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Du climat et de ses variations : un phénomème historique

Louis Duveau La Peste DElliant

Du climat et de ses variations : un phénomème historique

Dr Bernard Plouvier , auteur, essayiste ♦

L’on n’a pas attendu l’ère de l’économie globale et de la mondialisation de la propagande politique pour s’intéresser aux conséquences des conditions climatiques sur la vie animale et végétale de notre planète et la survie de l’humanité ainsi qu’aux retombées environnementales des activités humaines.

En revanche, notre époque innove, en ce sens que nos brillants potentats osent lancer une arnaque politico-économique fondée sur d’énormes mensonges écologiques et climatologiques. Il est peut-être intéressant, avant d’être contraints de payer de nouveaux impôts et de nouvelles taxes à la consommation justifiées par diverses contre-vérités, d’en revenir à quelques notions bien connues des historiens et des scientifiques non prostitués aux puissants du jour.

Durant le dernier million d’années, la Terre a connu 7 longues périodes de glaciation, l’ultime, la glaciation dite de Würm I à IV, s’est terminée à la fin du 11e millénaire avant J.-C. Durant les périodes Würm III et IV (entre – 60 000 et – 12 000 ans), Alaska, Canada et Sibérie étant unifiés par les glaces, des Sibériens et des Aïnos (de race européenne), des Lapons et des Mongols (de race asiatique), partant de Sibérie ou passant par elle, ont pu coloniser le continent américain, jusque-là vierge d’humains.

Au 11e millénaire avant notre ère, la fonte des glaces, liée à un considérable réchauffement climatique – sans commune mesure, par son ampleur, avec celui allégué par les climatologues dévots du « réchauffement catastrophique » actuel -, a séparé les îles Britanniques du reste de l’Eurasie, par création de la Manche, tandis que le lac Baltique s’ouvrait sur la Mer du Nord, en plus de bien d’autres modifications géophysiques.

Chaque glaciation a fait suite à un changement d’inclinaison de l’axe terrestre ou à un allongement de l’orbite de la planète, l’éloignant du Soleil, tandis que le réchauffement était consécutif à une modification inverse du géomagnétisme ou un raccourcissement de l’orbite terrestre.

L’évolution des névés (la neige compacte) et des moraines (des amas de terre et de roches tassées par les glaces, laissés en place lors de la fonte des glaciers), l’étude des coraux (qui renseigne sur la température des océans) et des sections d’arbres fossilisés, permettent de retracer, de façon bien sûr approximative, les bouleversements climatiques des cinq derniers millénaires, qui furent infiniment plus importants que les modifications thermiques du XXe siècle qui se poursuivent sur un mode mineur, n’en déplaise aux zélotes ignares de l’écologie grotesque, manipulés par d’habiles financiers.

Du 3e millénaire jusqu’au milieu du 1er millénaire avant J.-C., la Terre bénéficie d’un climat chaud, propice aux bonnes récoltes. On constate un refroidissement du 4e au 1er siècles avant J.-C., suivi d’un modeste réchauffement du IIe au IVe siècles après J.-C. Survient un désastreux refroidissement durant les âges sombres des VIe, VIIe et VIIIe siècles, puis s’installe un franc réchauffement du IXe siècle au début du XIIIe, permettant l’éclosion les deux premières Renaissances du Moyen Âge : en cette époque d’expansion démographique en Europe occidentale, scandinave et danubienne, le Groenland est en quasi-totalité une terre verte (en témoignent les écrits islandais), ce qui n’est plus le cas de nos jours.

L’influence du climat sur la faune et la flore, sur la production agricole et sur la santé humaine, a été discrètement évoquée par Lucrèce au 1er siècle avant J.-C. Elle est devenue un grand sujet littéraire et philosophique à partir du XVIe siècle, lorsque Jérôme Cardan a publié ses réflexions sur les récits des explorateurs espagnols et portugais du Nouveau Monde, d’Afrique australe et d’Asie. Durant les années 1730 sq., Montesquieu introduisit le sujet en France.

Très vite, s’est développée la peur d’user les réserves naturelles par l’excès de bouches à nourrir

Prédicateurs catholiques et réformés, aussi bien que le fameux Malthus furent unanimes : la Terre vieillit ; elle produit moins de blés (on appelait ainsi, avant le XIXe siècle, toutes les variétés de céréales panifiables) et moins de fruits ; le bétail est moins gras et moins prolifique qu’autrefois ; les mines rendent moins de métaux, etc.

En 1788, la grande peur des chroniqueurs et des journalistes parisiens était la pénurie de truffes noires. Durant tout le XXe siècle, on a fait croire que la Terre allait manquer de pétrole, alors que la prospection permet d’en découvrir de nouveaux gisements chaque année et que, depuis 2014, la production excède les besoins des 7 milliards d’humains… au fait, dans les journaux, on retrouve la même plainte : « Il n’y a plus de truffe », ce qui est un excellent argument pour en maintenir très élevé le cours.

