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“Le Monde libre” d’Aude Lancelin

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“Le Monde libre” d’Aude Lancelin

Gustin Sintaud ♦

Immédiatement se perçoit, à la lecture du “Le Monde libre” d’Aude Lancelin, un rare débordement de hargne qui traduit l’expression d’un violent ressentiment.

le-monde-libre-couvN’acceptant point d’avoir été éconduite sauvagement, cette journaliste engagée férocement à gauche, rappelle sa consœur Valérie Trierweiler de Paris Match après sa mésaventure sentimentalo-sexuelle hollandienne : vindicative sans la moindre retenue, haineuse jusqu’à vouloir meurtrir, pourquoi pas calomnieuse même ? Elle s’acharne donc contre le lit professionnel, dans lequel elle se vautrait avec délice jusqu’à son éviction, et qui lui a été abruptement interdit, et contre les hommes, propriétaire et rédacteur en chef, par qui elle s’est sentie trahie et « larguée ».

Dans une mauvaise foi, qui peut se comprendre par la surprise, la terrible déception, et la chute advenue par cet odieux bannissement, cherche-t-elle néanmoins vraiment à châtier, quand elle n’ose dénoncer nominativement ni l’organe de presse où elle s’est longtemps complue, ni les personnes qu ‘elle poursuit de son zèle au vitriol ? Surtout que les ridicules pseudos utilisés n’apparaissent que comme piètres dissimulations : trop aisément se révèle le Nouvel Obs. Sous son « Obsolète », comme son « Jean- Noël » se camoufle bien peu Jean Daniel , ce « Narcisse de Blida ».

Pourquoi donc ce  subterfuge ? Même l’Arlésien évoqué et condamné sans appel ne peut rester secret avec tous les détails vrais rappelés le concernant : Claude Perdriel, le richissime grand patron de presse longtemps propriétaire du Nouvel Obs. avec ses cent cinquante-huit millions d’euros de fortune évaluée en 2009, est le personnage odieusement versatile de cette gauche discutable ; les sources de basse-fosse de l’insolente aisance de ce bizarre fantôme, passé agressivement aux rayons X, dénature cette fausse tentative de discrétion. Toutes ces malhabiles contorsions altèrent manifestement la fulgurance des attaques déclenchées, et ne peuvent qu’engendrer le scepticisme du lecteur attentif, déjà quelque peu irrité par une écriture volontairement pédante, avec abusive délectation pour une richesse sémantique. Un hyper-intellectualisme recherché accroît la gêne générale véhiculée par ce vitupérant discours.

Apprenons-nous réellement quelque chose de neuf sur le fétide « mondio » médiatique français, ses soumissions, ses compromissions, ses mensonges, sa critiquable intégrité, pour ne point dire son total manque de probité, ses manigances ignobles pour s’octroyer une part du pouvoir politique, économique et culturel en France ? Seul le quidam profondément ignare, ou gravement innocent cérébral y trouve alléchantes révélations et découvre licence et ignominie constantes.

Le grand dégoût général, fond essentiel de ce récit, s’épand au-delà de cet univers particulier de cette presse d’une gauche bien inconstante et bien peu crédible, pour concerner autant la politique gouvernementale d’une décevante gauche aux manettes, que le progressisme intellectualisant de « bobos » trompeusement gauchisants , du genre particulièrement vomi d’Alain Finkielkraut. Elle s’en prend aussi aigrement à Pascal Bruckner, Laurent Môquet, Marcel Gauchet ou Pierre Nora, comme traîtres à la cause de la gauche subliminale.

Y avoir aveuglement et si passionnément cru, et, plein d’espoir un peu naïf, milité sincèrement en ce sens, pour en devoir constater amèrement les lamentables dévoiements, les ignobles reniements et, les cuisants échecs, ne peut qu’engendrer par désolation compréhensible, un vertigineux désarroi qui fleure l’aversion.

Le traumatisme à allure de drame que transcrit la furie et les mots fort agressifs de cette journaliste enragée, de cette égérie de la pureté de gauche, me semble pourtant jamais vécu comme véritable tragédie ; cela serait apparu unique moyen pour que se pût tolérer un tel déversement , quand bien même le fond paraîtrait acceptable si crédit était donné à une plaidoirie pour probité et liberté de l ‘éthique « journaleuse ».

Le Monde libre, Aude Lancelin, Editions les Liens qui libèrent (Sept 2016), Prix Renaudot,  234 pages. 19 euros.

  1. Gérard Henri
    Gérard Henri17 juillet 2017

    AL apparaît clairement comme l’exemple type de ces perturbés qui , selon les psychanalystes , articulent leurs névroses sur les problèmes propres à la société contemporaine…… !!

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