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Archéologie: en France, toute une partie de la Vienne antique sort de terre

Archeologie Vienne Antique

Archéologie: en France, toute une partie de la Vienne antique sort de terre

Archéologie ♦

7 000 mètres carrés. Un nouveau faubourg de la Vienne antique a été découvert sur les bords du Rhône, dans le sud-est de la France non loin de Lyon, lors d’une opération d’archéologie préventive. Les édifices découverts, épargnés par un incendie, sont dans un rare état de conservation. D’aucuns parlent déjà d’une « petite Pompéi viennoise ».

En construisant un immeuble à Sainte-Colombe, sur la rive droite du Rhône près de la ville actuelle de Vienne, les ouvriers ont trouvé un nouveau site gallo-romain dans cette région déjà riche, qui couvrait les deux rives du fleuve pendant l’Antiquité. Résultat, les constructions attendront. La trouvaille est si « exceptionnelle » que le ministère de la Culture va prolonger les fouilles jusqu’à la fin de l’année.

D’ici décembre 2017, les archéologues vont donc creuser encore plus profond. Ils s’attendent à découvrir d’autres richesses et tous les objets retrouvés seront lavés, datés et montrés lors d’une prochaine exposition. « Il s’agit sans doute de la fouille la plus exceptionnelle de l’époque romaine depuis 40 ou 50 ans. Nous avons une chance inouïe », s’émerveille l’archéologue Benjamin Clément.

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Sainte-Colombe, dans le Rhône

De fait, les premières photos des vestiges sont impressionnantes. Les experts parlent déjà d’une « Pompéi viennoise », à ceci près qu’il n’y a aucune trace de cadavres dans les environs. « On a très clairement identifié un quartier urbain, domestique, d’habitat, très luxueux avec de grandes maisons, sur lesquelles on a découvert des mosaïques, des sols en marbre conservés, ce qui montre le prestige de ces bâtiments », décrit le céramologue Bertrand Bonaventure.

Parmi les découvertes : une mosaïque préservée dans sa quasi intégralité. Thalie, la muse de la comédie, y apparaît les fesses dénudées, kidnappée par un Pan lubrique. L’œuvre devrait être restaurée à l’atelier du musée gallo-romain de Saint-Romain-en-Gal, situé tout près sur les bords du fleuve. Elle sera ensuite présentée au public un peu plus tard.

« L’autre moitié du site correspond à un vaste espace public, une grande place de marché qui permettait aux gens de vendre leurs marchandises dans des boutiques et dans des ateliers développés tout autour de cette place », ajoute M. Bonaventure, dirigeant de l’entreprise Archeodunum, qui va désormais se charger d’analyser les céramiques et les ossement d’animaux retrouvés dans la terre.

Selon les premières conclusions, deux marchés successifs, un temporaire et un permanent, ont été remplacés plus tard par un très grand édifice public au plan atypique, avec une fontaine monumentale ornée d’une statue d’Hercule. « On sait grâce aux inscriptions qu’existait une école très importante à Vienne. On pourrait donc l’avoir localisée », espère l’archéologue Benjamin Clément. Mais les futures analyses en diront plus.

« Très clairement, ça n’arrive qu’une fois dans une vie d’archéologue de tomber sur un site de cette nature et dans un tel état de conservation », conclut Bertrand Bonaventure. « Ce sont des incendies successifs qui ont permis de conserver tous les éléments en place quand les habitants ont fui la catastrophe, transformant le secteur en une véritable petite Pompéi viennoise », explique Benjamin Clément auprès de l’Agence France-Presse.

Les chercheurs pensent que les incendies, qui ont finalement permis de préserver tous ces vestiges, a fait s’effondrer le premier étage, le toit et la terrasse d’une somptueuse demeure qui était entourée de jardins. Datée de la deuxième moitié du Ier siècle, elle est baptisée la Maison des Bacchanales, en raison d’une mosaïque au cortège de bacchantes et de satyres entourant un Bacchus. Les étages effondrés ont été préservés, le mobilier est resté sur place.

Balustrades, mosaïques décorées et pavements de marbre, donc, mais aussi réseau hydraulique. Le faste de la maison évoque aux archéologues un riche marchand venu d’Orient. « On va pouvoir restituer cette maison du sol à la toiture, comme à Pompéi ou Herculanum », se réjouit Benjamin Clément.

Pendant l’Antiquité, la Vienne romaine se trouvait à un carrefour de circulation majeur entre le Rhône et la Voie de Narbonnaise, qui liait alors la capitale des Gaules, c’est-à-dire Lyon, et la ville d’Arles, au sud. A l’heure actuelle, les nombreux vestiges retrouvés sur place à différentes périodes s’étalent sur les deux rives du fleuve entre deux départements : l’Isère, où se situe Vienne, et le Rhône, avec Sainte-Colombe et le site archéologique de Saint-Romain-en-Gal.

Source 

Illustration : Sainte-Colombe, dans le Rhône

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