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Angéla Merkel et son Barnum en Argentine : le spectacle de la déchéance européenne

Europe Amerique Latine

Angéla Merkel et son Barnum en Argentine : le spectacle de la déchéance européenne

Auran Derien, universitaire ♦

Partout où elle passe, Angéla Merkel détruit le capital de sympathie dont bénéficiaient les européens. Son dernier voyage en Argentine fut lamentable.

Les liens entre l’Amérique Latine et l’Europe

L’origine de l’intérêt des Amériques hispaniques pour l’Europe remonte aux contacts établis depuis le XVIème siècle. Il y eut divers groupes de populations européennes qui s’installèrent dans ces pays, au cours du XVIIème siècle, puis aux XIXème et XXème. Les aspects démographiques de ces époques étaient totalement différents de ceux d’aujourd’hui. On estime que vers 1800, la population de l’Amérique latine évoluait autour de 18 millions d’habitants.

Puis, entre 1821 et 1932, à peu près 20 millions d’Européens y ont fait souche, ce qui a façonné le continent à travers quatre facteurs :

Une source religieuse : Le message chrétien est arrivé, porté par l’Église qui se calquait, depuis Constantin, sur le modèle de l’Empire romain. La règle pratique qui consistait à promouvoir les échanges entre monastères, à développer les pèlerinages, favorisait le brassage d’une partie de la population.
Une source artistique : L’art gothique, le baroque, la recherche d’harmonie culturelle furent présents dès l’arrivée des Européens.
Une source intellectuelle : la langue commune, le latin, puis son dérivé roman, l’Espagnol, accompagné de la création d’universités et de nouveaux réseaux urbains.
Quatre idéaux: la valeur reconnue à chaque personne ; les libertés ; la créativité ; la séparation des pouvoirs spirituel et temporel.

Quelques grandes aventures ont donc pris racine en Amérique hispanique, et l’Argentine est sortie de l’ornière de l’exploitation lors de l’arrivée au pouvoir du Général Péron dont la philosophie politique, nommée Justicialisme, fut une révolution populaire et libératrice du joug de la tyrannie des oligarchies financières.

Les premières années de la construction européenne ont pu simultanément induire en erreur les populations d’Europe et les peuples de l’Amérique hispanique qui ont cru à une véritable communauté de valeurs. Ces pays ont pensé que les lois devaient être respectées par tous,  que les idées de liberté et de démocratie étaient fondées sur la plus antique tradition grecque et non pas sur l’inversion des valeurs.

Le cirque merkellien

Lorsque Angéla Merkel est arrivée à Buenos Aires, elle s’est retrouvée en parfaite harmonie avec le Président Mauricio Macri. Elle a déclaré que les Allemands sont durs pour négocier alors que les Argentins, encore imbibés de justicialisme péroniste, espéraient écouter une représentante de l’Europe éternelle, celle qui a commencé dans les grottes de Lascaux.

Pour terminer sa tournée Angéla Merkel a tenu une réunion avec des “scientifiques” auxquels elle a tenu un discours sur la globalisation, unique chemin pour tout le monde. L’une des nécessités fondamentales est , pour la dirigeante allemande, la disparition des frontières. Elle a quitté le pays en affirmant que l’économie de marché et les ajustements selon le FMI mettaient l’Argentine sur la bonne voie… de la mort lente en réalité.

Le prolétaire hier, comme le consommateur aujourd’hui, n’a pas de Patrie, ce qui justifie la destruction des frontières au profit de la tyrannie sans frontière du parti de la finance totalitaire. La réalité est tout à fait différente bien évidemment car la globalisation promeut une égalité formelle des humains considérés comme des marchandises semblables, ce qui traduit une inégalité réelle selon les compétences, et les formes d’organisation collective. La globalisation apporte plus de préjudices que d’avantages aux pays d’Amérique Latine : elle augmente le chômage et la tertiarisation des économies, plus une perturbation dramatique du secteur primaire.

Sur le plan politique, elle entraîne la perte progressive de la capacité à gouverner de la part des États et laisse se développer les mafias” en col blanc” de toutes sortes.

Dans le domaine culturel, elle diffuse des normes de conduite ignobles: concurrence déloyale, individualisme borné, surconsommation, culte des biens matériels,…tout cela étant incompatible avec une éthique du respect de la vie valable pour la planète.

Ce que Angéla Merkel cache volontairement est que la globalisation consolide et mondialise le phénomène centre-périphérie, de telle sorte que seuls quelques responsables en profitent.

L’Amérique hispanique doit lutter pour produire des changements structuraux dans ce monde dominé par les trafiquants et notamment reprendre l’antique tradition européenne du développement d’un système éducatif d’excellence.

 

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