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L’économie au temps de la post-vérité

Post Verite

L’économie au temps de la post-vérité

Auran Derien, universitaire ♦

Lorsque la tyrannie de Hollywood ne régnait pas sur la France, de grandes œuvres cinématographiques furent possibles, dont l’inoubliable “Les enfants du paradis” dans lequel le mime Debureau explique :“La nouveauté, c’est vieux comme le monde…”.

La post-vérité est une nouveauté qui n’est pas aussi ancienne que le monde, car elle désigne en réalité le retour des méthodes monothéistes, camouflées sous une autre appellation. Le monothéisme est une manipulation religieuse assez tardive en Europe ; il n’a jamais pu s’implanter ailleurs, malgré les manoeuvres diverses des gangs de toutes obédiences, tant en Inde qu’en Chine ou en Amérique hispanique où survivent des ethnies fidèles à leurs dieux.

La post-vérité en économie désigne donc les vérités révélées, les dogmes, les pensées pieuses et les méthodes criminelles qui justifient la domination du monde par le soviet suprême de la finance, dont les institutions visibles et légales sont la B.R.I. (qui coordonne les mondialistes des banques centrales) et les quelques grandes banques qui profitent de la manne céleste que ces banques centrales leur distribuent pour acheter le monde et le détruire en toute tranquillité.

Pour montrer les bases de cette post-vérité, nous allons reprendre quelques hénissements présentés comme de la science alors que, comme au temps de Malherbes, les dits intellectuels contemporains affirment que “la science de dieu est la seule qui nous laisse en repos”.

De la fumée sans feu

La sagesse populaire repose sur l’idée qu’il n’existe pas de fumée sans feu. La situation actuelle est différente.

louis-rougier-genese-des-dogmes-chrétiensLa propagande économique consiste à créer de la fumée à partir de tours de magie. On ne peut s’en étonner, si l’on se met à l’étude des sources de la croyance religieuse. Dans un ouvrage de Louis Rougier, publié en 1972 (Louis Rougier : La genèse des dogmes chrétiens. Albin Michel, 1972), on trouve par exemple l’analyse suivante: “ Le lecteur non préparé…constate qu’on hésite pas à y ajouter (aux textes de l’écriture) ou à y retrancher des mots, à fusionner des textes appartenant à des auteurs différents, à ajouter des commentaires, à dégager des significations dépassant la lettre du texte”. Le fondement de la post-vérité est là. Les Hellènes demandaient des preuves là où la foi devait suffire. Nous y sommes à nouveau puisque le discours dominant affirme que la fin (l’argent) justifie les moyens.

Deux exemples :

Les mafias en possession de l’occident affirment que le chômage est en baisse, en France, en Europe et aux États-unis. C’est l’inverse. Pour diffuser cela, il a suffi de modifier les classifications. On sait que le chômage a une définition internationale, mais qu’il s’intègre dans le triangle : actifs, employés, chômeurs. Lorsqu’on est un peu employé, quelques heures par-ci par-là, on cesse désormais d’être chômeur. Lorsqu’on a renoncé à chercher un travail soit en raison de l’âge, soit de la disparition de sa branche d’activité qui a été délocalisée quelque part pour engranger des superprofits en faveur des actionnaires, on sort des statistiques. Au total, alors que peu de personnes travaillent, le chômage est présenté comme un résidu qui ne tardera pas à disparaître grâce à la merveilleuse croissance des lendemains qui chantent.

Les banques centrales distribuent aujourd’hui de l’argent aux membres du monde de la haute finance en achetant tous les titres pourris dont ceux-ci ne veulent pas. Selon la métaphore de Pierre Jovanovic, le Draghi de la Banque Centrale Europeenne donne de l’argent aux vendeurs pour qu’ils maintiennent leurs prix quand il faudrait distribuer du pouvoir d’achat aux acheteurs. Les “banksters” de la finance  achètent tout ce qu’ils veulent et s’assurent ainsi la domination du monde, réalisant la parousie biblico-carnavalesque. Mais les populations en crèvent.

La post-vérité s’étend aussi aux anticipations mensongères sur le futur merveilleux des changements technologiques. L’observation conduit à détecter une obsession totalitaire manifestée par la recherche frénétique d’une situation de monopole dont les économistes ne se préoccupent pas, tant il leur suffit de ressasser leurs niaiseries. Pourtant, les cinq doigts de la main très visible qui prépare l’inhumanité sont très soudés au sein de nouvelles associations. Microsoft, IBM, Facebook, Amazon et Alphabet (Google) ont décidé en 2016 de constituer un consortium pour s’entendre sur les développements à privilégier dans le cadre de l’Intelligence Artificielle. Le groupe se nomme : Association pour l’Intelligence Artificielle au service des Personnes et de la Société ou, plus simplement, Association pour la I.A. Cela pue l’entente  puisque seule la concurrence est censée favoriser le progrès et la diffusion des connaissances.

Que font les économistes ? Dans leur immense majorité ils laissent le monopole s’installer à condition qu’on leur réserve un petit pourcentage dans l’empire du néant. La post-vérité prend la forme d’une généralisation du concept d’administration qui désigne tout et n’importe quoi : les sciences de la gestion, le transhumanisme, le constructivisme et son opposé…

Illustration : la révolution industrielle produit un bouleversement des conditions de vie, qui rejaillit sur la pensée philosophique, économique et politique.

 

 

 

 

 

 

  1. ROLLAND
    ROLLAND28 juin 2017

    C’est exact mais , et je suis La Boétie, cela ne serait pas possible sans la complicité stupide de la majorité, avide de biens de consommation, même de mauvaise qualité, pourvu qu’ils soient représentatifs d’un “statut social”C’est ce qu’on leur vend , un statut social, une illusion qui les maintien dans un état de soumission, sans même qu’ils s’en rendent compte.

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