Réseaux sociaux, newsletter et flux rss

Economie et messianisme au Chili : l’arme du mensonge

Messianisme Americain

Economie et messianisme au Chili : l’arme du mensonge

Auran Derien, universitaire ♦

En août 2016, on apprenait que des milliers de fichiers internes de la Fondation Open Society, appartenant à Georges Soros, avaient été piratés et publiés par un groupe “DC Leaks”.

On vient d’apprendre que les horreurs financées par Soros ont atteint aussi le Chili. Le portail Chili-corruption a publié les documents tirés du travail d’information DCLeaks qui prouvent le versement de 50 millions de pesos à l’ex-dirigeant étudiant Giorgio Jackson, aujourd’hui agitateur politique dans un petit parti qui se fait pompeusement appeler “Révolution démocratique“.

Giogio Jackson n’a reconnu qu’une partie de la somme versée tout en précisant que d’autres groupes recevaient des fonds du même trafiquant, par exemple l’association “citoyen intelligent”. L’humour n’est jamais absent de ces manipulations sémantiques.

Un  Macron pour le Chili ?

Le modèle incarné par Macron a  été réinterprété positivement au Chili. Le Président du parti libéral Vlado Mirosevic est sur les rangs pour jouer le Macron local. Il voudrait faire croire aux chiliens que Macron est un social-libéral, ce qu’il souhaite incarner de son côté. Il cite Rawls comme référence sur la justice, alors que les thèses de cet anglo-saxon sont d’une pauvreté intellectuelle affligeante. On relira avec attention les analyses publiées par Serge Kolm dans les derniers chapitres de son ouvrage “le contrat social libéral” (Serge-Christophe Kolm : Le contrat social libéral. PUF, 1985). Rawls décrit la création du monde moral comme une séquence imitant la création du monde selon la Bible. La puissance d’une telle perception saute aux yeux. La foi nous sauve, comme toujours, si nous croyons aux escroqueries révélées par l’Open Society de Georges Soros .

Un modèle commun : économie et messianisme

Les méthodes des criminels en col blanc font apparaître, par-delà les idiosyncraties locales, des tendances qui caractérisent tous les totalitarismes : l’instauration de monopoles, le messianisme religieux.

Georges Soros, en 1987, avait publié un livre intitulé “l’alchimie de la finance” où il insistait sur le biais qui sépare la réalité de sa perception ainsi que sur l’interdépendance entre les deux. A partir d’une situation nous nous construisons une perception de la réalité mais cette perception nous fait prendre des décisions qui modifient la réalité. L’interdépendance est dynamique et il est fondamental de ne pas se tromper sur le moment où quelque chose change, soit notre perception soit la réalité.

On comprend donc la nécessité pour les criminels en col blanc de mentir en permanence: cela trompe la population sur la réalité qu’elle perçoit, cela fausse la perception des individus qui voient mal la réalité. La tyrannie monothéiste a toujours fonctionné ainsi, avec ses vérités révélées, son histoire trafiquée, ses assassinats d’humains qui pensent correctement. Il en va de même aujourd’hui mais sur une échelle plus vaste : le mensonge salit le réel de toutes les sociétés, insulte la connaissance en imposant des stupidités pieuses auxquelles participent les fonctionnaires étatiques, les magistrats-cannibales.

Replacé dans le temps long, on se référera à Fernand Braudel (1902-1985) dont l’ouvrage remarquable “La dynamique du capitalisme” explique en détail que dès la fin du XVIème siècle, les financiers du Nord de l’Europe, notamment anglais, récemment convertis à la mentalité vétérotestamentaire, organisèrent méthodiquement la destruction de l’économie des pays méditerranéens.

Illustration : qu’on l’appelle « exceptionnalisme », « suprématisme » ou autrement, l’idéologie qui domine le pouvoir politique et culturel américain est une forme de messianisme.

 

.

  1. Yves Montenay
    Yves Montenay28 juin 2017

    L’article sur Soros m’inquiète pour Metamag, qui me semble atteint par un mal général : « l’entre soi ». On se monte le bourrichon entre gens de même opinion, on monte d’un cran à chaque tour dans la véhémence et on s’éloigne de plus en plus de la réalité.

    Il serait dommage que je hausse les épaules en vous lisant. Ne devenez pas une secte !

Répondre