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MÉTAMAG : le média métapolitique du partisan européen

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MÉTAMAG : le média métapolitique du partisan européen

Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦

C’est la rentrée : sera-t-elle sociale ? La question hante  toutes les salles de rédaction. La France a été secouée par la surprenante élection présidentielle de 2017 qui fut à la fois un joli tour de passe-passe politique permettant au système de perdurer (« tout change pour que rien ne change ») mais en même temps aussi, un vrai séisme politique dans une France très politisée où toutes les configurations politiques jusque là établies ont été bousculées.

Les Français ont fait leur grand ménage de printemps en écartant tous les ténors d’une gauche et d’une droite épuisées par les pires compromissions depuis des décennies. Les partis politiques sont morts : Parti socialiste et Parti républicain sont dynamités tout comme l’est aussi – ne nous voilons pas la face – le Front National de Marine Le Pen .

La France est ainsi devenue en douceur une post-démocratie, une dictature administrative, avant-garde du gouvernement mondial à venir, servie par une équipe d’arrivistes souvent incultes et ne pensant de toutes manières qu’à la gamelle ou par des militants multiculturalistes, écologistes ou libertariens aguerris rêvant d’un monde sans frontières, unisexe et sans famille.

Le principe électoraliste s’est aussi éteint

Si le « dégagisme » a ainsi renvoyé les politiciens professionnels à leurs chères études ( ils donneront demain des conférences insipides à sciences-po), le principe électoraliste s’est aussi éteint. C’est sans doute cela d’ailleurs la grande nouveauté politique : mis à part les conformistes au sens d’Alberto Moravia et l’étrange coalition des bobos et des Français de papier, plus personne ne croit aujourd’hui en France aux élections et encore moins, dirions-nous dans le camp des résistants.

En fait à Métamag, cela nous rend optimiste

Dans le réglement de compte “postélectoral” du FN, nous partageons les mots de Patrick Buisson sur ce parti,  « un épouvantail, le meilleur allié du Système, son assurance-vie ». Nous ne vénérerons surtout pas « le menhir », coupable selon nous du pire. Nous n’oublierons jamais 2011 et la manière dont a accédé à la Présidence du Front National pour de pures raisons familiales Marine Le Pen contre l’avis de militants sincères et fidèles.

Nous n’excuserons jamais le silence complice de son Président d’honneur face au lissage du parti, à l’abandon progressif des fondamentaux idéologiques du mouvement même si aujourd’hui mais un peu tard, il nous joue la comédie du “mea culpa” devant des grilles enchaînées. Nous savons aujourd’hui que la stratégie du recentrage électoraliste du Front National fut une erreur magistrale puisque qu’elle se faisait justement au moment où les Français se radicalisaient sur les questions migratoires, l’islamisation ou les mœurs.

Faut-il alors créer un nouveau parti et retomber dans le même travers du changement électoraliste ?

En fait, le gouvernement Macron nous apprend que le pouvoir n’est plus là, n’est plus politique. Il faut donc passer du militant politique traditionnel à une autre figure, celle du dissident et du partisan en envisageant la seule issue possible : la résistance intellectuelle et la révolte active. Ce n’est plus au niveau national qu’il faut raisonner mais au niveau européen et construire des ponts européens. Plutôt qu’un Front National, construisons un Front Européen avec nos amis catalans et basques, frioulans et romains, écossais et irlandais, anglais et allemands, hongrois et polonais, slovènes et ukrainiens et j’en passe. C’est l’Europe des cent drapeaux qui est plurielle. Nous ne rêverons plus jamais du Roi de France ni du Roi du monde mais d’une bannière étoilée sur fond bleu que nous allons nous réapproprier puisqu’elle nous fut dérobée par les économistes à la Delors, les atlantistes à la Monnet et s’il y avait encore une seule élection à préparer, ce serait uniquement celle des Européennes pour agrandir la résistance de Višegrad, de la Pologne et de la Hongrie, du peuple italien qui commence à réagir mais cette fois ci ouvertement contre le grand remplacement.

Quelle est la place dans un tel combat de partisan européen d’un magazine critique d’information numérique comme Métamag ?

Depuis la Seconde Guerre mondiale, la domination culturelle de l’Occident sur le reste du monde s’est fondée en grande partie sur la qualité de ses médias, de ses journaux , garants d’une information objective, censée être représentative des réalités mondiales et des débats publics les concernant. On aimait le matin recevoir son journal ou l’acheter. On se levait tôt pour cela.  Aujourd’hui, on se démène pour  trouver un kiosque qui a disparu et le quotidien du soir est devenu un instrument de pure propagande capitalistique, osant même qualifier  récemment  l’un des meilleurs éditeurs de Paris « d’éditeur des proscrits ».

Pourtant, c’était sur ce système d’information ouvert et plus ou moins loyal, en tout cas relativement intelligent que notre monde  avait appuyé ses mécanismes démocratiques, et formé ses élites . Or, ce système d’information traditionnel s’est totalement effondré dans une acculturation mondaine et quasi générale qu’illustre bien une jeunesse amorphe scotchée aux téléphones portables et aux réseaux sociaux. Tout ceci aboutit à un monde censuré et formaté, certes ouvert et multiconnecté mais totalement assujetti à la dépolitisation, à la financiarisation du monde, au politiquement correct par une inquisition numérique interposée (filtres et décodex par exemple). On brasse dès lors une quantité d’informations sous forme de dépêches sans aucun recul, des informations continues diffusées en boucle. Connectées en permanence et ayant souvent licenciés par économies budgétaires ses correspondants et ses envoyés spéciaux, les salles de rédaction, même les plus importantes, se retrouvent tout simplement submergées de communiqués et de tweets, du coup techniquement incapables de rendre compte d’une réalité considérablement « augmentée » par les cellules de communications professionnelles. Aussi les médias se voient-ils contraints de devoir choisir parmi toute cette information disponible et leurs choix sont tous orientés par les évolutions sociales de type libéral qui ont permis à de gros intérêts économiques de s’emparer des bastions stratégiques des rédactions de presse. Les journalistes ne sont plus que des chiens de garde du système et n’obéissent qu’à ceux qui les paient, s’éloignant ainsi de leur mission d’éclairage de citoyens responsables au cœur des systèmes démocratiques.

