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Macron : les médias ont réinventé la cour de Versailles

Versailles Chateau Jardins

Macron : les médias ont réinventé la cour de Versailles

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Jean Ansar, journaliste ♦

La flagornerie en continu, niveau zéro du commentaire journalistique

Les informations audiovisuelles notamment sur les chaînes en continu se résument depuis des semaines en un éloge  du candidat Macron puis du Président puis de son gouvernement.

C’est de la propagande incessante sous sa forme la plus démocratique et médiatique, la flagornerie. C’est pire qu’au temps de Balladur.
Les journalistes sont devenus des courtisans fiers de l’être et se sont installés avec délectation dans une sorte de Versailles médiatique. Ils suivent leur élu souverain, pas à pas dans une admiration sans nuances. On sait tout de lui et de sa Pompadour. On l’admire quand il va au marché ou se rend aux cotés des troupes. On se battrait pour être de sa cours à ses cotés et obtenir un sourire, une approbation.

Le monarque républicain a donc sa cours médiatique qui l’isole du peuple et tente de l’influencer pour imposer une vision du monde qui est en fait une justification de ses usages et mœurs.

On en est pas encore à tenter d’obtenir une place au lever du roi pour avoir l’ insigne honneur d’annoncer aux autres qui attendent avec impatience le verdict que les selles sont saines, mais on et sur la bonne voie.

On connait la formule qui décrit le comportement de la presse, « on lèche, on lâche, on lynche »… Pour le moment, on est dans une période de lèche assez inégalée.

La multiplication des chaînes de télé qui disent toutes la même chose au même moment ajoute à l’impression de servilité médiatique qui touche également le premier ministre et certains membres du gouvernement.

Cette propagande est présentée comme de l’information. Une information orientée en apologie de l’exécutif et qui occulte tout le reste. L’actualité est réduite à la portion congrue pour permettre la multiplication d’éditions spéciales consacrées aux pas du créateur d’En marche.

On n’est pas loin de l’overdose, surtout si on y ajoute les dizaines de Une des magazines qui font de la politique people, L’obs ressemblant comme jamais à Closer.

Macron a créé une nouvelle classe de courtisans. Il a droit à un triomphe médiatique et pour le moment personne ou presque n’est sur son char pour lui susurrer dans l oreille « rappelle toi que tu n’es qu’un élu par défaut ».

Macron saura-t-il ne pas écouter les sirènes de la flagornerie journalistique pour tendre l’oreille vers le peuple ? Ce ne sera pas facile pour lui de s’échapper de ce Versailles virtuel pour présider dans le monde réel, sans se contenter d’être le roi des grenouilles du marais médiatique.

  1. Robert41
    Robert4122 mai 2017

    Votre regard sur cette gesticulation médiatique, ne fait que renforcer la distance à prendre, avec la propagande télévisuelle actuelle. Depuis trop longtemps, ce qui devrait être ouvert à la diversité et l’esprit démocratique (enfin, s’il existe …) et en faites, un consommé de surreprésentation qui grandit d’un arbitraire politique, comportemental (fait ce que je te dis de faire) et idéologique. Cela a été patent avec Hollande et persistera sans doute avec Macron. Ce n’est pas parce qu’un pouvoir politique a été légitimé, que la radiodiffusion française doit être une chasse gardée du pouvoir. Normalement, un État qui se veut démocratique s’abstient d’intervenir dans l’analyse de l’information. Celle-ci doit rester libre, indépendante, recoupée, contredite, attaquée pénalement si nécessaire et non devenir un licenciement, comme le responsable de la météo de France-télévisions, Philippe, Verdier, l’a connu et bien d’autres. En quelques décennies, la télévision française a été dégradée, surtout par la politique de la communication (Sarkozy-Hollande) mais aussi, par l’emprise du marché, dont le seul souci : – C’est l’indice d’écoute. Ce curseur qui fait et défait une émission sur la peinture par exemple ; un censeur qui permet de vendre : – La réclame au préjudice de l’émission en cours de diffusion, de normaliser l’argent facilement gagné par un jeu stupide, mais aussi par un accouchement d’exhibitions et de confessions personnelles qui devrait rester privé. Là encore, le libéralisme décomplexé est un facteur aggravant. Il est le moteur de la dégradation de l’être humain et surtout sur les jeunes cerveaux qui subissent : Violence, abjections humaines et plus insidieusement un immobilisme comportemental dévastateur. La télévision française n’est plus culturelle ; elle est devenue une appétence malsaine, pour les séries américaines et les mauvais copié-collé français d’imitation. C’est devenue une monstruosité libidineuse, infantilisée, perverse parfois mais aussi, un concentré de juges-flics hors-pair ; quand certains animateurs décident d’eux-mêmes, sur une chaîne payée par la redevance télévisuelle, d’ostraciser un corpus : – Qu’il soit politique, d’écriture ou musical. C’est l’insupportable “Pensée unique” qu’a dénoncé AdB qui fait un mal fou au droit à la diversité démocratique ; ce qui explique que nous voyons toujours les mêmes têtes, une communauté indispensable et les mêmes spécialistes pour encadrer toutes communications. Le meilleur choix avec cette emprise, c’est de boycotter en éteignant son poste. Il y a tellement d’autres occupations à pratiquer que c’est une ineptie que de vouloir persister à regarder un corps malade. Il y a tout à repenser de l’intrusion télévisée dans notre société et nos vies. Heureusement internet permet encore ce choix.

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