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Conflit atomique en Asie du Sud-Est : et si cela devait arriver ?

Coree Guerre Atomique

Conflit atomique en Asie du Sud-Est : et si cela devait arriver ?

Yves-Marie Laulan ♦
Ancien directeur à l’OTAN,
ancien conférencier à l’Ecole supérieure de Guerre.

Mais de quoi parlez-vous donc ? De Paris, enfin ville olympique, du dernier attentat de Daech en Irak, du récent tweet de Donald Trump ou d’un nouveau Brexit ?

Non pas , mais il faut se rendre à l’évidence. La guerre nucléaire est à nos portes avec l’éventualité, en fait, la probabilité d’un nouveau conflit atomique en Asie du Sud Est déclenché par l’imprévisible Kim, maître juvénile de la Corée du Nord. Ce pays vient de tirer un nouveau missile à longue portée , ( 3700 kilomètres, à portée de Guam) après une longue série d’essais nucléaires de plus en plus puissants, le dernier en date étant une bombe, peut-être à hydrogène , 16 fois plus puissante que celle que a détruit Hiroshima. Ce qui était simplement virtuel devient une réalité plausible.

Le petit bonhomme replet , au faciès en forme de pot de chambre renversé et à la bouche microscopique, frappé d’une forme juvénile d’ « hubris »(1) tient donc entre ses mains potelées le sort du monde civilisé. Car ne nous faisons aucune illusion. En cas de conflit en Asie du Sud-Est, l’incendie ne s’arrêtera surement pas là et c’est la planète entière qui sera affectée.

Comment en est-on arrivé là ? Comment cette implacable marche à l’abîme s’est-elle mise en marche sans que personne ne fasse rien pour en enrayer ce mécanisme infernal  sauf , faiblement et, sans aucun succès, les États-Unis de Barak Obama, l’aimable président métis, plus préoccupé de Sécurité sociale que de sécurité tout court. Le présent tonitruant président actuel ne fait guère mieux. Il se révèle être de plus en plus comme le Tartarin de Tarascon des bords du Potomac dont la pensée n’excède pas 12 mots, la longueur maximale d’un tweet.

Il faut quand même souligner aussi l’extraordinaire passivité de la communauté internationale, Chine , Russie et même Japon, Europe comprise, laquelle se contente de réunir en urgence bien entendu, le Conseil de Sécurité dont on connait l’incapacité à faire quoi que ce soit de significatif. Le Général de Gaulle n’avait pas si tort que cela quand il parlait naguère de « machin »   à propos de l’ONU qui apparaît comme une sorte de machine à faire perdre du temps , le « cache sexe » de la pusillanimité , voire de lâcheté en matière de relations internationales.

Le rituel est bien au point. Le monde dort du sommeil du juste, essentiellement préoccupé d’emploi, de loisirs, de sport et mesure chichement des crédits consacrés à sa défense et à sa sécurité. La Corée du Nord tire un nouveau missile à plus longue portée ou fait exploser une bombe atomique plus grosse encore. Le Conseil de sécurité prend des résolutions jamais appliquées et toujours inefficaces, en attendant le prochain essai nucléaire de la Corée du Nord.

Ce petit jeu peut-il durer éternellement ? Eh bien , non, car comme le rappelle le proverbe, « tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse ».Les risques de dérapages sont multiples , d’abord et avant tout de la part de la Corée du Nord elle-même lassée de voir que ses provocations multiples et répétées nucléaires n’émeuvent plus guère ses voisins blasés. Elle voudra toucher enfin les dividendes de sa politique frénétique d’armement en frappant de plus en plus fort jusqu’au moment où elle ira trop loin en franchissant, peut-être par inadvertance, une quelconque ligne rouge. Ce pourrait être un essai raté  qui fera tomber un missile, armé ou non, sur le territoire voisin au lieu des profondeurs bénignes de l’océan. Ou encore des radiations atomiques massives libérées par ces explosions en série que les vents contraires ramèneront un jour sur le territoire russe ou chinois. Et là encore, les choses risquent fort de se gâter sérieusement car il s’agirait ni plus ni moins d’un véritable acte de guerre.

Quels sont les pays voisins directement concernés par les turbulences nord coréennes ?