Il n’y a plus en France de presse libre

Néanmoins, jusque-là, on parvenait encore à y voir clair par les biais de militants. Mais cette espèce, l’espèce des militants bénévoles est aussi en voie de disparition. Dans le même temps, le pouvoir illégitimé par le fort taux d’abstention et le vote en réalité d’à peine 20% de la population se raidit forcément puisqu’il ne pourra tenir politiquement qu’en contrôlant drastiquement et en verrouillant sa communication. Enfin, la conflictualisation croissante de l’Europe avec le reste du monde aggrave considérablement la situation en matière d’information transformant celle-ci en particulier pour le Moyen-Orient ou sur la question du terrorisme islamique en propagande psychologique de guerre, en désinformation permanente voire en suppôt diabolique d’une stratégie du chaos proche du complot.

On ne pourra être pleinement européen sans recouvrer l’esprit critique de la presse d’antan

Nous devons donc procéder à une réinformation permanente dans une seule orientation positive, celle du réarmement européen, de l’Europe comme seul modèle occidental face à l’Amérique. Ce réarmement européen est culturel, intellectuel, philosophique, en bref, il est intégralement métapolitique. C’est parce que le monde se durcit, se radicalise que nous devons ériger et former au plus vite métapolitiquement le partisan européen de demain. Nous sommes donc le média métapolitique du partisan européen.

De fait, nous ne sommes plus en période de paix. Nous sommes dans un contexte de guerre et de conflictualisation radicale. Nous avons en face de nous des ennemis et des collabos transformés en machines de propagande. Cela change tout. Certes, il nous est encore impossible de savoir de quoi l’avenir sera fait car il y a trop de facteurs en jeu, trop d’imprévus, trop d’incertitudes. De plus, au rythme où vont les déferlements de populations, on peut esquisser un assez probable tableau de ce que deviendra l’Europe dans un futur plus proche qu’on ne le pense puisque c’est une évidence, l’Europe réelle ne sera jamais après tout que la somme des populations qui y vivent.

On s’est promené cet été en France : la France change et les « Français » aussi. Entre le grand remplacement et la dégénérescence inexorable d’une partie de la population « de souche », on se dit que la célèbre formule de Robert Dun prend tout son sens : « Il est plus tard que vous ne le pensez ». L’oligarchie en place est la principale responsable du marasme total dans lequel se débat actuellement la France avec cette idéologie molle mais pourtant encore bien efficace qui la porte, un mélange de marxisme culturel, de féminisme anti patriarcal, d’écologisme anti-nucléaire, de soumission humanitariste et néo-chrétienne à l’étranger. Le pays est clairement mal dirigé, mal formé, ses valeurs et ses coutumes traditionnelles ont été trahies depuis des décennies par le laxisme généralisé. Cela commence à laisser des traces indélébiles dans une manière d’être et de se comporter. La démographie, les déplacements de personnes à grande échelle et la surpopulation seront en tout cas les enjeux européens du XXIème siècle.

Les élections sont passées puis la France insouciante est partie en vacances. Aucune élection nationale ne pourra plus remédier à la décadence comme au malaise et au pessimisme français, nourri du sentiment de déclassement et d’abandon populaire. Aucune élection nationale ne pourra plus remédier à cette pensée d’en-haut, abstraite, déconnectée, arrogante et surfaite, source de défiances, de rigidités à l’endroit des vrais acteurs de la société. Est-il d’ailleurs vraiment vrai que les Français n’aient le goût de rien ? Nous les sentons en tout cas prêts depuis longtemps à être européens et c’est d’ailleurs ce que Florian Philippot dans son entêtement suicidaire n’a jamais compris.

Si nous n’imaginons plus d’avenir à un mouvement national, c’est que nous raisonnons encore plus que jamais en Européen, en partisan européen.

Ainsi, Métamag se propose d’être dans l’espace médiatique le magazine critique de ce combat politique, identitaire, philosophique et solaire. Pour se faire, nous souhaitons multiplier beaucoup plus les correspondances européennes avec l’Italie, l’Allemagne, la Grande-Bretagne (l’UE n’est pas l’Europe), l’Espagne, le Benelux, les pays du groupe de Višegrad afin d’envisager ensemble une résistance plus combative et d’en informer constamment les partisans européens français puisque faute de moyens, nous restons hélas un magazine français.

A propos de moyens, vos dons généreux nous permettent de finir l’année civile, c’est trop peu pour travailler dans la sérénité. C’est pourquoi….

Bonne rentrée à tous.

 

  1. ROLLAND
    ROLLAND1 septembre 2017

    “Ce réarmement européen est culturel, intellectuel, philosophique, en bref, il est intégralement métapolitique.”
    Comme je suis d’accord avec toi!
    Tenez bon.

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