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Emmanuel Macron, supernova ?

Supernova

Emmanuel Macron, supernova ?

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Gustin Saintaud ♦

Macron Emmanuel, génial initiateur d’ « En Marche » peut passer pour un phénomène, du genre esprit visionnaire, qui sait générer un étonnant nouvel univers politique.

Il apparaît, tout d’un coup, tout auréolé d’une insolente jeunesse ; et, malgré des origines opaques, immédiatement, une foule improbable se lève à ces côtés, le suit et le révère. A son avènement, on le prend pour une étoile filante ordinaire permettant des vœux impossibles en temps obscurs ; c’est en fait une éclatante comète qui s’installe au firmament d’une vie publique bouleversée quand il est brillamment élu Président.

Il semble enclin à vite chasser les grotesques vieux marchands du temple sacré des démocrates ; il en ménage néanmoins certains utiles parmi eux : à son contact merveilleux, ces lions-là doivent se muer en doux agneaux pour côtoyer celui qui prétend multiplier les pains de la suffisance ; tous ces vieux squales aux dents dures et longues se pressent pour tenir les plis de la toge du promu qui marche désormais sur leurs ondes troubles. Quel est donc l’étrange pouvoir de cet esprit qui les réduit en acolytes compassés ?

Ce nouveau messie auto-signifié dissimule une christique humilité en restant peu visible, mais omni-présent, se prétendant omni-potent : il se veut insolemment divin pour le “vulgum pecus”, et de la plus haute autorité jupitérienne , quand il prétend ouvrir les temps nouveaux de la consécration d’un règne céleste sans partage ; mais il maintient que cette allure hautement païenne, c’est, avec lui, la parousie chrétienne dont rien ni personne ne doit douter.

Réjouissez-vous crédules éperdus, vous croyez béatement ses projections édéniques, vous attendez, dans la liesse, son monde meilleur et ses temps bienheureux pour l’immédiat ! Rêvez-vous donc extraits à jamais de vos noirs cauchemars, le prince de vos fantasmes vous guide maintenant vers une radieuse aurore ! Vous le voyez déjà pourfendre et défaire tous les monstres affreux de la Ténèbre ; il est à lui tout seul, Jésus et Apollon, l’archange Michel et Héraclès, Saint-Georges et tous les héros et saints destructeurs de dragons, drakes, vouires, tarasques, …. ; et vous chantez sans plus attendre ses prouesses à venir de libérateur, et les louanges de sa rayonnante apothéose !

Certainement, une nouvelle religion monothéiste est née en Gaule, en ce vingt-et unième siècle

Il y eut annonciation, il y eut révélation avant fulgurante ascension, puis installation en majesté, et adoration ; il suffit uniquement d’y croire, peut-être cela nécessitera d’imposer cette nouvelle foi et ainsi contraindre tous les rétifs agnostiques en metuentes bien encadrés !!! N’est-il point que ce genre de croyance partagée déplace les montagnes, joue facilement des miracles, jusqu’à faire prendre vessies pour lanternes ? !!!

L’éphèbe Emmanuel à la gueule d’ange toute lisse, si nette, n’a pourtant rien de surhumain ; voilà tout simplement un surdoué aux allures de mutant. Et cet être pas tout à fait accompli, atrocement miné d’ambition, joue de son verbe clair, légèrement chuintant, comme si ses paroles sublimes s’étaient faites chair. Il se pense irrésistible depuis que, tout gamin, il hypnotisa une gironde mamie pour combler une présence maternelle déficitaire. Cette fée mûre pleine de gratitude amoureuse ne cesse dès lors, de le bader et de le couver en mère poule possessive. Depuis, tout semble permis et même promis au prodige ; il use et abuse d’une espèce de charme primesautier avec un regard quelque peu distant, comme vide et désintéressé, au-dessus d’un facile et très avenant sourire plein de petites dents acérées, légèrement écartées, révélatrices d’un appétit de jeune loup à peine cruel.

Si le bougre est assez gâté par dame Nature intellectuellement et physiquement, tous ses dons ne peuvent taire une culture personnelle sophistiquée d’avide prédateur aux appétits bien insondables. L’ensemble contenant-contenu séduit facilement les séductibles, surtout dans un contexte précisément dépressif qui les projette, en hâte, dans les bras accueillants d’un communiquant si charmeur. Cela rappelle le frêle passereau fasciné par le regard du cobra royal, tout prêt à se laisser docilement happer.

Nouveau Jésus ou Satan « relooké »?

Voilà toute la question qui commence de s’imposer depuis le trône Elyséen où a été déposé le prince charmant de ce conte moderne, merveilleux mais éventuellement périlleux. Un porteur concours de circonstances a favorisé ce couronnement républicano-démocratique : la communauté des croyants démocrates suffoquait ; elle devait définitivement dégueler la pelote épaisse de tous les profiteurs qui l’étouffait depuis longtemps ; et , dans le courant d’une eau bien turpide, elle se rua pour gober la nymphe d’un insecte aquatique qui tourbillonnait à contre-courant.

