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Malgré sa progression en voix, les erreurs de Marine Le Pen

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Malgré sa progression en voix, les erreurs de Marine Le Pen

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Hervé Montbard ♦

Les résultats de l’élection présidentielle ont déçu les supporters de Marine Le Pen et tous ceux qui s’inquiètent de la dictature européïste et des dérives liées notamment au terrorisme.

Si les sondages lui accordaient 5 ou 6 points de plus, il apparait que les 10 millions et demi de voix qu’elle a récoltés montrent une progression nette du nombre des électeurs prêts à lui accorder leurs suffrages. On ne peut donc pas parler d’un échec total.

Comment pouvait-elle espérer beaucoup mieux ?

Elle avait affaire à une coalition hétéroclite, puissante et organisée. Toutes les institutions morales et intellectuelles se sont liguées contre elle : la quasi-totalité des médias, les leaders politiques, les syndicats, les autorités religieuses (catholiques, protestantes, musulmanes et même juives), les loges maçonniques, les responsables universitaires, l’éducation nationale, le MEDEF….

Et puis, devant des sondages qui donnaient 20 points d’avance à Emmanuel Macron, bien d’électeurs potentiels en sa faveur ont fait le choix en ce long week-end ensoleillé de partir se promener ou … d’aller à la pêche.

Mais la candidate des Patriotes a fait des erreurs :

1. Assurée par les sondages d’être qualifiée pour le second tour, elle a oublié de s’adresser prioritairement à ses propres électeurs, faisant, dès le mois de février, une campagne de second tour. Ainsi, elle n’est arrivée qu’en deuxième position à l’issue du premier tour, ce qui n’a pas entraîné l’effet d’entrainement que cette position produit le plus souvent.

2. Influencée par ses conseillers, elle s’est adressée aux 55% d’électeurs qui ont voté contre la constitution européenne en 2005. Mais, elle a oublié que le corps électoral a évolué en 12 ans. Il concernait 41 700 000 électeurs en 2005 et 47 600 000 en 2017 soit 6 millions de de plus. Sans compter les 6 millions de personnes décédées. Ce sont donc 12 millions d’électeurs nouveaux soit 25% du corps électoral qui, en quelque sorte, n’étaient pas concernés par cette démarche.

3. Son appel aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon n’était pas pertinent. Elle s’est adressée à des personnes pour lesquelles le Front National est infréquentable. Ce sont des mondialistes, qui ne peuvent que s’opposer à des patriotes et ils sont pour la plupart très proche de l’extrême gauche. C’est mal les connaitre que de vouloir les « débaucher ».. De plus, cette posture ne pouvait qu’inquiéter les électeurs de la droite qui ont du mal à mêler leurs voix à celle des partisans de la France Insoumise et qui s’inquiétaient de l’éventualité de la sortie de l’Euro et des modifications de l’Union Européenne.

4. L’alliance avec Nicolas Dupont-Aignan n’a pas été aussi efficace qu’elle aurait dû l’être. Les accommodements et les modifications de son programme annoncés dans les derniers jours de la campagne électorale ont été trop tardifs et surtout ils l’ont à l’évidence déstabilisée. L’électeur moyen a eu du mal à tout comprendre, notamment sur ce qui concernait l’Euro et la Communauté Européenne. Les journalistes ne l’ont pas aidée en affirmant faussement ne plus rien comprendre.

5. Le débat télévisé du 3 mai a été mal mené. Son entourage l’a mal conseillée. Elle voulait, à la manière de Donald Trump, déstabiliser son concurrent, l’amener à s’énerver, voir même à le faire quitter le plateau. Une analyse psychologique plus pointue d’Emmanuel Macron lui aurait permis d’éviter d’agir ainsi. On ne pousse pas un psychorigide dans ses retranchements. Persuadé d’incarner La Vérité, il n’écoute pas ses interlocuteurs et ce qu’ils peuvent lui dire ne le touche pas. Devant un tel personnage, il fallait tenter innocemment de le faire se contredire, de le mettre devant ses erreurs et ses oublis. L’avis d’un psychologue, d’un comportementaliste lui aurait été utile. Que n’a-t-elle insisté sur les liens de son adversaire avec les islamistes, sur ses silences concernant la lutte contre le terrorisme, sur ses déclarations concernant l’Europe ou la politique étrangère en reprenant ses déclarations et lui demandant de s’expliquer? Mais aller prendre, pour cette intervention télévisée, son inspiration aux États-Unis parait paradoxal compte-tenu du souverainisme affiché.

Il est important que les conseillers d’un candidat à la plus haute fonction de l’État soient des personnes compétentes et avisées. J’imagine que ce n’était pas le cas pour elle.

C’est ainsi qu’Emmanuel Macron devint grand…

Illustration : Marine Le Pen votant pour les présidentielles (capture d’écran).
  1. Gérard Henri
    Gérard Henri12 mai 2017

    Jamais compris pourquoi les gens votent Le Pen ! Ils croient qu’elle sera plus déterminée et plus tranchée peut-être , plus anti-immigration ?! Comme les gens qui votent à gauche qui croient que c’est mieux pour le social , car dans socialisme , il y a ” social ” !! On voit pas la logique et le rationnel …. Il est vrai que le centre -droit au pouvoir , pour avoir la paix , fait dans l’eau tiède (umps !) … Cette attitude semble dépassée maintenant ,témoin le plan FILLON …..Mais les gens n’y ont pas cru …. On va vite voir si Macron pourra appliquer les quelques points majeurs de Fillon ….? !!

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