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Les déconvenues de François Bayrou : cocu mais pas content !

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Les déconvenues de François Bayrou : cocu mais pas content !

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Hervé Montbard ♦

Après la présentation officielle des 428 premières investitures de “La République En Marche“, François Bayrou, très remonté, qui a rejoint Emmanuel Macron dès le 22 février dernier n’a pas hésité à ruer dans les brancards. Pour lui, le compte de son soutien n’y est pas ! Le lendemain, il annonce qu’un accord est trouvé. Il est immédiatement démenti par Richard Ferrand, le secrétaire général de “La République en Marche“.

François Bayrou est un vieux routier de la politique. Il a rejoint Emmanuel Macron parce qu’il ne voulait pas obtenir un score dérisoire à l’élection présidentielle et n’avait probablement ni les finances nécessaires, ni même l’équipe indispensable à une telle équipée. Il avait espéré se ranger derrière Alain Juppé, mais l’échec de ce dernier à la primaire de la droite et du centre puis probablement l’accueil peu enthousiaste de François Fillon l’ont amené à se rapprocher du candidat d’”En Marche”. Après tout, en 2007, il n’avait pas hésité avant le second tour, à tenter une manœuvre d’approche en direction de Ségolène Royal, et en 2012, il avait soutenu François Hollande. Autant dire que le centre qu’incarne Bayrou, penche vers les socialistes, c’est ce qu’on peut appeler le centre très à gauche. A moins que ce soit le centre qui cherche à exister.

Un naïf à la manœuvre

Mais un vieux routier de la politique ne devrait pas être naïf. Il ne devrait pas croire aux engagements des partenaires. Emmanuel Macron avait besoin du Modem pour passer le premier tour : l’annonce de l’arrivée de Bayrou lui a permis de gagner immédiatement 4 ou 5 points dans les sondages, et elle est intervenue fort opportunément, à un moment où ses déclarations en Algérie sur la colonisation « crime contre l’humanité » étaient à l’origine d’une controverse que ce ralliement a permis d’occulter.

Bayrou a-t-il imaginé ne serait-ce qu’un moment que la candidature de Macron et la construction d’”En Marche” étaient autre chose qu’une entreprise de sauvetage des socialistes, bien mal embarqués après cinq ans de François Hollande ? Beaucoup – et Bayrou avec eux – se rendent compte bien tardivement que les candidats adoubés par la commission électorale du mouvement macroniste sont en fait d’authentiques membres ou anciens membres du PS, le plus souvent en services commandés. Et le critère très subjectif mis en évidence pour choisir ces candidats est celui de la compétence. Compétents comme Christian Gerin  accusé de lancer des messages antisémites, compétents ceux qui ont satisfait à tous les critères mais qui affirment ne pas être candidats comme Mourad Boudjellal, Francois Pupponi et une dizaine d’autres… C’est une commission pas très douée.

Que faire des centristes ?

François Bayrou veut exister mais il ne sait pas exister. Aujourd’hui, Emmanuel Macron n’a plus besoin de lui. Tout au plus lui promettra-t-il un ministère ou un secrétariat d’État, et accordera-t-il au Modem quelques investitures aux législatives. Le Modem souhaite avoir un groupe parlementaire mais cela n’intéressera pas Macron et ses amis. Ce qui les intéresse, c’est de fracturer “Les Républicains” en récupérant certains d’entre eux tels Alain Juppé, Bruno Lemaire ou Nathalie Kociusko-Morizet. La République en Marche sera un nouveau Parti Social-Démocrate à la fois hyperlibéral et libertaire. Quant au PS, il survivra mais deviendra probablement une force d’appoint à l’extrême gauche. Et ce PSD n’a pas besoin du Modem qui sera au pire un rival et au mieux un gêneur.

Les jours qui viennent confirmeront peut-être cette analyse et Bayrou, cocu, sera alors bien mécontent, mais il aura le sort de ceux qui ne savent pas analyser les situations politiques. C’est ce qui a marqué la totalité de son parcours jusqu’ici. Mais les jours qui viennent me détromperont peut-être… J’en prends cependant le risque.

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