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Allemagne : vite Mélenchon, dans la rue contre les nazis !

Elections Allemandes

Allemagne : vite Mélenchon, dans la rue contre les nazis !

Jean Bonnevey ♦

Nouveau souffle européen pour la vague nationale populiste

Consternation et stupéfaction, l’extrême droite nationaliste, populiste, anti -mmigrés et anti-islam entre en force au Bundestag. En France, ils auraient eu 2 députés. En Allemagne, ils en ont plus de 90.

Les « nazis » sont passés dans les urnes et tout de suite les gauchistes ont contesté le vote démocratique dans la rue… ils attendent Mélenchon sans doute.

Merkel a gagné mais se retrouve en grande difficulté.

«Claque pour Merkel, débâcle pour Schulz, succès choc pour l’AfD: le résultat de ce vote de la colère va profondément changer l’Allemagne» estime le journal populaire Bild. «La progression spectaculaire des populistes de droite constitue un tournant historique pour la vie politique allemande», faite de culture du consensus et de débats policés, et qui entre dans une ère beaucoup plus rude et conflictuelle, relève de son côté le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ).
«La consternation règne dans les rangs conservateurs et la principale responsable est toute désignée», estime de son côté le quotidien de centre-gauche Süddeutsche Zeitung.

Les conservateurs n’ont pas dépassé la barre des 33 % lors des élections législatives ce dimanche 24 septembre. Dans les derniers sondages, la CDU/CSU était encore créditée de 35 % à 36 % des voix.

Du côté des sociaux-démocrates (SPD), le résultat, 20,5 %, était davantage prévisible. Mais le choc n’en est pas moins rude : le SPD mené par Martin Schulz fait encore moins bien qu’avec Frank-Walter Steinmeier en 2009 (23 %). Il obtient cette année son plus mauvais résultat depuis la guerre. Quant au parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), beaucoup s’attendaient à le trouver en troisième position. Mais pas à ce niveau, autour de 13 %.Les Allemands ont davantage voté qu’en 2013, mais ce surcroît de participation a profité à l’extrême droite, défiant les prévisions contraires de nombreux observateurs.

Angéla Merkel est arrivée en tête. Mais elle ne gouvernera pas avec le SPD qui, après l’annonce de sa débâcle, a exclu de participer à une nouvelle « grande coalition ».  La grande coalition victime du vote. Ce n’est pas bon pour Macron qui en rêvait pour la France. Ce n’est pas bon non plus pour ses projets de relance de l’Europe.

«Merkel va avoir du mal à former un gouvernement avec les libéraux et des écolos incompatibles. Sa quatrième victoire est amère et débouche sur une situation compliquée. Il sera extrêmement  difficile de former une alliance gouvernementale solide pour les quatre ans à venir», pointe l’édition en ligne du Spiegel.

Les Sociaux-démocrates ayant catégoriquement exclu de gouverner de nouveau avec l’Union chrétienne-démocrate (CDU), Angela Merkel n’a d’autre option que de négocier une coalition avec les Verts et les libéraux du FDP, qui font leur retour au Bundestag après en avoir été éjecté en 2013.

Mais l’avenir d’une telle configuration s’annonce incertain. La coalition  entre le CDU, le FDP et les Verts ne sera qu’une alliance épuisante qui n’est pas faite pour durer sur l’ensemble des quatre années à venir.

Quand à l’ AFD malgré sa création récente et ses divisions prématurées, elle a fait la preuve que l’islamisation de la société et le laxisme migratoire étaient rejetés par une partie du peuple allemand, une partie active et décomplexée par rapport à l’histoire.
Il était interdit d’être nationaliste en Allemagne depuis 1945. Une page vient de se tourner.

Merkel, toujours couchée devant l idéologie mondialiste dominante, n’aura pas pu empêcher ce réveil identitaire. C’est un espoir pour tous les vrais Européens qui veulent rester ce qu’ils ont toujours été.

  1. Robert41
    Robert4126 septembre 2017

    Les peuples soumis à un rattachement contraire à leurs voeux expriment leur mécontentement au grand dam des pouvoirs en place. C’est l’économie allemande qui est responsable au premier chef de cette invasion migratoire à bas-coût mais aussi la situation démographique allemande vieillissante. La Chancelière a osé la palette colorée, peut être un restant de zeste de l’homme nouveau universel de l’ancien bloc communiste ; en tout cas le résultat a été probant : – Cela ne passe pas cette hégémonie mondialiste. Merkel reste en place grace à l’influence libérale de l’économie allemande, des médias industrialisées et des classes sociales qui en profitent. De plus en plus de pays partenaires de l’architecture européenne mettent en cause le système. Pour quelques uns c’est la protection des frontières face à l’invasion migratoire, pour un autre, c’est l’abandon en filant à l’anglaise, pour d’autres c’est l’exacerbation d’une politique par le vote électoral. Tout cela est sain et normal pour un pays qui a culture, tradition, coutumes et territorialité affirmé. Il faut être américain ou nomade pour ne pas comprendre l’importance ce que le marché veut métamorphoser. Nous sommes revenus à l’époque ou on combattait l’Ancien-Régime aujourd’hui remplaçé par une dictature mondialiste. Rien ne se perd mais tout se transforme n’est-ce pas ?

