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La dette des États-Unis vient de dépasser les 20 000 milliards de dollars !

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La dette des États-Unis vient de dépasser les 20 000 milliards de dollars !

Marc Rousset, économiste ♦

Le gouvernement des États-Unis vient d’annoncer que la dette américaine a dépassé les 20.000 milliards de dollars, soit environ dix fois la dette de la France, qui est déjà irremboursable pour une population seulement cinq fois plus grande. C’est ce que nous fait remarquer le journaliste Simon Black dans une excellente chronique sur le site SovereignMan.com du 12 septembre 2017.

La dette publique américaine s’élève exactement à 20.100 milliards de dollars, soit plus de 100 % du PIB. Elle augmente sans cesse et personne ne voit comment elle pourrait diminuer. C’est ainsi que, d’octobre 2016 à juillet 2017, le déficit des États-Unis s’est élevé à 566 milliards de dollars, soit davantage que le PIB de l’Argentine !

Tout cela n’est pas sans nous rappeler l’endettement extravagant de la monarchie française à la veille de 1789 et les assignats devenus sans valeur de la République française. On se souvient des paroles de l’ancien secrétaire au Trésor Lawrence Summers : « Combien de temps le plus gros emprunteur du monde pourra-t-il rester la première puissance planétaire ? »

Il en résulte que la soi-disant première puissance du monde doit constamment emprunter de l’argent aux Chinois… et créer ex nihilo de la monnaie avec le « Quantitative Easing ».

Le problème de la dette américaine paraît insoluble car les quatre postes de dépense les plus importants du budget américain représentent 90 % des dépenses du budget fédéral et semblent incompressibles : la sécurité sociale, « Medicare », la Défense et le service de la dette.

Il est difficile de diminuer le budget de Défense face à la Chine, à la Russie, à la Corée du Nord et à la poudrière de l’islam, du Moyen-Orient. Trump a même décidé de les augmenter de 10 % alors qu’elles représentent déjà 60 % des dépenses militaires globales du monde entier.

Agir sur la Sécurité sociale et Medicare est extrêmement difficile politiquement, voire suicidaire, comme Trump le vit tous les jours avec le « Obamacare », suite aux tensions et forces contraires diamétralement opposées dans la société civile américaine.

Quant au service de la dette, il est tout à fait impossible de le réduire sous peine de défaut, de krach financier immédiat et de proclamation officielle de la faillite des États-Unis.

Aux États-Unis, depuis 1945, les rentrées fiscales sont stables et représentent 17 % du PIB. Or, il se trouve que la dette américaine progresse trois plus vite que le PIB ! Et la croissance économique actuelle est très faible alors que les taux d’intérêt sont très bas. Si les taux augmentent – ce qui finira inéluctablement par arriver malgré toutes les contorsions et le cinéma médiatique de la Fed -, la croissance économique ralentira et le coût du service de la dette augmentera d’une façon vertigineuse, même supplice que vivra la France beaucoup plus tôt que Macron le pense !

La seule solution qu’ont trouvée les pays occidentaux jusqu’à ce jour, c’est la fuite en avant, la création de monnaie et « tout va très bien, Madame la Marquise » dans les médias… mais jusqu’à quand ? Réponse : jusqu’à ce que tout explose un beau matin d’une façon imprévisible dans le monde entier sans crier gare.

  1. Michel lhomme
    Michel lhomme18 septembre 2017

    ” Alors que tout le monde prévoyait un effondrement des bourses et du dollar en cas de victoire de Trump, il n’en a rien été. Au contraire, les marchés sont en hausse car le programme du nouvel élu, aussi flou soit-il, nécessite un monceau de nouvelle dette, qui appelle des investissements qui iront se recycler dans les marchés financiers, enclenchant de facto un probable nouveau cycle de quantitative easing ou équivalent, dont on sait à quel point il profite aux bourses américaines. La question du grand krach est régulièrement posée à chaque rentrée. Nous y avons nous-mêmes parfois cédé et avons-le, nous commençons par être sceptique à son sujet. Par contre, ce qui semble certain, c’est que nous allons assister à la disparition de la classe moyenne aux Etats-Unis et au délitement par conséquent du modèle américain anciennement basé sur celle-ci. La classe moyenne américaine car est en voie de disparition comme le montrent les derniers choix d’Amazon
    d’instaurer un « tarif social » pour les plus pauvres (!), ou de Walmart, qui a contrario, vise les plus riches, loin de leur cœur de cible qui devrait justement être une classe moyenne qui n’est plus. Nous sommes ainsi témoins de la fin d’un modèle dans lequel les services de qualité pour
    la santé ou l’éducation pouvaient légitimement être payants, car les salaires étaient suffisamment élevés. Or, depuis 2007, le revenu médian par ménage n’a cessé de baisser aux Etats-Unis (-10 % environ). Le même scénario se profile en France et en Europe. Le nouveau capitalisme oligarchique peut-il réellement survivre s’il n’arrive même plus à vendre ses produits, un temps certes par l’installation des nouveaux arrivants mais après ? ML. ”

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