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La fin du nationalisme français. Pour un état fédéral européen des patries charnelles

Europe Racines Charnelles

La fin du nationalisme français. Pour un état fédéral européen des patries charnelles

Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦

« Notre monde [européen] ne sera pas sauvé par des savants aveugles ou des érudits blasés. Il sera sauvé par des poètes et des combattants,par ceux qui auront forgé l’épée magique dont parlait Ernst Jünger, l’épée spirituelle qui fait pâlir les monstres et les tyrans. » Dominique Venner : Histoire et tradition des Européens.

Nous ne sommes pas intervenus durant toute la durée du second tour, laissant les lecteurs  de Metamag libres de leur choix. Il nous faut maintenant reprendre la parole.

Concernant le fiasco de Marine Le Pen lors du débat du 2ème tour, on peut s’interroger.

A-t-elle voulu tout simplement saboter ses chances de faire un très bon score pour des raisons occultes et négociées ?  Ce parti sous cellophane n’a-t-il pas toujours été qu’une entreprise commerciale et familiale très lucrative.  Et si Marine le Pen n’avait été en fait que l’ennemi en chef du nationalisme français ?

2017 fut en tout cas l’élection de toutes les déceptions mais surtout et enfin, l’élection qui décille : le Front National, construction en partie du tandem Mitterrand-Le Pen n’a-t-il pas en définitive depuis toujours été le leurre concerté de l’anti-système français qui  entrait par la porte de derrière à l’Elysée ?

On se souvient de la trouble réaction de Jean-Marie le Pen le soir de 2002. Écoutant les résultats et n’en croyant pas ses yeux, il avait semblé psychologiquement et en quelques instants vouloir se défiler comme s’il savait alors que son entreprise n’était que d’opposition mais pas de gouvernement.

Avec Marine Le Pen, le naufrage du nationalisme est plus direct, plus consternant avec les reniements sociétaux constants, la chasse aux sorcières interne. Ainsi, de nombreux militants sincères et dévoués furent piégés par la farce contestataire au prix souvent de carrières professionnelles brisées, de vies familiales sacrifiées, d’études interrompues ou remises en question, d’un vrai gâchis intellectuel dont Julien Rochedy, ancien responsable du FNJ témoigna un jour.

Le Front national a-t-il déjà perdu les législatives ?

Si le Président le plus jeune de la Vème République a été élu avec plus de 65% des voix, il l’a été aussi avec une abstention jamais vue pour un second tour d’élection présidentielle depuis 1969. Parmi les 88,48 % de suffrages exprimés, tous n’ont donc pas choisi, loin s’en faut, entre le candidat d’En Marche! et Marine Le Pen. Plus d’un Français sur trois a refusé de choisir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Au Front, la campagne pour les législatives s’est ouverte dans une atmosphère délétère de découragement qui sera fatale à une opposition législative réelle. Il est même probable que, bénéficiant de sa dynamique, Macron obtienne la majorité, ce qui serait  un comble dans la situation électorale présente. Dans les allées du pouvoir, on jubile en donnant un signe clair à l’opinion publique : le pouvoir, c’est d’abord et avant tout la force.

Malgré l’échec cuisant du 7 mai, le Front National veut encore faire croire à un grand succès aux législatives, en promettant l’élection de plusieurs dizaines de députés, la constitution d’un puissant groupe parlementaire. Or, on ne peut qu’espérer tactiquement une large victoire du groupe de Jean-Luc Mélenchon et de la France Insoumise. En tout cas, le camp souverainiste prend eau de toutes parts.  L’électorat du Front national se retrouve démobilisé, démotivé, découragé, écœuré. On ne voit poindre aucune remise en question. Marine Le Pen a été battue dans toutes les régions, dans tous les territoires ultra-marins, dans tous les départements, à l’exception de l’Aisne et du Pas-de-Calais, dans toutes les grandes villes où Macron obtient en général entre 80 et 90 %, dans quasiment toutes les villes moyennes.

Les optimistes insisteront  sur le fait que Marine Le Pen a progressé de douze points et de près de trois millions de voix entre les deux tours. C’est oublier que son concurrent augmentait, lui, son score de 42 points et engrangeait douze millions de voix supplémentaires d’un tour à l’autre. En fait, avec Emmanuel Macron l’oligarchie a montré qu’elle était capable de mettre en avant un homme jeune, souriant et affable.

En fait, le Front National n’est en définitive qu’une illusion, celle d’un néo-patriotisme ringard, de l’archéo-nationalisme, comme si on nous avait refait en pire les années  intellectuelles de Maurras.

Il faut  que l’on comprenne deux choses

Premièrement, on ne peut compter sur l’imposture électorale pour refaire la France ou briser le système.

Deuxièmement, le problème n’est pas la France mais l’Europe.