Un coup d’œil sur la carte nous renseignera promptement. Il s’agit au premier chef de la Chine, laquelle commence tardivement à se rendre compte qu’elle a imprudemment joué les apprentis sorciers envers son petit protégé qu’elle ne contrôle absolument plus. Où est la légendaire sagesse chinoise qui lui a permis d’avaler tranquillement tous les obstacles dressés sur sa route depuis la guerre ? Signe significatif, le gouvernement chinois commence tardivement à prendre des mesures pour protéger autant que faire se peut sa population menacée par les radiations venues de la Corée voisine.

Puis il y a le Japon bien sûr. Mais là, la Corée du Nord peut jouer sur du velours. Elle ne risque absolument rien car ce malheureux pays est devenu la « tête à gifle » de la région, pays sur lequel on peut taper tranquillement en toute impunité sans aucun risque de représailles. Et la Corée du Nord ne s’en prive certes pas et lance missile après missile au-dessus de son territoire. Le ciel japonais est devenu le terrain de jeu des missiles coréen. Le gouvernement japonais proteste, avec plus ou moins d’énergie, puis retombe dans sa prostration coutumière.

Vient ensuite la Russie, pays supposé ombrageux, vis-à-vis des États-Unis ou de l’OTAN. Mais il fait preuve en l’occurrence d’une surprenante magnanimité fondée sur la conviction que Kim est parfaitement indifférent aux déclarations guerrières de Wladimir Poutine lesquelles font frémir l’OTAN ou les Etats-Unis de temps à autre, en fait chaque fois que les récoltes sont mauvaises à Moscou. Alors autant se taire et épargner sa poudre verbale (La Russie qui joue les matamores et fait entendre des bruits de bottes quand les USA et l’OTAN sont en cause est  remarquablement  prudente envers la Chine, sa redoutable voisine, qui pourtant la menace directement).

Reste enfin la Corée du Sud, le frère ennemi. Mais là les choses sont encore plus commodes pour le méchant petit roquet du Nord. Car, avec le temps, la Corée du sud est devenue un pays assoupi, avachi, endormi, qui ne demande qu’à fabriquer des bagnoles, fort bonnes d’ailleurs, quitte à quémander obséquieusement la protection des États-Unis sur laquelle elle commence à concevoir d’ailleurs des doutes sérieux. Avec un Trump, on ne sait jamais. Peut-être ira-t-il jouer au golf le jour où il y aura vraiment du grabuge.

Mais que peut-on faire ?

Nous sommes à Munich, en 1938, face à un Hitler qui ne demande qu’à trouver un prétexte quelconque pour lancer ses armées à la conquête d’une Europe hésitante. Mais les Chamberlins et les Daladiers d’aujourd’hui ne manquent pas, présents au rendez-vous. Décidément l’histoire se répète. Le brave de Villepin, que l’on croyait plus sérieux, ancien chef de la diplomatie de Chirac, qui n’a certes pas laissé un souvenir impérissable à la tête du Quai d’Orsay, disait tantôt à la radio qu’il fallait « négocier ». Négocier de quoi et avec qui ? Quand on n’a rien à dire, mieux vaut se taire. On ne négocie pas avec un crotale prêt à frapper. Le mieux qu’on puisse faire est de lui écraser promptement la tête tant qu’il est encore possible de faire sans trop de risques. Après, il est trop tard. Mais le temps se fait rare. Le monde civilisé est bientôt au pied du mur, le dos au mur.

Il importe absolument de dérégler tant qu’il est encore temps le mécanisme infernal qui s’est mis en route depuis l’installation sur le trône de ce petit nabot malfaisant. Les solutions existent. Elles sont toutes risquées. Mais qui ne risque rien n’a rien.

Les sanctions de l’ONU ne servent rigoureusement à rien. La preuve est faite depuis belle lurette. Elles sont devenues une véritable farce.

Les USA ont décidé d’installer leur système de missiles Thaad. Mais on sait à quel point ce genre de système est aléatoire. C’est un missile sur deux ou trois qui interceptent effectivement les fusées ennemies. Le reste passe au travers et vient ravager le territoire adverse. Ce système n’impressionne personne, surtout pas la Corée du Nord. Alors il faut essayer autre chose.

