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Leçon d’Histoire

La Fin De L Empire Romain D Occident

Leçon d’Histoire

Gustin Saintaud, universitaire ♦

Quand l’Histoire veut se répéter, on doit s’inquiéter que les suites d’événements semblables puissent annoncer d’aussi pénibles périodes identiques : c’est un Romulus qui , avec sa charrue au Capitole, fut à l’origine de Rome ; et c’est un autre Romulus, Augustule, qui, dix siècles plus tard, accompagna la misérable fin de l’Empire Romain, sous les coups de boutoir du barbare Odoacre.

La cinquième Marianne Française fut décidée par un homme très grand, un Mars d’opérette remarquable, qui la figura vite avec le buste marmoréen d’une Brigitte adulée par la nation ; cette cinquième république finira t-elle bientôt sous un président gringalet en Jupiter de vaudeville, installé bien au chaud entre les vieilles cuisses d’une autre Brigitte, vite devenue une icône pour le peuple aveuli !

Pauvre France républicaine de ce début de vingt-et unième siècle, qui n’en peut plus de se réduire, de s’étriquer, de se ratatiner ! Elle s’avère de moins en moins crédible, de moins en moins considérée, de moins en moins respectée, et de moins en moins viable. Va t-elle disparaître elle aussi, comme la Rome antique, s’étioler, se dessécher, se vider pour ne plus pouvoir se définir, s’imposer, se défendre ?

Quand les envahisseurs passent, de même manière, comme utiles, voire nécessaires, et quand le prince et ses féaux subissent, apathiques, les fausses idéologies souvent allogènes contre les nécessités vitales de leurs sujets oubliés, comment se prévoirait autre avenir que pareille extinction de fin de cycle ?

On peut s’illusionner, un temps, que panique sordide et fol espoir provoquent étonnante circulation de pseudo-élite, mais ce type de renouvellement désespéré ne garantit rien de meilleur au- delà de la surprise provoquée, dés lors qu’on ne se leurre pas à considérer nouveaux venus, nouveaux promus, comme héros salvateurs ; ils sont faux mages bardés d’artifices, surtout qu ‘ils ne sont advenus que pour porter caution au Jupitérien « brigittophile », ce prince d’apparat velléitaire ; ce sont de bien tristes commensaux pour le simple confort voluptueux du maître.

On est élu princeps pour vite choisir son premier consul de pacotille, et on se vautre, plein de suffisance indolente dans la bien douce quiétude d’un paraître à moindre risque, comme si le choix suprême par défaut devait entraîner une merveilleuse et immédiate amélioration générale. Ainsi raisonnait et se comportait Augustule avant la chute de Rome, et, de même semble se comporter l’olympien Emmanuel : se regretteront le Romulus fondateur, sa charrue et le meurtre de son frère Rémus, mais tout autant, en cinquième République Française, le temps grandiose, du buste de marbre au bonnet phrygien de la pulpeuse Brigitte Bardot, bien plus magnifique que le comportement assez vulgaire de cette autre Brigitte nationale en boulimie de jeune mâle fringant.

Cela annonce, cette fois, comme pour la période semblable de la fin de Rome, la noirceur et la lourdeur d’un néfaste Moyen-Age.
« Prémonition catastrophique ! », s’insurgeront les imbéciles heureux, béatement optimistes pris parmi le peu des irréductibles démocrates ayant voté, ceux-là mêmes qui se satisfont, en « ravis », de faire du neuf avec du vieux, de consacrer de piètres opportunistes ; ils sont totalement aveuglés par la confiance qu’ils mettent dans la grande santé de la poussive Marianne V. Ils sont tous surtout fous jaloux du nouveau président, non pour sa jeunesse, non pour sa prestance pas même pour la place au sommet qu’il occupe en majesté, mais pour sa chance tout contre sa muse Brigitte, même un tantinet ammoniaquée.

Les leçons de l’Histoire, aujourd’hui, comptent si peu, à l’aune de la puissance médiatique qui sacre l’ambiance people, que la répétition de malheureux temps prévisibles surviendra même plus aisément, inexorablement dans une coupable ignorance.

Parallèlement à cette flagrante cécité, explosent sans vergogne d’insanes comportements d’insolente auto-satisfaction pour conforter un pouvoir pas si assuré qu’il paraît : on accapare tous les postes pour les détenir tous et ainsi geler les moindres contestations de l’autocratie rampante ; on suggère aussi de triviaux prétextes pour anticiper les impossibilités de respecter les mirobolantes promesses de campagne électorale, comme quoi, même si on se targue de « casser les codes », on ose utiliser les anciennes et douteuses méthodes pourtant rejetées unanimement.

Rien ne change donc même si l’on joue à laisser supposer que tout désormais est neuf et pur. Et l’ennemi viendra par où il se propose d’arriver puisque ces jeux se poursuivent complaisamment, que Jupiter et Brigitte vont toujours bien heureux, main dans la main.

Illustration : la fin de l’empire romain d’occident.

 

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