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Ce que l’on peut retenir de “Adieu l’argent roi” de Marc Rousset 

Adieu Argent Roi

Ce que l’on peut retenir de “Adieu l’argent roi” de Marc Rousset 

Benoît Loulourd, Enseignant en Lettres, retraité ♦

adieu-argent-roiPar deux articles, nous faisions écho à la parution d’un ouvrage, fort dense  et primordial pour la compréhension de notre époque . Il s’agit de “Adieu l’Argent-roi! Place aux Héros européens! Critique de la civilisation de l’Argent et Apologie de l’héroïsme” , paru aux éditions Godefroy de Bouillon.
Deux recensions ont été consacrées à cet ouvrage qui ferait une bonne lecture de vacances. Un recension faite par Michel Lhomme ,philosophe et politologue le 2 janvier et une seconde recension faite par Gustin Saintaud, universitaire, le 15 juin.Nous vous soumettons aujourd’hui le commentaire envoyé par un fidèle lecteur, suite à la recension de Gustin Saintaud , que nous estimons devoir passer en article.
La rédaction.

«Il a certes entièrement raison : c’était, à l’évidence, le sens de la leçon voulue par l’auteur, sa motivation essentielle ; démarche parfaitement maîtrisée. Mais je veux m’insurger contre le seul éloge que j’ai surtout retenu de cette analyse structurante.

Car, ainsi, elle me semble ôter à l’œuvre évoquée, peut-être ce qui personnellement m’y paraît le plus riche, le plus intelligent, et tellement instructif, surtout pour notre jeunesse à éduquer moralement, à nourrir de notre littérature foisonnante si révélatrice de l’âme profonde de notre peuple européen.

Son « Apologie de l’Héroïsme », avec cette revisite-travelling de tous les auteurs et de leur œuvre qui ont su évoquer la force, la grandeur et la beauté de l’homme convaincu de devoir se dépasser, se transcender et atteindre, sans recherche expresse, un statut entre la simple humanité et la divinité, m’inspire comme un hymne splendide qui dépoussière énergiquement, ravive, ou met en exergue ce que le veule état d ‘esprit moderne perverti tente de taire, de dénaturer, de nier de ce que nous sommes malgré tout, et devons être ou redevenir.

Textes épiques et tragédies antiques, épopées en chansons de geste médiévales, Baltazar, Gracian, Corneille, La Rochefoucault, la Bruyère en négatif, Chamfort, Gian battistaVico, Thomas Carlyle, RichardWagner, Nietzsche, Péguy, Ortega y Gasset, Maurice Genevoix, Antoine de Saint-Exupéry, Heidegger, la liste est longue mais quelle fresque magnifique et quel ensemble cohérent ! Clair et justement ciblé, c’est bien mieux que Lagarde et Michard pour collégiens et Lycéens ; ils y trouveront aisément de l’incisif et du finement illustré de lumineuses citations à noter, à retenir, à utiliser pour s’en nourrir et s’accomplir selon l’éthique supérieure à relancer en Europe pour des lendemains radieux.

Cette rapide intervention ne se veut que complémentaire de la critique parue précédemment que j’évoquai au début , et dans le même esprit laudateur.

Je ne serai peut-être point aussi dithyrambique quant à la longue énumération des prétendus héros, choisie comme panacée de marque d’héroïsme à travers l’histoire de l’Europe de l’Antiquité à nos jours ; chaque rappel sert excellemment le projet ambitieux de donner exemples et modèles, certes, mais ce pot pourri, en demandant d’excuser cette piètre expression, mélange le plus haut au bien moyen sans aucune nécessaire hiérarchisation. De même, je comprend mal ce besoin de penser héroïsme et héros possibles de tous temps et à tous moments par un rien de comportement à peine au-dessus ou au-delà du commun. Oui à la culture de l’héroïsme, mais mesure pour le héros quelconque !

De même que la technique la plus aboutie, la plus utile n’a plus rien de commun avec le sens de son étymon grec : techne, plein de la flamboyance de l’art achevé, resplendissant, subjuguant, le héros que l’on aimerait de nouveau peuplant l’imaginaire sacré européen a énormément perdu de sa pertinence originelle de demi-dieux qu’il véhiculait dans la Grèce antique, et encore quelques siècles plus tard à travers l’Europe. Que les élèves d’aujourd’hui, Européens reconformés de demain en soient avertis, sans risque de confusion ni de méprise !»

 

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