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Syrie : la guerre est elle finie ? La France absente de la reconstruction !

Syrie Siège De Damas

Syrie : la guerre est elle finie ? La France absente de la reconstruction !

Jean Bonnevey ♦

Le président syrien Bachar al-Assad a reçu à Damas le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgo. Ils ont discuté de leur “coopération militaire et militaro-technique dans le contexte des opérations réussies des forces gouvernementales syriennes avec l’aide de l’aviation russe pour la destruction du groupe terroriste Etat islamique (EI) en Syrie“, selon le ministère russe de la Défense.

Les deux hommes, dont la dernière rencontre remonte au 18 juin 2016 à Damas, ont également évoqué la “stabilisation de la situation en République arabe syrienne, du fonctionnement des zones de désescalade et de la livraison d’aide humanitaire à la population“, a précisé le ministère russe. Alliée indéfectible du régime de Bachar al-Assad, la Russie est intervenue militairement dans le conflit en septembre 2015 pour aider les forces gouvernementales syriennes alors en difficulté face aux rebelles et aux jihadistes.

Depuis, le régime de Damas a remporté de nombreuses victoires

michel goyaLa semaine dernière, l’armée syrienne, soutenue par des frappes russes, a réussi à briser le siège des deux enclaves encerclées depuis près de trois ans par les jihadistes et où vivent plus de 90.000 personnes.

Dans une analyse publiée mardi 12 septembre, « Tempête rouge – Enseignements opérationnels de deux ans d’engagements russes en Syrie », le colonel Michel Goya, historien et auteur du blog La voie de l’épée, expose brillamment les raisons du succès de l’intervention russe en Syrie. « Cette intervention est un succès car elle a permis d’atteindre son objectif politique premier, qui était de sauver le régime syrien alors en grande difficulté, et même de contribuer à sa victoire probable. Le corps expéditionnaire russe a largement contribué à l’endiguement des forces rebelles à la fin de 2015. Puis, en particulier avec la prise d’Alep, à la conquête presque définitive du grand axe de l’autoroute M5, centre de gravité du conflit, pendant l’année 2016. Avant de lancer une campagne dans l’est désertique jusqu’au dégagement de l’aéroport de Deir ez-Zor, assiégé par l’Etat islamique. La guerre est encore loin d’être terminée, mais elle ne peut plus désormais être perdue par Bachar Al-Assad».

Contre toute attente Assad a gagné la guerre. Et maintenant la paix ?

Syrie-une guerre pour rienIl s’agit surtout pour le camp occidental et en urgence désormais, d’effacer l’affront de cette impensable victoire du régime syrien décrit comme moribond depuis presque le premier jour de la «révolte populaire» de 2011, qui est toujours bel et bien là et fait spectaculairement mentir toutes les prévisions de nos diplomates.

Fin août, s’est ainsi tenu la Foire internationale de Damas, rendez-vous syrien consacré à l’économie créé en 1954, mais interrompu depuis 2012. Du 21 au 23 septembre, aura lieu la troisième Exposition pour la reconstruction de la Syrie. Pour Frédéric Pichon, chercheur spécialiste de la Syrie et consultant, qui vient de publier Syrie, une guerre pour rien (éd. du Cerf), le régime de Damas effectue un «pivot vers l’Est», notamment vers la Chine et l’Inde, pour renforcer sa légitimité auprès des puissances émergentes.

Par idéologie la France a tout perdu dans cette guerre et se trouve écartée des visions de paix. Le changement de cap initié par le président Macron est arrivé semble-t-il trop tard.

Illustration : le siège de Damas qui eut lieu pendant la deuxième croisade. Il commença le 24 juillet 1148 et fut levé quatre jours plus tard.
  1. Révolté
    Révolté14 septembre 2017

    Bonjour
    Et merci qui? Comme d’habitude nos zelus sont toujours à côté , et leur choix nous coûte tant financièrement que représentativement et nous sommes les éternels cocu de la planète
    Ils suivent toujours la pensée unique et nous? nous l’avons dans le … et nous devons financer leur incapacité au prix FORT. Et aux prochaines élections ? Et bien on change le nom du parti et on reprend les mêmes ! Ça fait plus de 45 ans que ça dure!alors! pourquoi changer

  2. lhomme
    lhomme26 septembre 2017

    Effectivement, la France est nulle part dans cette phase de sortie de crise et de reconstruction syrienne. Encore heureux ! Nous avons péroré sur le sort d’Assad et cherché à l’éliminer, fait la morale à tout le monde, été en première ligne des va t’ en guerre avec Fabius et Hollande et nous voudrions en plus être conviés à la table de négociation et sur les chantiers de la reconstruction d’Alep ! Pourtant, c’est vrai que nous étions l’une des nations européennes qui connaissait le mieux le Levant et ces régions du Proche et Moyen-Orient mais voilà tout cela fait partie du déclassement de la France, de sa perte de compétitivité et d’influence sur toutes les questions diplomatiques et militaires, même si dans le discours nous continuons de nous enorgueillir d’être la première armée d’Europe. En 2025, c’est-à-dire demain, nous devrions glisser de la 5ème à la 13ème place en termes de PIB au niveau mondial alors serons-nous toujours, en 2025, au conseil de sécurité ? La sémantique utilisée par notre nouveau gouvernement avec un « ministère des armées » et un « ministère de l’Europe et des affaires étrangères » laisse entrevoir le glissement rapide de notre souveraineté en matière de défense sous la tutelle de Bruxelles, et qui sait le partage de notre poste au conseil de sécurité avec l’Allemagne contre l’assurance d’un support financier compte tenu de l’état de notre dette souveraine ? Hubert Védrine l’affirmait déjà depuis plusieurs années (https://www.youtube.com/watch?v=qMKtPN3Q0N8) ML.

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