prodigués de tous côtés.

Elle a finalement renoncé à proclamer sa décision de quitter unilatéralement l’euro dès son accession à la présidence au risque de plonger notre pays dans l’instant, privé de la béquille allemande, dans la plus grande confusion et la plus grave des crises des paiements. Auquel cas, l’infortunée Front National serait déclaré, du jour au lendemain, comme l’ennemi public numéro Un de la nation.

A titre de compromis, Marine, toujours elle, a dit qu’elle lancerait un référendum sur le même sujet , dès son accès à l’Elysée. Auquel cas, ou le référendum l’emporte et on se retrouve dans le cas précédent . Ou elle perd ce référendum suicidaire , auquel cas elle se trouve privée de toute légitimité politique dès le début de son mandat. Du beau travail. Il faut un énarque comme Florian Philippot pour imaginer des schémas aussi « abracadabrantesques » comme aurait dit Jacques Chirac en d’autres temps. A croire que nos élites politiques ne devraient pas , de temps à autre, se faire faire des implants de neurones pour rafraîchir le stock.

En fait, depuis sa création, le Front national est une superbe machine à faire gagner la droite, ou la gauche , selon les cas, au nom du slogan infaillible : « il faut faire barrage au fascisme ». Et ça marche à tous les coups. S’il n’existait pas, il faudrait l’inventer.

A vrai dire, qu’Emmanuel Macron soit miraculeusement sorti de la matrice épuisée du socialisme ne fait ni chaud ni froid. Tout ce qu’on lui demande est de relancer la croissance et de créer des emplois. Pour le reste, en s’en contrefout. Mais brament les médias relayant les gémissements des caciques de la droite menacés de perdre leurs sièges, c’est un échec terrible pour la droite classique. Et alors ? Cette droite , « la plus bête du monde » comme chacun sait, s’est montrée, en 30 ans, incapable de sortir la France de l’ornière. Alors autant changer de pilote et de politique . C’est en tous cas ce qu’ont décidé une bonne partie des électeurs, plus du quart pour l’instant.

Car si François Fillon avait gagné, avec son programme briqué au ripolin, il est infiniment probable qu’il n’aurait pu le mettre en œuvre, comme d’habitude. D’ailleurs son passé de Premier Ministre de Nicolas Sarkozy plaide difficilement en sa faveur. François Fillon est un personnage attachant et fort sympathique . Mais le moins qu’on puise en dire est qu’il manque de caractère, à part l’obstination dans l’erreur. La droite , chez nous, parvient au pouvoir avec un merveilleux programme et des tas de promesses, puis ne fait rien, ou si peu , pendant 5 ans , en incriminant le malheur des temps et les élections à venir.

En revanche, Emmanuel Macron est un véritable ovni dans le paysage de la politique française. Un objet non identifié , car Il ne ressemble à rien ni à personne , à commencer par sa vie privée. Car enfin se trouver à moins de 40 ans avec une épouse de 25 ans plus âgée que lui et dotée d’une bonne douzaine de petits enfants n’est pas banal. Imaginez un peu ce qu’aurait écrit la presse s’il s’était agi d’un homme de droite. Il a une famille proliférante de type mélanésien un joyeux mélimélo où personne ne sait trop qui est le père où la grand mère de qui, sans compter les tantes et les cousines. Mais sa qualité de socialiste sorti du sérail de François Hollande le protège des saillies des humoristes , enfin, pour l’instant. Par ailleurs, il s’agit d’ un socialiste du 3ème type qui a glané plusieurs millions d’euros en peu d’années à la banque Rothschild, comme en s’amusant, un socialiste de type caviar et escarpins vernis , comme François Hollande les aime.

Ceci étant, Macron ne peut que décevoir . Dans 6 mois au plus tard, il aura perdu son auréole d’Eliacin béni par Yahweh et sera critiqué de toutes parts. Surtout s’il tente, l’imprudent, de faire des réformes.

Car les Français réclament la réforme à pleins poumons, à condition, bien entendu, qu’elle ne les concerne pas, qu’elle ne les touche en aucune façon, qu’il s’agisse des salaires, des conditions de travail, de la Sécu, enfin de tout et de rien. La réforme, en France, c’est pour le voisin. Or le malheur veut que toute réforme, par définition, fait souffrir. Réformer, c’est nécessairement marcher sur les pieds de quelqu’un, surtout dans un pays hérissé de privilèges, de passe droits, de rentes de situation, de positions acquises, d’ acquis sociaux , comme cela est le cas chez nous, auxquels il est hors de question de toucher, sauf à risquer le sacrilège.

Certes, son ascension tient du prodige. Nous avons affaire à un spécialiste du blitskrieg politique ou plus exactement du parachutage derrière les lignes adverses. En trois ans construire une structure de toutes pièces de volontaires et de bénévoles à partir de rien, doté  d’un budget constitué par des dons est proprement stupéfiant. François Fillon aurait été mieux inspiré d’en faire autant plutôt que de laborieusement mettre à l’encan les membres de sa famille en profitant d’une tolérance administrative plus ou moins douteuse. Cela lui a coûté  cher. Il ne s’en est pas remis .

Ceci étant, cette promptitude a son revers. Il va lui manquer, une fois installé au pouvoir, la pyramide des relais indispensables pour conduire une action de long terme en profondeur au niveau des communes, des départements, des régions, des associations, etc. Ce n’est pas du haut de l’Elysée, qui constitue un terrible isoloir politique, que cette action pourra être menée à bien. Les moyens humains procurés par les sympathiques membres d’En Marche, risquent fort de ressembler , une fois l’enthousiasme retombé, à la Croisades des Innocents. Car une fois le soufflet reposé , la nature humaine va vite reprendre ses droits et les acteurs bénévoles du moment réclamer leur dû avec leurs exigences en termes de postes, d’influence, voire de récompenses plus matérielles. Le Verbe ne suffira pas. Il faudra le « faire chair » et trouver autre chose.