C’est pour un État fédéral européen des patries charnelles qu’il faut se battre.  Le Front national a une lourde responsabilité historique, celle d’avoir amplifié dans l’opinion notre retard dans le combat européen en incitant toute la mouvance conservatrice à lâcher prise sur l’Europe, à se laisser envahir par les effets du poison chauviniste, à laisser de côté, en suivant la ligne anti-euro de Philippot, l’urgence du combat européen au nom de l’opium républicain ou du vieux contrat social rousseauiste alors que c’est d’un nouveau contrat, d’un contrat fédéral proudhonien à l’échelle européenne qu’il nous faut.

On ne peut pas défendre la France en se couchant et en rampant à la pêche aux voix du politiquement correct mais en construisant un grand État fédéral à dimension mondiale : un vrai État européen. Le néo-chauvinisme frontiste était en ce sens dès le début une tromperie car il a consisté, dans les faits, à dévier sciemment l’élan européen.

Seul, le fédéralisme européen, distinct de l’unionisme en vigueur, pourra refaire vivre les terroirs, les régions et les nations d’hier d’une manière organique en respectant les particularités locales, les régions, les pays tout en combattant les communautés hors sol, les communautés transnationales dont les intérêts ne se confondent pas avec ceux de l’Europe millénaire mais au contraire s’y opposent .

Fondons donc au plus vite le grand mouvement européen qui manque à la France et défendons fermement contre Merckel et Macron, son nouveau chihuahua, la nouvelle ligne continentale de Višegrad.

Illustration : une Europe aux racines charnelles
  1. Lilou35
    Lilou3524 mai 2017

    Le problème n’est pas l’Europe mais ceux qui ont voulue l’unir, comment peut on unir des peuples qui ne se se comprennent pas ?

  2. Momo
    Momo24 mai 2017

    Le FN pour l’instant ne sert que de repoussoir pour faire élire ceux qui restent en lice contre lui !
    un peut le role que jouait avant le parti communiste; on votait pour lui pour sonner l’alarme sur des problémes réels en ne le voulant pas au pouvoir! (et ils avait des responsables plus compéttants sans etre d’accord avec eux!);Avant de parler d’état fédéral il faudrait que tous les états européens participent aux charges militaires de défense de la France ;(chantage à faire)pour ce qui est de l’éléction à 25% des votants pour Macron grande réussite des officines de communication mondialistes; dés le début de l’année après étude de la sociologie française le candidat Macron en audience faible dans les « quartiers » ( Ministre sortant ;financier de la banque Rohtschild;position ambigu sur la Palestine, sans idéologie « anti colonialiste »affirmée ) la mise maxi semblait etre pour l »anti colonialiste populiste Mélenchon face au « repoussoir »FN qui pouvait le propulser au 2em Tour ;obligation de lui grappiller quelque % nécessaires (3% suffirons qui le feront baisser et hisser le premier Macron au 2 em tour et meme passer devant FN ;choix de la tournée en Algérie bien orchestrée avec déclaration forte et ciblée pour un futur chef de l’Etat Français ! qui n’aura aucun scrupule à congratuler le 8 Mai les anciens combattants en majorité (vu les ages)de la guerre d’Algérie .Bien joué mais dit un proverbe Maghrébin « après la Baraka gare à la Scoumoune ! »

  3. ARONDEL
    ARONDEL25 mai 2017

    Les partisans du fédéralisme paneuropéen représentent 1% des Européens environ (Hubert Védrine) et ces derniers sont essentiellement des libéraux-libertaires. Le courant que vous représentez est quasi inexistant; il s’agite en vain depuis 50 ans, sans aucun succès tandis que les nationalismes progressent beaucoup en Europe, surtout au centre et à l’est. L’idée d’une Europe fédérale enracinée dans ses spécificités locales est véhiculée par une poignée d’idéologues qui se refusent à prendre en compte le fait qu’il n’y a ni peuple européen , ni nation européenne, ni culture européenne. Il y a par contre des nations, des cultures et des peuples européens qui ont une réelle parenté mais qui sont également très différents les uns des autres.La nécessaire association des peuples européens ne peut être qu’une association la plus étroite possible entre Etats européens.La ”nouvelle droite” a cru dans l’Union Européenne et elle s’est profondément trompée à son sujet; Alain de Benoist admet d’ailleurs désormais, du bout des lèvres parce qu’il est difficile de reconnaître que l’on s’est trompé pendant si longtemps, que l’Etat européen ce n’est pas pour demain ni même pour après-demain. Les militants du fédéralisme européen enraciné perdent leur temps parce que, partout en Europe, y compris en Allemagne désormais, les Européens qui ressentent le besoin de se ré-enraciner ne se tournent pas vers une culture européenne inexistante mais , essentiellement, vers les cultures nationales et, de manière beaucoup plus limitée, vers quelques cultures régionales (Ecosse, Flandres, Corse, Pays Basque, Catalogne). Il n’y a pas d’enthousiasme européiste, hormis dans le camp libéral-libertaire.

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