  2. Bachelerie
    Bachelerie27 septembre 2017

    Elections allemandes : qui a voté quoi ? crise du modèle allemand ?
    Ces élections ont enregistré une forte participation 76,2% au lieu de 71,5% soit (+ 4,7%)
    En ex Allemagne de l’ouest la participation a été de 78% au lieu 72,4% ( de + 5,6%)
    ex RDA 74% au lieu de 67,6 (+ 6,4)
    Qui a voté AFD :
    Selon l’âge
    12,6 des votants : dont 11% des 18-29 ans, 15% : 30-44 ans 14 : 45-59 ans 9% 60 ans et plus.
    On note que le vote AFD rassemble plus les électeurs entre 30 et 59 ans, ceux qui sont menacés par la mondialisation ordoliberale : chômage, pauvreté, peur de l’exclusion.
    Comparaison 2013/2017 :
    35% des abstentionnistes,
    21% des déçus de la CDU/CSU
    10% du SPD
    6% de La gauche, 1% des verts, 25% sont des électeurs AFD, adhèrent aux idées de la droite extrême.
    Catégorie sociale :
    AFD : 19% ouvrier , 11% employé, 10% cadre, 12% indépendant
    Vote selon le niveau d’éducation/formation
    AFD : primaire 14%, secondaire 17%, bac 11%, université 7%
    Les raisons du vote
    44% la question des réfugiés et des étrangers
    24% les retraites
    16% la justice sociale
    13% la formation et l’école
    9% La criminalité la sécurité
    8% Le chômage

    D’où viennent les électeurs de l’AFD :
    L’AFD rassemble les laissés pour compte de la réunification et de la mondialisation ordoliberale :
    En ex RDA l’AFD avec 22,5% est la deuxième force derrière la CDU (28,2) -10% , devant die Linke (la gauche) 17,4% (-5,3), le SPD recule à 14,3% (-3,6), le FDP est à 7,3%( +4,6%), les verts sont à 4,7% (-0,4%).

    En ex RFA AFD (+6,6%) fait jeu égal avec le FDP (11%) +5,8%, la CDU et le SPD sont en recul, (-8,3 et – 5,3) les autres partis progressent : die Linke 7,4 (+ 1,8) les verts 9,8 (+0,6).
    La fracture est Ouest reste forte :
    En ex RDA :
    La CDU n’obtient que 28,4% (- 10,3%), devance l’AFD 22,5% ( + 16,6), puis die Linke 17,4% (- 5,3), le SPD 14, 3 (- 3,6), le FDP 7,3% (+ 4,6), les verts 4,7 (-0,4).
    Contrairement aux clichés habituels, l’électorat die Linke ( Gauche) comme les verts et le FDP a proportionnellement un électorat mieux éduqué ( bac et Université) que les la CDU, le SPD et l’AFD.

    Cette analyse souligne que l’électorat AFD est essentiellement n’en déplaise aux amateurs de clichés est un vote protestataire, l’électorat qui adhère à l’idéologie de l’AFD représente un électeur sur 4, les autres viennent des abstentionnistes 35%, 21% des déçus de la CDU et 10% du SPD, seulement 6% de die Linke.
    Par ailleurs cela est souligné par la catégorie sociale ce sont les catégories populaires qui votent plus pour l’AFD, que les indépendants ou les cadres, ce sont aussi les jeunes et les actifs qui votent plus AFD que les plus de 60 ans.
    Ces élections soulignent le rejet de la CDU et du SPD qui perde 1 un électeur sur 5. L’inquiétude concernant : l’explosion des inégalités, les retraites mais aussi l’avenir, soulignent si besoin était les limites du succès du modèle allemand.

    Jean Bachèlerie

    Ce point de vue a pour origine les travaux du Forschungsgruppe Wahlen et la ZDF .
    : https://wahltool.zdf.de/wahlergebnisse/2017-09-24-BT-DE.html?i=5

    • Robert41
      Robert4128 septembre 2017

      Excellent travail d’analyse. Merci

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