Le programme de Macron est d’un flou artistique ensorceleur. On y trouve de tout, comme à la Samaritaine. C’est une sorte d’Évangile syncrétique teinté d’optimisme , qui s’inspire de l’aphorisme de Jean Yann « tout le monde, il est beau , tout le monde il est gentil ». La France est un pays fraternel peuplé de peuples heureux, venus d’un peu partout. Oubliés le terrorisme, la menace extérieure .Les migrants sont les bienvenus dans une Europe ouverte à tous . Son discours fait à l’occasion, bon marché de l’histoire et de la géographie . La colonisation est un « crime contre l’humanité », comme la Shoa, pareil, et le Guyane vient de se détacher miraculeusement du continent sud- américain pour devenir une île. La foi qui, naguères, devait soulever des montagnes , transporte aujourd’hui des continents. Il suffit d’y croire.

Problème : les Marcheurs sont jeunes mais le pays est vieux et largement fossilisé. Or le problème français est largement connu .La France vit depuis 30 ans et plus au-delà de ses moyens comme en témoigne le lancinant et perpétuel déficit commercial et la pyramide de l’endettement public : trop de fonctionnaires improductifs ; trop de dépenses publiques inutiles ; trop de faux chômeurs ; trop de faux malades ; trop de congés et de loisirs et pas assez d’heures travaillées. C’est dans cette masse de privilèges multiformes qu’il va falloir tailler à la hache. Cela ne sera pas facile. II manquera au futur président le traumatisme de la fin de la guerre d’Algérie qui avait permis au Général de Gaulle de faire passer à la hussarde des réformes radicales et douloureuses, lesquelles qui lui auraient été interdites en période normale . La preuve : 10 plus tard, c’était l’échec du référendum de 1968 .
Ceci étant , on ne vote pas pour un programme , -les promesses électorales ne sont jamais appliquées-, mais pour un homme.

Emmanuel Macron est un personnage à part. Il est remarquablement intelligent, séduisant et obstiné. Mais surtout, il est orgueilleux . Il ne voudra, en aucun cas, passer dans l’histoire comme un président nul , le digne successeur de François Hollande, le président le plus nul de toute l’histoire de France. Son orgueil peut se révéler comme son principal atout pour réussir là où tant d’autres ont échoué. Mais cela suffira-t-il ?

  1. Yonna Liros
    Yonna Liros26 avril 2017

    La morphopsychologie nous dit déjà qu’Emmanuel Macron est une petite chose caractérielle, manipulable et incapable de décision. Disons que c’est un algorithme, une image de synthèse, un milliardaire issu des télécoms, un joueur de flûte programmé pour mener par le bout du nez « selzésseux » qui ne voient pas plus loin que le bout de ce nez. C’est le candidat de la Caste, le candidat des dominants et des puissants. C’est un libéral-libertaire qui conçoit la France comme une « start up » et ne rêve que d’abolition des frontières et des limites, des histoires et des filiations. C’est l’homme de la mondialisation, l’homme des flux migratoires, l’homme de la précarité universelle. Le chef de file des « progressistes » par opposition à ceux qui ne croient plus au progrès parce qu’ils ont constaté que celui-ci n’améliore plus, mais au contraire assombrit leur ordinaire quotidien.

  2. Robert41
    Robert4127 avril 2017

    Votre analyse est précieuse voir convaincante ; mais vous faites abstraction de cette masse de français anti-système. Elle ne veut plus de cette tête politique pourrie.
    Macron gagnera et après ? Déjà des mouvements sociaux montent de partout car les gens-d’en-bas et les sans-dent ne sont pas dupes. Nous allons avoir les mêmes faisans pour une même politique. Ceux qui en profitent et ceux qui sont ostracisés du droit d’un travail et d’équité sociale. Jugez-en par vous même : – Que dire à un ouvrier en métallurgie par exemple ou une employée, qui après quarante années de travail, est humilié d’une retraite de 850 euros à 1100 euros par mois ; alors que des individus ne voulant absolument pas travailler, bénéficient eux de 700 à 800 euros d’assistanat. Où est l’équité entre celui qui participe à un effort économique et social et l’autre qui justifie un choix d’existence par vice ? L’un c’est reposé pendant x années tandis que l’autre a fait sa part comme le colibri. Vous avez beau argumenter sur l’homme politique idoine pour ce pays de cocagne, la France est en faillite politique. Il n’y a pas de leader rassembleur mais une lutte des classes qui grandit. Ceux et celles qui ont bien profité du système devraient bien y réfléchir. On est capable dans notre société de tuer chaque année, près de 200.000 fœtus, par l’application de la légalisation de l’avortement ; alors pourquoi ne pas guillotiner 500 têtes pourries qui spolient notre République et notre démocratie depuis quelques décennies. Il n’y a pas que le terrorisme qui est dangereux, il y a aussi des trahisons politiques qui sont impardonnables. C’est-quoi ces hommes et femmes politiques capables de passer d’un Juppé à un Fillon et à un Macron … ? Croyez-moi, cette crasse politicienne n’a pas de conscience pour envoyer de jeunes français verser leur sang sur des zones de combat ou de faire tuer des policiers ou gendarmes en raison de mesures politiques absurdes. Cette tête pourrie a entraîné la France dans la servitude, l’endettement, l’invasion, l’humiliation. Basta !

  3. Creoff
    Creoff28 avril 2017

    LA différence de base entre JESUS et MACRON, c’est que JESUS lavait les pieds de ses disciples en guise d’humilité, MACRON nettoie ses mains et ses chaussures, salies de la boue de ses disciples

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