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Que peut faire Emmanuel Macron pour la France ?

EMMANUEL MACRON EN MARCHE

Que peut faire Emmanuel Macron pour la France ?

Yves-Marie Laulan, Président de l’Institut de Géopolitique des Populations ♦

Que peut faire Emmanuel Macron pour la France ? Maintenant que les flonflons sont éteints et les symboles prégnants fixés sur la pellicule pour l’éternité, il va lui falloir abandonner son nuage rose et revenir sur terre. Que peut faire notre nouveau président que ses prédécesseurs ont bien été incapables de faire ?

1° L’état de la France

La France est un pays profondément mécontent, crispé, méfiant (on lui a tellement raconté de balivernes), volontiers replié sur lui -même, Incertain de ses capacités.
D’évidence, la première chose est de rétablir la confiance, l’espoir, l’ambition, le goût de la prise de risque.
C’est très exactement le programme d’Emmanuel Macron. Le facteur psychologique est capital. Mais ce n’est pas suffisant. Car ce capital s’épuise vite. Il va lui falloir engranger des résultats concrets très rapidement.
Or, le redressement de la France, si redressement il y a, demandera, au minimum, 2 ans pour en percevoir les premiers effets et 5 ans au mieux .

2° La marge de manœuvre  est extraordinairement étroite

Tous les indicateurs sont en berne comme en témoignent les chiffres suivants :

– impôts et prélèvements obligatoires : 56 % du PNB
– dépense publique : 57,5 % du PIB (largement due à hauteur de 70 % aux prestations sociales et aux transferts sociaux)
– déficit budgétaire : 71,1 milliards
– déficit commercial : 48 milliards
–  chômage (au beau fixe) : 9,6 % de la population, soit 3,47 millions de chômeurs
– croissance léthargique ; 1,1 % par an (chiffre 2016)
– endettement : 2170 milliards (98 % du PNB)

Il est difficile de faire mieux. Mais « il a de la chance » (ce que disait Napoléon d’un général susceptible d’être promu) : la conjoncture internationale se redresse et lui sera favorable. ( cf le rapport Galois)

3° Les deux plaies de l’économie française depuis plus de 30 ans sont :

– Un Code du Travail « étrangleur » qui asphyxie les entreprises , notamment les plus petites, plus faibles et les plus vulnérables,
– Des dépenses publiques d’un volume extravagant depuis plusieurs décennies qui provoquent le gonflement rapide de l‘endettement par le biais de déficits répétitifs. En d’autres termes, l’État dépense beaucoup trop et mal : fonctionnaires en surnombre. Sécurité sociale, etc. etc.
Pour compléter le tableau, il n’y a pas assez d’heures travaillées (35 h, congés interminables et trop fréquents , etc.  etc.)

4° Le premier point est susceptible de réforme rapide, si le président arrive à surmonter le barrage des syndicats prêts à se mobiliser au moindre signe. Car , en fait, cette réforme consiste ni plus ni moins à leur « arracher les crocs » . Or ils tiennent à leurs dents . C’est le seul moyen pour eux d’exister, de faire les importants , de parader sur les écrans etc.

Le second est infiniment plus délicat, voire impossible. Car comment réduire le nombre des fonctionnaires sans gonfler dans l’instant le coût des retraites et augmenter le volume du chômage ? Un préalable est de faire redémarrer l’économie française.

5° Un dernier point est de savoir où et comment dégager de l’argent public pour les réformes, nécessaires certes, mais coûteuses , notamment en matière de formation et d’ éducation. Il s’agit d’un investissement humain qui ne rapporte qu’à long terme. En attendant , Il faudra le financer. Ou trouver les économies ?

De quelques côtés que “En Marche” va se tourner , il va se heurter immanquablement à des plafonds de verres successifs. Ce n’est pas un président qu’il nous faudra mais un prestidigitateur.

Il va peut-être découvrir qu’il est plus facile de se faire élire Président de la République « à la hussarde » que de révolutionner paisiblement notre « cher et vieux pays » perclus de douleurs et de rhumatismes.  Enfin, on verra.

Emmanuel Macron a réussi un joli coup en nommant à Matignon un Premier Ministre gaullien , au moins par la taille. Le reste suivra-t-il ?

  1. Georges Hari
    Georges Hari16 mai 2017

    … Que la réduction du nombre de fonctionnaires augmente au moins dans l’instant le nombre de chômeurs, bien sûr, mais que cette réduction “gonfle le coût des retraites” on ne voit pas bien ce que cela veut dire. Lapalissade sans intérêt ? Le versement de retraites prématurées se substituent à des salaires plus élevés, non ? Merci d’expliquer.

  2. Jean Douaire
    Jean Douaire17 mai 2017

    D’un général susceptible d’être promu, Napoléon disait « A-t-il de la chance ? » (sous-entendu : habituellement), et non pas « Il a de la chance ».

  3. Yves Dona
    Yves Dona17 mai 2017

    Au début, on lit à côté de la date : 0 commentaire.
    Plus bas : 2 commentaires
    Enfin, on trouve 1 commentaire.
    Votre logiciel déconne ou c’est le modérateur ?

    • Jean-Pierre Toni
      Jean-Pierre Toni19 mai 2017

      La rédaction : le modérateur n’intervient pas dans le calcul du nombre de commentaires.

  4. Jean Laure
    Jean Laure20 mai 2017

    Dans la rubrique « L’état de la France », M. Laulan oublie de nous dire quel peut être l’avenir d’une ethnie qui se reproduit de moins en moins et s’évapore de plus en plus vite.

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