D’une manière générale, les récoltes et vendanges sont plus abondantes et les grains se conservent mieux en période de réchauffement climatique. À l’inverse, les refroidissements de longue durée sont contemporains de graves épidémies par moindre résistance d’organismes humains peu ou mal nourris en régions de médiocre productivité agricole.

La première pandémie de peste, du milieu du VIe siècle jusqu’au premier tiers du VIIe, fut contemporaine d’un climat très pluvieux et froid, favorisé par de monstrueuses éruptions volcaniques d’Amérique centrale (celles du volcan Ilopango du San Salvador sont bien connues), retentissant sur l’ensemble de l’hémisphère Nord, provoquant de très mauvaises récoltes et une énorme mortalité. Le scénario fut rejoué de façon identique au XIVe siècle.

Effectivement, la Grande Peste a frappé durement l’Europe dans la seconde moitié du XIVe siècle, en une époque où, du fait d’une intense activité volcanique lointaine, les récoltes étaient insuffisantes pour bien nourrir les 17 à 20 millions de Français ou les 5 à 6 millions de Britanniques. Le refroidissement de longue durée, du XIVe au XVIIe siècles, n’a nullement empêché la Grande Renaissance de transformer l’Europe puis l’ensemble de la Terre, grâce à la colonisation du Nouveau Monde par l’Européen civilisateur. Les grandes inventions, comme l’humanité sait en faire au début des grandes poussées civilisatrices, ne sont pas corrélées au climat
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Le réchauffement, débuté entre 1715 et 1720, s’est poursuivi jusqu’à nos jours, entrecoupé de périodes froides de 10 à 12 ans, liées à une diminution des éruptions solaires, par exemple, de 1781 à 1795, durant lesquelles la « révolution industrielle » était patente depuis une trentaine d’années en Grande-Bretagne et commençait à se développer en France et dans la future Belgique.

On constata de même un refroidissement durant les années 1939-1955, où les hivers furent exceptionnellement froids et longs dans l’hémisphère Nord, tandis que l’activité sidérurgique était très intense en raison de la guerre puis de la phase de réparation des immenses dégâts occasionnés par les « bombardements libérateurs » et les combats terrestres.

N’importe quel lecteur, même peu familiarisé avec l’histoire des civilisations, peut se rendre compte qu’il n’y a aucune corrélation entre cette alternance de réchauffements et de refroidissements et l’importance du peuplement humain ou l’activité industrielle (donc les gaz à effet de serre produits par les rejets de l’activité de l’homme et de ses machines). L’année la plus chaude durant l’ensemble du XXe siècle, dans l’hémisphère Nord, fut 1934, soit une année de sous-activité industrielle partout sur la planète, sauf en URSS, au Japon et en Allemagne, un pays où l’activité était toutefois inférieure à celle des années 1928 et 1929.

Les catastrophes climatiques jouent-elles un rôle politique ?

Non ! L’acmé du « petit âge glaciaire » de 1690 à 1715 eut des conséquences dramatiques en Europe occidentale, sans déclencher de révolution. En France, Louis XIV était d’une autre trempe que son descendant, le colossal mollasson Louis XVI et partout ailleurs les monarques maintenaient une forte pression sur leurs administrés, sévissant durement après chaque émotion populaire.

Certes, les amateurs d’anecdotes citent les aléas climatiques français de 1788-89. Mais durant les années 1774-76, l’on avait vécu trois récoltes lamentables, associées à un accaparement des grains et des farines par quelques riches trafiquants, encouragés par les ennemis de Turgot : le Prince de Conti, cousin de Louis XVI, la très sotte Marie-Antoinette, le comte d’Artois (le futur Charles X) et l’ineffable Jacques Necker, le banquier qui se prenait pour un homme d’État. La « guerre des farines » n’avait occasionné que de rares émeutes localisées, d’ailleurs induites par les comploteurs déjà cités.

Le 14 juillet 1788, une tornade de grêle ravagea le royaume, détruisant le tiers des récoltes, mais la Révolution du printemps et de l’été suivants avait des causes structurelles et des causes politiques (faiblesse de l’Exécutif & puissantes ambitions de divers nobles, clercs et bourgeois « éclairés ») qui étaient perceptibles dès 1750.

Ce n’est nullement notre timide « réchauffement climatique » et ses pseudo-conséquences qui pourraient faire bouger les molles populations d’Europe. Mais l’invasion migratoire en provenance d’Afrique, du Moyen- et du Proche- Orients, couplée aux menus désagréments de l’islam djihadiste et du contact avec les rejetons turbulents de cette immigration devraient, en bonne logique, ébranler les nations autochtones d’Europe.

Illustration :  Louis Duveau (1818–1867), La peste d’Elliant 1849, huile sur toile, Musée des beaux-arts de Quimper.Ce tableau illustre une épidémie de peste survenue au Moyen-Âge, à Elliant (Finistère) selon une tradition orale reprise dans le Barzaz Breiz de Théodore Hersart de la Villemarqué.

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