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Changements climatiques : les atolls disent NON

Atoll Vue Aerienne

Changements climatiques : les atolls disent NON

Michel Lhomme , philosophe, politologue ♦

Storisk est un projet de recherche français qui s’intéresse aux petites îles face au changement climatique et son équipe vient de passer trois semaines en Polynésie pour y récolter des données. Elle est formelle : l’élévation du niveau de la mer ne menace pas les atolls.

Au vu des premiers résultats de Storisk, l’élévation du niveau de la mer n’est pas le danger qui pèse sur les atolls. “Les atolls ne vont pas mourir, ils ne vont pas disparaître”, confirme Virginie Duvat, la coordinatrice du projet : “La mer monte en moyenne de 2,2 millimètres par an dans les atolls, en comparant des images aériennes anciennes, datant des années 1960 et des images actuelles, on constate que pour 77% d’entre eux, la surface est maintenue, elle grandit pour 17% d’entre eux.”

En fait, le danger des atolls n’est pas le climat mais le développement économique, la société de consommation, le progrès.

La vie sur les atolls est une vie de survie et celle de l’équilibre fragile d’un écosystème. Les vrais problèmes sont donc liés à ceux du développement durable, à la vie de « décroissant ». Le problème des atolls comme ceux des îles et nous pensons plus particulièrement à Mayotte, l’île aux parfums devenu presque l’île aux déchets, c’est surtout la gestion des déchets, des eaux usées, la préservation de la barrière de corail ou de la mangrove, barrières écologiques naturelles de tous les milieux océaniques fragiles. Mayotte aurait pu se développer autrement, aurait pu être le laboratoire par exemple de la décroissance écologique française (réseau de transport public propre par navettes maritimes ou bus électriques, île sans voiture et sans sacs plastiques, énergie durable, constructions non bétonnées) mais aucun préfet, aucun MEDEF n’a choisi de ralentir la cadence, il fallait se faire de l’argent à coup de défiscalisation comme dans les atolls polynésiens où l’on pratique l’extraction massive de sable pour construire en dur.

Il faudra attendre les conclusions définitives de Storisk

Déjà, il est clair que les petites îles tropicales ont toujours subi des événements extrêmes d’origine climatique (cyclones tropicaux, houles distante) et des changements graduels dus au climat (élévation du niveau marin et augmentation des températures océaniques) mais l’acidification des océans, le bétonnage, l’accumulation des déchets électroménagers n’est pas d’origine climatique mais bien économique. Nonobstant, les micro-états océaniens ne cessent de faire pression dans les instances internationales onusiennes pour réclamer le statut de victime, de « réfugié climatique » alors que très souvent, ils sont à l’origine d’un développement inconsidéré de leurs îles.

Il sera toujours difficile de savoir aujourd’hui quels seront les besoins des hommes dans un siècle, quels seront leurs dispositifs technologiques et leurs matériaux de construction. Toutefois, pour les îles et les atolls, une prise de conscience urgente est nécessaire : le modèle en cours est suicidaire.
Récemment, nous sommes tombés sur un amas de capsules et dosettes café, pourtant très à la mode et totalement généralisé chez les métropolitains expatriés. Jetés, elles sont non biodégradables . Il y a à peine une décennie, le café c’était tout simplement du marc que l’on évacuait dans l’évier ou mettait dans les plantes.

Le corail est le meilleur protecteur des atolls et des îles : il pousse et il grandit et compense ainsi l’élévation du niveau marin dans le temps. Il est donc impératif de trouver des solutions pérennes et non polluantes à la gestion des déchets sur les atolls et les îles, sinon tôt ou tard, les ultra-marins ne vivront que sur des ordures.

Les atolls, les îles de Polynésie, Mayotte ne sont pas menacés par la montée des eaux mais par un développement anarchique, une surconsommation sans limites et une absence de développement responsable.

  1. Montenay
    Montenay8 juillet 2017

    Pourquoi le Medef ? Pourquoi pas les élus locaux ?
    Ce serait plus concret et plus efficace

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