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Le FN est-il actuellement en état de gouverner ?

Marine Le Pen Honbre

Le FN est-il actuellement en état de gouverner ?

Nicolas Kirkitadze ♦

Amateurisme, peur de gagner ou volonté assumée de perdre ?

Le 25ème président de la République sera Emmanuel Macron. Il n’est plus permis d’en douter, après le calamiteux débat d’hier soir. Les chances de l’emporter, déjà minces, se sont évanouies pour Marine Le Pen, qui devra s’estimer heureuse si elle atteint 40 % des suffrages.

Amateurisme, peur de gagner ou volonté assumée de perdre ? La dernière hypothèse, si absurde et cynique soit-elle, n’est pas à négliger. Nous savons que Jean-Marie Le Pen souhaitait rester un tribun de la plèbe courant après le pouvoir sans jamais l’atteindre. Sa fille, quant à elle, veut le pouvoir, c’est indéniable. Mais peut-être le laisse-t-elle volontairement s’échapper de ses mains pour mieux le saisir plus tard… en 2022, par exemple.

Ce serait effectivement un choix sage. Car on ne peut pas dire que le FN est actuellement en état de gouverner. Sans ancrage local, rempli de cadres incompétents et condamnés, ce parti n’a pas encore achevé sa maturation. Obligée de composer une coalition, faute de majorité, Marine Le Pen n’aurait pas les mains libres et serait contrainte d’adoucir sensiblement sa feuille de route. Ses accomplissements se réduiraient ainsi à quelques mesurettes vite supprimées par son successeur.

Même en cas de majorité absolue, elle ne serait pas tirée d’affaire, face aux blocages de l’opposition et aux contestations susceptibles de se traduire en violences urbaines.

La banalisation du FN est limitée : ses opposants ne sont guère disposés à se laisser gouverner par ce parti, même s’il suscitait l’adhésion d’une majorité de Français.

Il ne suffit pas d’être au pouvoir pour gouverner

Les médias, l’administration, les grandes entreprises, les syndicats, les artistes et les lobbys constituent ce que l’on appelle la « société civile » ou, plus vulgairement, le Système : un État dans l’État, une machine si bien rodée qu’elle peut presque fonctionner seule, sans le pouvoir politique qui en est plus souvent vassal que suzerain.

Gagner maintenant serait perdre sur le long terme. Le nationalisme en sortirait discrédité pour trente ans. C’est 2022 qu’il faut viser, comme l’a suggéré Nigel Farage dans The Telegraph. Ce quinquennat doit plutôt être mis à profit pour s’ancrer au niveau local : conquérir villes, départements et régions, former un groupe parlementaire et recruter des cadres maîtrisant les sujets dont ils ont la charge, affûter le programme en adoptant une ligne idéologique claire. Ce, afin de donner aux Français l’image d’un mouvement sérieux, structuré et prêt à gouverner. C’est l’amateurisme et l’incompétence du FN qui effraient, plus que son passé « sulfureux ». La dédiabolisation doit laisser place à la présidentialisation.

Il nous faudra également « chevaucher le tigre », comme le préconisait Evola. Au lieu de conchier les médias, la haute fonction publique, l’intelligentsia et les syndicats, les patriotes feraient mieux d’y entrer et d’en devenir les fers de lance, afin de gagner ces milieux à nos idées pour que la « société civile » ne représente plus un obstacle en cas de victoire, mais soit au contraire le plus sûr allié. Plus facile à dire qu’à faire, j’en conviens. Cela représente un travail de dix ans, voire plus.

Mais, sans cela, sans cet effort collectif des patriotes, notre camp serait condamné à vaticiner éternellement sur un Grand Soir qui ne viendrait jamais.

  1. Robert41
    Robert416 mai 2017

    Oui, vous avez raison cette confrontation était du niveau du café du commerce. Marine n’a pas préparé suffisamment ce duel. On n’a pas ressenti une conviction avec ce débat, mais un bredouillage technico-économique favorable à Macron. Marine le sait, elle n’a pas été performante ; maintenant les français indécis s’abstiendront ou voteront Macron. Ce vieux réflexe qu’il faut mieux tenir que courir va décider du destin de la France. Macron gagnera certainement ; nous aurons de nouvelles providences mais une implacable continuité de la politique du traité de Lisbonne. Il faut quand-même le rappeler : – La France et l’Europe ne sont plus libres et indépendantes depuis qu’un certain Delors a fait tomber les barrières commerciales et les frontières fiscales. Cela a même dépassé l’objectif initial du marché unique. Une dérégulation des marchés financiers, voilà l’outil delorien qui a produit l’Europe d’aujourd’hui. Quoi qu’on en dise avec Sarkozy et Hollande ces petits télégraphistes, le véritable responsable de cette politique européenne dévastatrice pour la France et l’Europe, c’est l’économiste socialiste Jacques, Delors. Il était persuadé du bien fait de cette décision d’ouverture de l’Europe au marché mondial sans contrôle et sans filtre du qui fait quoi ! Ce qui explique une concurrence déloyale, une invasion économique à bas-coût, une main d’oeuvre consommable, le terrorisme politico-religieux, les délocalisations, la régression économique et bien d’autres faillites à venir. Fort de ce succès, salué par le capitalisme sauvage de Wall Street ; le long mandat de Jacques, Delors, a complété sa vision prométhéenne de l’Europe, par la signature des accords de Schengen, l’élargissement de l’Europe communautaire, l’adoption de l’Acte unique européen, la réforme de la PAC, la signature du traité de Maastricht, il n’hésite pas à vanter l’avantage de nouvelles intégrations européenne (La Turquie par exemple) … Delors n’a t-il pas déclaré que : L’euro nous apportera la paix, la prospérité, la compétitivité et rien que pour la France, la création de milliers d’emplois (sic) – Attention aux paroles des socialistes qui promettent un monde meilleur … Voilà de ce quoi Marine, Lepen, devait parler ; l’origine, la cause de toutes ces conséquences. D’ailleurs, un certain Mitterrand l’avait dénoncé bien avant : – Qu’il voulait une Europe des travailleurs et non une Europe marchande, une Europe des grandes affaires et une Europe des profits. Le point crucial de cette campagne présidentielle c’est la poursuite de cette politique européenne désastreuse, le retrait à l’anglaise ou une modification radicale de l’Europe politique, de la défense, de la sécurité, de la justice, du travail et de la liberté d’expression où la France fait partie des mauvais élèves lorsqu’il s’agit de la liberté non conventionnelle.

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