Les pêcheurs à la mouche espéreront que Macron Emmanuel n’est que larve d’éphémère.

 

  1. Robert41
    Robert4124 juin 2017

    Voilà-bien un tableau au couteau qui mérite d’admirer technique et maîtrise. L’auteur, que dis-je l’Artiste, utilise habilement l’empattement de la matière avec justesse. Étonnamment sa composition par touches vigoureuses, sculpte lumières et obscurs de façon fascinante. Il est à parier que le temps de séchage de son oeuvre, sera beaucoup plus longue que le temps des éclats de cette providence jupitérienne en marche ; vers où d’ailleurs … certainement vers la soumission à une intelligence d’intérêts particuliers. Il faut en convenir cette élection est une duperie monstrueuse où 51% d’électeurs ne sont pas représentés. La force politique d’en Marche ne représente que 13 à 14% des français votants et non-votants ; indubitablement tout cela n’est pas démocratique mais essentiellement médiatique, mondain et économique. Ce qui est cruellement inquiétant, c’est la passivité sociale face à cette escroquerie. C’est vrai aussi que les 51% de non-votants sont responsables de cette emprise macronienne. Il me semble urgent, pour la quête d’une vraie démocratie, de faire payer à l’avenir les non-votants et de tenir le vote blanc, comme une donnée prégnante à cette perversion électorale ; ou un candidat avec 9 millions d’aficionados a un groupe politique à l’Assemblée et une autre candidate avec 11 millions d’électeurs, se retrouve sans groupe. Le principe démocratique est bafoué de facto d’autant que la surreprésentation du partie d’En Marche ne représente pas une légitimité dans ce contexte. Le conseil d’État aurait du annuler cette élection présidentielle. Le fait que le taux d’abstention est supérieur au taux participatif suffit à disqualifier ce vote présidentiel. Macron, c’est le parisianisme, l’urbain mondialisé, le produit marketing américanisé, l’enfant chéri d’une dictature médiatiquement, c’est surtout l’outil présidentiel qu’un certain Attali a décidé sans aucun complexe pour la France ; tout comme un autre qui s’appelle BHL a convaincu Sarkozy de détruire la Libye. Toute cette manipulation a été préparée depuis quelques années passées dans le laboratoire de la finance internationale et à la servitude des initiés instruits aux profits tous azimuts. Macron a volé la démocratie. Un certain Général n’aurait jamais accepté d’être élu avec une abstention de 51%. Ce qui explique sa méthode ensuite lorsqu’il applique son tour de passe-passe politique d’ouverture avec le Centre-gauche et le Centre-droit. Ces centristes toujours opportunistes et vénaux pour la collaboration. Imaginez un seul instant que ce soit Marine, Lepen, à la place de Macron ce serait la chienlit comme il disait … – Il y a bien deux poids et mesure en France !!!!

  2. Creoff
    Creoff24 juin 2017

    Le parcours de la super nova MACRON ne fait que commencer. Elle engloutit tout ce qui existe autour d’elle. La France, c’est fait, il passe à L’Europe, et au monde. Il est “l’Emmanuel de notre histoire”. Mais quelle histoire?

  3. Gengoux Pierrette
    Gengoux Pierrette27 juin 2017

    Le peuple ne s’étonnera pas j’espère de ce qu’il adviendra en ayant laissé s’installer le non-choix. Avoir la chance de pouvoir décider de sa représentation dans les décisions qui le concerne et ne pas l’avoir prise alors que tant de peuples n’ont pas cette opportunité et se battent pour l’avoir, c’est comme le sale gamin capricieux qui crache sur la crème glace qu’on lui donne. Pour avoir travaillé en France pendant quelques années, mon regard d’étrangère sur l’attitude des gens vis à vis de ce que leurs parents avaient réussi à obtenir, la sécurité sociale m’a déjà interpellée. Tout leur était dû jusqu’à prendre les médecins pour leur valet, ils étaient priés de leur donner sans mesure ce qu’ils estimaient pouvoir obtenir de droit et sans mesure : la surconsommation, les visites inutiles et répétées, les prescriptions pour la famille étrangère en visite, les cures en guise de vacances, les arrêts maladie et tout cela avec un dédain incroyable. Il n’était pas question qu’on s’y oppose. Quand je le faisais remarquer aux confrères que je remplaçais, ils me disaient, tout va crouler à l’allure où on va, donc autant laisser aller et en profiter au passage. Parfois je voyais 90 patients par jour; 150 s’étaient inscrits mais 60 ne venaient pas et cela sans se donner la peine d’annuler le rendez-vous. C’était le bordel. Alors faut-il s’étonner que le pouvoir soit pris par le premier venu? et ce sans qu’il n’en soit empêché ? Ce qui arrive était prévisible et j’espère que cet homme qu’on ne connait pas est intègre et si il ne l’est pas, le peuple en sera le seul responsable.

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