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Une réflexion sur le discours de Donald Trump aux Nations Unies

Trump A Lonu

Une réflexion sur le discours de Donald Trump aux Nations Unies

Strategika ♦

Le premier discours du président US Donald Trump devant l’Assemblée générale des Nations Unies a plus choqué l’État profond US que les gouvernements de la République islamique d’Iran, la République démocratique et populaire de Corée et la République bolivarienne du Venezuela, cibles officielles de Washington depuis des décennies.

A l’évidence, Donald Trump n’a nullement innové en menaçant des pays classés dans l’axe du mal par l’ensemble de ces prédécesseurs. Il n’a fait que dire un peu plus ouvertement ce que les administrations précédentes enveloppaient dans un emballage bidonné mélangeant un discours droit-de-l’hommiste et prosélytisme pseudo-démocratique à tendance néo-liberale au profit des grosses corporations. A cet égard, Trump est infiniment moins hypocrite et vicieux dans ses propos que la dynastie des Bush père et fils ou encore d’une Hillary Clinton dans ses souliers de Secrétaire d’État.

Détruire totalement la Corée du Nord ? Cela a été entrepris de manière systématique, scientifique et à un rythme infernal par les différentes branches des forces armées US lors de la guerre de Corée (1950-1952) au point où les Nord-coréens furent obligés d’enterrer leurs villes et leurs usines sous terre.

C’est également l’objectif affiché et poursuivi par le complexe militaro-industriel depuis la fin de cette guerre terrible menée sous mandat de l’ONU.

Si la Corée du Nord a échappée à une destruction totale jusque là, elle le doit initialement à :

  • Sa position stratégique adjacente de l’ex-URSS et de la République populaire de Chine ;
  • L’absence de ressources énergétiques fossiles ;
  • La présence le long de la ligne de front (la DMZ) de milliers de pièces d’artillerie pouvant déverser sur Séoul, une mégalopole de plusieurs millions d’habitants, plus de deux millions d’obus et de roquettes en l’espace de quelques minutes ;
    L’échec de plus de 276 tentatives clandestines visant à décapiter le régime ;
  • L’absorption des ressources politiques, diplomatiques, économiques, financières et militaires US par les désastres afghan et irakien puis par l’échec du « printemps Arabe » ;
  • La montée en puissance de la Chine et la ré-emergence de la Russie ;
  • L’incapacité de pays comme l’Arabie Saoudite, l’Allemagne et le Japon à financer les guerres des États-Unis ;
  • L’affaiblissement de l’Otan, notamment après sa très faible prestation lors de la guerre de Libye (2011) contre un État démuni de forces armées ;
  • La nature fort imprévisible d’une partie de l’opinion sud-coréenne mais également du leadership de ce pays (encore plus fanatique et extrémiste que celui du Nord) ;
  • L’amélioration notable des conditions de vie et du revenu en Corée du Nord entre les années 2005 et 2015 ;
  • Enfin, l’acquisition par Pyongyang de l’arme atomique mais surtout l’incapacité de ses adversaires à connaître son arsenal réel.

De fait, les USA auraient pu détruire la Corée du Nord à deux reprises : la première fois après la chute de l’ex-URSS et l’effondrement consécutif de l’économie nord-coréenne en 1991, suivi d’un état de famine et de pénuries. D’autant plus que la Russie d’alors était devenue un enfer et la Chine avait fort à faire avec les retombées des événements de Tiananmen. Mais à cette époque là, Washington était trop occupé à crier victoire au Moyen-Orient après la seconde guerre du Golfe.

La seconde fois, c’était en 1994-1995 lorsque l’Armée nord-coréenne eut d’immenses difficultés à se procurer des armes, des munitions et des pièces de rechange, forçant ses appareils de combat à rester au sol (mis à part la remise en état de quelques très vieux biplans !). Les submersibles de la marine ne pouvaient plus se procurer de carburant à l’époque et les soldats devaient se débrouiller en échangeant des biens à la frontière chinoise.

Ce temps là est revolu. Soumis à un blocus et à des regimes successifs de sanctions très exhaustifs touchant jusqu’aux bonbons, les nord-coréens ont appris à compter sur eux mêmes. En matière d’armement d’abord puisque cela fait longtemps que la Chine et la Russie rechignent à leur vendre la moindre munition de fusil. Ils ont par contre échoué à substituer des carburants issus de composés organiques au produits dérivés du pétrole

Les écoliers de la Corée du Nord apprennent dès l’âge de cinq ans que les Etats-Unis veulent détruire totalement et jusqu’à la derniere pierre leur pays. Ce conditionnement est si fort que même les personnes ayant fuit la Corée du Nord y croient dur comme fer. Et cela n’est pas loin de la vérité.

Donc si Trump évoque pour la deuxième fois une destruction totale de la Corée du Nord, et cette fois-ci devant le forum onusien, cette évocation vise plus à mettre dans l’embarras certains milieux bellicistes influents au sein de l’État profond US que mettre une quelconque pression sur Kim Jong-un dont le régime n’a aucunement peur d’une guerre le délivrant d’un blocus sans précédant dans l’histoire.

Source : Strategika51 via Leblancetlenoir

 

 

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