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On a découvert « Le premier de notre espèce », il a 300 000 ans

Archeologie Maroc Machoire

On a découvert « Le premier de notre espèce », il a 300 000 ans

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Rachel Mulot* ♦

Les découvertes du site de Jebel Irhoud au Maroc font reculer de 100 000 ans les origines de notre espèce. Homo sapiens, l’homme moderne, était présent il y a 300 000 ans, dans le « Sahara vert » qu’était alors l’Afrique, à la faveur de modifications comportementales et biologiques.

Les manuels de préhistoire n’écriront plus que “notre espèce, Homo sapiens, est née en Afrique de l’Est il y a environ 200 000 ans ”. Cette vision, appuyée par quelques fossiles et surtout les travaux des généticiens depuis trente ans vient d’être pulvérisée par une équipe internationale conduite par Jean-Jacques Hublin, professeur invité de la chaire internationale de paléoanthropologie au Collège de France , également professeur à l’Institut Max Planck d’Anthropologie Évolutionnaire (Leipzig, Allemagne) et Abdelouahed ben-Ncer, de l’Institut national d’Archéologie et du Patrimoine (INSAP).

Un nouveau scénario évolutif

Les Homo sapiens étaient en effet présents il y a 300 000 ans en Afrique du Nord, un âge de 100 000 ans supérieur à celui des plus anciens H. sapiens connus jusqu’alors selon deux articles publiés dans la revue Nature. “Cette découverte implique un scénario évolutif complexe de notre humanité qui englobe l’ensemble du continent africain” assurent les découvreurs.

Pendant longtemps, il y aurait ainsi eu plusieurs espèces d'hommes à travers le monde.

Pendant longtemps, il y aurait ainsi eu plusieurs espèces d’hommes à travers le monde.

Les chercheurs marocains, allemands et français ont mis au jour des fossiles d’Homo sapiens primitifs associés à des outils de pierre de petite taille et de restes de faunes. L’âge de ces découvertes se situe autour de -300 000 ans selon les travaux du géochronologiste Daniel Richter et met fin à des décennies de controverses. Les premières datations du site de Jebel Irhoud, connu depuis les années 60 mais ravagé par des décennies d’exploitation minière affichaient -40 000 ans alors que les restes semblaient plus primitifs.

100.000 ans de plus qu’en 1960

En 2004, les scientifiques ont repris et révolutionné le chantier de fouilles de la mine de barytine (un sulfate dense utilisé pour l’extraction pétrolière), célèbre parce que des ouvriers y avaient découvert un crâne intrigant dans les années 60.Depuis, ils ont mis au jour 22 nouveaux fossiles d’Homo sapiens, faisant de Jebel Irhoud, le plus riche gisement africain du Middle stone Age, une industrie lithique se caractérisant par des petits outils sur lames.

Or cette industrie se retrouve autour de – 300 00 ans sur une grande partie du continent africain. Et notamment à Florisbad, en Afrique du Sud, où l’on a retrouvé les restes d’un Homo sapiens daté de – 260 000 ans. Les chercheurs en concluent que le site du Maroc, bien qu’il soit le plus ancien découvert, n’est pas le nouveau berceau de l’espèce Homo sapiens mais que cette dernière s’est déployée à un moment clé, à la faveur d’un changement climatique- le sahara vert, chaud et humide, avec des lacs grands comme l’Allemagne- mais aussi grâce au développement de leur cerveau.

Illustration : L’homme de Jebel Irhoud . Les fossiles d’Homo sapiens de ce site du Maroc ont été datés de -300 000 ans, ce qui en fait les plus vieux membres de notre espèce.

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