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Ukraine , automne 2017 : vers un nouveau Maïdan ?

Donbass Bain De Sang

Ukraine , automne 2017 : vers un nouveau Maïdan ?

Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦

Non, l’Ukraine n’est pas la « Petite Russie ». L’Ukraine n’est pas une composante de la grande patrie russe mais oui, seule la Russie, pourra comme pour la Syrie, sauver demain l’Ukraine.

Depuis la chute de l’URSS et l’indépendance de l’Ukraine, et surtout depuis la première révolution orange qui eut lieu en 2004, on ne peut plus discuter dans certains milieux français de l’Ukraine sans sortir les poings et les noms d’oiseaux. Or n’est-on pas en train de préparer en Ukraine pour cet automne un nouveau Maïdan ? Après la défaite militaire et politique américaine en Syrie, ne faut-il pas déplacer la guerre hybride et allumer un autre brasier, cette fois-ci dans l’Est européen pour y entraîner coûte que coûte la Russie ?

Début août, Mikheil Saakachvili est ainsi réapparu soudainement en Pologne avec des articles à charge contre Porochenko et sa loi de réintégration du Donbass qui devait être votée, mais qui finalement se fait attendre. Depuis, on sent fortement en Ukraine la volonté de sortir Porochenko, jugé trop mou, pour placer quelqu’un de plus docile, de plus occidentalisé dans le style d’Ioulia Tymochenko. On ressort donc Saakachvili, l’homme devenu président de la Géorgie après la Révolution des Roses, un homme fort et réputé, déterminé, capable sans état d’âme de déclencher des guerres contre des civils vivant dans des zones ayant fait sécession (c’est lui qui avait déclenché par exemple en 2008 la guerre en Ossétie du Sud). Ainsi, la semaine dernière, Mikheil Saakachvili a réussi à rentrer en Ukraine par la force, avec l’aide du bataillon ultra nationaliste Donbass et de nombreux partisans postés à la frontière. Privé de passeport, désormais apatride, Saakachvili venait pourtant des États-Unis en passant par la Pologne. Kurt Volke, le représentant spécial des États-Unis en Ukraine s’est pourtant à peine caché pour saluer l’arrivée en Ukraine de Saakachvili indiquant bien clairement que les jours de Porochenko sont comptés.

L’Ukraine n’est pas russe mais elle n’est pas non plus un pays

Ce sont aujourd’hui les États-Unis qui contrôlent en partie l’Ukraine « indépendante ». Derrière Saakachvili, on retrouve comme autrefois à Maïdan les agences de renseignement américaines. Cette entrée de Saakachvili en Ukraine a été clairement planifiée et protégée par les États-Unis. A Kiev, des députés de l’opposition, ont  déjà réclamé la destitution de Porochenko, démarche qui aidera évidemment Tymochenko à renverser Porochenko pour prendre sa place. En réaction à tous ces mouvements, Poutine a réclamé très habilement des casques bleus pour le Donbass .

Tout le monde sait  maintenant que la révolution orange de 2004 n’avait rien de spontanée et qu’elle obéissait aux méthodes putschistes modernes théorisées à la CIA et expérimentées récemment dans l’Égypte dictatoriale de Abdel Fattah al-Sissi. De drôles de partisans paneuropéistes, atlantistes et antirusses avaient rejoint après Maïdan le rang des drapeaux mythomanes et des brassards runiques pour se ranger sans vergogne du côté du département d’État américain, des technocrates de l’Union Européenne, des officiers de l’Otan en devenant les mercenaires exaltés de la « société ouverte » de Soros dont le but n’est rien d’autre que de dissoudre le peuple ukrainien dans un droit des minorités et de la diversité, dans un melting-pot extra-européen et homophile contre la traditionnelle Russie.

L’Ukraine de l’Otan a ainsi mobilisé des troupes contradictoires, réunissant dans les mêmes escaliers ou au front les grands oligarques  (Soros, Bernard-Henri Lévy, Igor Kolomoïski, Victor Pintchouk, Mikhaïl Khodorkovsky, la banque Rothschild), les réseaux djihadistes, les services secrets américains et les nostalgiques hitlériens.

retour-sur-maidan-la-guerre-hybride-de-lotanL’histoire contemporaine de l’Ukraine nous trouble forcément car elle souligne plus que jamais que l’Histoire n’est pas vraiment écrite par les peuples, ni même par les grands leaders politiques mais par un complexe caché, le complexe militaro-industriel, ce qu’on appelle ailleurs l’État profond avec ses divers intérêts privés, très souvent mafieux et liés aux trafics et cartels de drogue, parfois plus puissants que les États eux-mêmes. Soyons donc vigilants et préparons-nous à des nouvelles ukrainiennes d’insurrections fabriquées de toutes pièces sans inhiber en nous l’esprit critique qui nous caractérise quelque soit nos goûts esthético-politiques.

Ainsi, le 26 août, un millier de Russes avaient défilé dans les rues de Moscou pour manifester contre le renforcement de la surveillance et des restrictions sur internet. Il y en avait eu d’autres manifestations semblables pendant l’été. On y a retrouvé aussi un petit air de Maïdan. Des personnes agitant des drapeaux aux couleurs de l’arc-en-ciel, symbole de la communauté LGBT, et d’autres aux bannières plus historiques et mythiques. Ces manifestations anti poutiniennes avaient été relayées par de nombreux médias alternatifs à l’étranger. Elles ont été soutenues par des ONG qui ne sont pas curieusement sans lien étroit avec les officines européennes de Soros. Les accords de Minsk censés mettre un terme au conflit ukrainien ont échoué et le bilan depuis le début des combats en 2014 est en train de passer la barre des 10 000 morts.

Quelqu’un n’aurait-il pas envie là-bas de faire bouger quelque peu les cartes trop figées depuis quelque temps ?

En savoir plus :
– consulter le site https://dnipress.com/fr/
– lire : Lucien Cerise, Retour sur Maïdan- La guerre hybride de l’Otan, Ed. Le Retour aux Sources.
– Voir et écouter la vidéo ci-dessous : Il s’agit d’un débat sur l’Ukraine organisé en janvier 2017 par la branche étudiante de l’Action Française ( Cercle de Flore ) entre Florian Lemarchand, coté “patriote ukrainien”, et Nikola Mirkovic, coté “Donbass pro-russe”. Débat difficile et parfois houleux, plus proche d’un dialogue de sourds, mais néanmoins possible où il manquait sans doute une troisième position, une position intermédiaire et réaliste, seule en mesure d’arbitrer le conflit ici, et de ramener peut-être la paix là-bas .

Illustration : donbass, vers un nouveau bain de sang?

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