Il serait aussi possible d’envoyer la VII° flotte croiser au plus près des côtes de la Corée du Nord, patrouiller au voisinage des ports de ce pays ou même organiser un blocus ou une mise en quarantaine comme pour Cuba au beau temps de la crise des fusées de 1962 avec le président Kennedy. Ou encore envoyer des patrouilles aériennes au-dessus de Pyongyang ou organiser délibérément des incidents sur la frontière démilitarisée entre les deux Corée, qui est demeurée paisible depuis 70 ans. Cela détournerait l’attention de Kim de son effort d’armement nucléaire qui débouchera fatalement, tôt ou tard, sur un conflit gravissime.

Une possibilité serait de fournir des armes nucléaires à la Corée du Sud et au Japon, les deux pays qui sont le plus clairement exposés à une agression nord-coréenne. Après tout, pourquoi pas ? Cela ferait peut-être réfléchir la Corée du Nord et mieux l’amener à prendre la mesure des risques qu’elle encourt.

Cela fait des décennies que les USA et ses alliés croient naïvement acheter la neutralité de la Corée du Nord en lui versant d’énormes subsides destinés à sauver sa population de la famine. En fait, ces fonds ont indirectement servi pour l’essentiel à fiancer l’effort de recherche nucléaire de la Corée du Nord dont on voit aujourd’hui les résultats. C’est ce que l’on appelle « se tirer proprement une balle dans le pied ».

En réalité, en cas de conflit nucléaire, la seule protection offerte réside, soit dans la possession d’un immense territoire, c’est le cas de la Russie, ou dans l’existence d’une immense population : c’est la situation de la Chine. Hors de cela, il n’y a guère de salut. Les États-Unis n’en ont pas vraiment ni l’un ni l’autre, l’Europe encore moins. A cet égard, il est vrai que la Corée du Nord est extraordinairement vulnérable. Ce pays pourrait littéralement disparaître du jour au lendemain, englouti dans le brasier nucléaire qu’il aurait lui-même déclenché.

Mais son dirigeant, à moitié fou, n’en a cure. Que veut-il au juste ? Lui-même n’en sait rien et ceux qui lui prêtent une vision stratégique en sont pour leur frais. La réalité est que, comme souvent dans les pays emmurés dans les mailles d’une dictature isolée et féroce, le moyen est devenu au fil du temps une fin en soi. Le régime produit missiles et bombes pour sa propre survie, comme le pommier produit des pommes Parce qu’il n’a pas d’autre raison d’exister. Parce qu’il ne sait rien faire d’autre.

Ceci étant, Kim joue littéralement avec le feu. Il est plongé dans une sorte d’hubris juvénile. C’est un joueur de poker. Il jouit du sentiment juvénile d’être invincible et qu’il peut agir en toute impunité, sans craindre le moindrement du monde les revers de fortune. Cette illusion est grandement encouragée, et entretenue, par la passivité de la communauté internationale. (2)

Mais sur un coup perdant, on peut perdre toute la mise. C’est ce qui « pend au nez » de la Corée du Nord.

  1. Le sentiment d’invincibilité ,  de toute puissance qui envahit parfois certains chefs d’Etat , comme Hitler en 1942, qui oublient toute prudence car tout leur est permis croient-ils.
  2. Il est à remarquer que seul le président Macron a pris la parole pour s’inquiéter de cet état de chose. Mais par contre, c’est le silence radio chez Mme Merkel ou Theresa May. Cela ne nous regarde pas. C’est l’affaire des États-Unis.
  1. Plouvier Bernard
    Plouvier Bernard18 septembre 2017

    Ok, encore un paranoïaque délirant de mégalomanie
    Un seul moyen : l’éliminer physiquement et fomenter ensuite une révolution.
    Toute solution extérieure débouchera sur un carnage continental… ce qui ne serait pas plus mal pour les Européens
    Après tout, l’ensemble des peuples de la planète (ou presque) s’est fait une joie de ravager l’Europe de 1914 à 1918, puis de 1939 à 1945, C’est au tour des autres de connaître les charmes vénéneux d’une guerre à l’échelle d’un continent.

  2. John Wayne
    John Wayne21 septembre 2017

    Le problème sera réglé avant mars 2018 ….!

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