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Russie : les positions de Sergueï Lavrov

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Russie : les positions de Sergueï Lavrov

MONDE EN BREF : Interview du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov accordée à l’agence de presse russe TASS et à l’agence de presse internationale Associated Press, New York, le 20 septembre 2017

sergueï lavrov

Sergueï Lavrov

Sergueï Lavrov : Quelle est votre estimation des relations russo-américaines suite à votre rencontre avec le Secrétaire d’État américain Rex Tillerson? La Russie a-t-elle renoncé à l’espoir d’une amélioration considérable sous l’Administration de Donald Trump?
Sergueï Lavrov: Nos relations sont actuellement très compliquées et restent à un niveau très bas. C’est un héritage de l’Administration de Barack Obama. Nous avons naturellement fait attention aux propos que Président américain Donald Trump a tenus sur la Russie lors de la campagne présidentielle et aujourd’hui. Globalement, il veut de bonnes relations avec la Russie, ce qui devrait servir les intérêts des États-Unis et contribuer à la résolution d’un nombre important de problèmes-clés touchant les deux pays.

Lors de mes entretiens avec Rex Tillerson, je ressens que c’est exactement la position de l’Administration. Ils ne sont pas satisfaits de l’état actuel de nos relations. Nous ne le sommes pas non plus.

A mon avis, tout le monde comprend qu’il nous faut accepter la réalité créée par plusieurs initiatives hostiles de l’Administration de Barack Obama. C’est un fait. Le Gouvernement russe et l’Administration américaine, qui sont responsables, doivent adopter une approche responsable des questions bilatérales et des sujets internationaux.

Il ne s’agit pas encore d’une tendance durable mais on comprend la nécessité de progresser vers cet objectif.

Vous avez déjà rencontré le Secrétaire d’État américain Rex Tillerson à deux reprises: après votre arrivée à New York et aujourd’hui. Envisage-t-on d’organiser une rencontre au sommet entre le Président russe Vladimir Poutine et le Président américain Donald Trump dans un avenir proche afin de faire bouger les relations du point mort où elles se trouvent aujourd’hui d’après vous?
Comme vous le savez, les deux présidents se sont déjà entretenus en marge du sommet du G20 à Hambourg. Ils auront une autre occasion de se parler s’ils prennent part au sommet de l’APEC qui aura lieu début novembre à Da Nang (Vietnam).

Je suis certain que si les deux leaders se retrouvent ensemble au même endroit, il sera très utile d’organiser cet entretien pour examiner le progrès accompli au niveau des chefs de diplomatie et des mécanismes établis par nos adjoints. Il y a encore un dialogue. Il est compliqué et concerne les problèmes bilatéraux, analysés par nos adjoints, ainsi que la stabilité stratégique. Nous avons organisé une rencontre à Helsinki: les deux pays ont été représentés par des délégations interministérielles comprenant notamment les militaires et les représentants des services secrets. Il existe également, dans ce domaine, des problèmes à résoudre.

On a le sentiment que les actions diplomatiques selon le principe “donnant-donnant” ont pris fin. Qu’en pensez-vous?
Nous avons très longtemps reporté notre “donnant” en réponse au “donnant” de Barack Obama. A mon avis, j’ai déjà répondu à la question concernant les humeurs des parties. Comme nous sommes des gens sérieux et responsables – j’estime que Rex Tillerson fait partie de cette catégorie – j’espère que nous serons en mesure de tirer les conclusions nécessaires concernant la situation actuelle et nos objectifs.

La session portera sur la Syrie, la Corée du Nord et la mission de paix dans le Donbass. Dans quel domaine attendez-vous le progrès le plus sensible, voire une percée?
Je n’attends jamais rien. Si l’on a des objectifs – et il en existe plusieurs chaque jour – il faut tout simplement s’occuper de leur mise en œuvre: expliquer sa position, convaincre ses partenaires s’il s’agit de la rédaction d’une résolution, et avancer exactement de cette manière.

Nous avons évidemment envie de mettre fin à la crise ukrainienne. Cela ne dépend pas de nous mais de l’Administration ukrainienne. Il suffit de lire les Accords de Minsk pour s’en rendre compte.

Nous voulons obtenir un règlement en Syrie et travaillons activement dans ce domaine en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme et la création des conditions nécessaires pour la résolution des problèmes humanitaires, la réconciliation, l’établissement du dialogue national entre le gouvernement et l’opposition, ainsi que la solution politique reflétant les intérêts et les aspirations de tous les Syriens.

Nous avons la même position sur d’autres questions telles que le conflit au Yémen, la situation en Irak ou le dossier nucléaire coréen. Si l’on affirme d’avance que la session devrait aboutir à des résultats sur telle ou telle question que nous évoquons actuellement, cela pourrait nous distraire.

Il faut nous pencher sur des objectifs et des pourparlers réels. Tous ces conflits sont très compliqués et il nous faut penser à ce qu’il est nécessaire de faire aujourd’hui. Nous avancerons des projets à mesure que toutes ces questions se clarifieront.

Que pensez-vous des propos tenus aujourd’hui lors de l’Assemblée générale par le Président américain Donald Trump? Selon lui, les États-Unis sont prêts à raser complètement la Corée du Nord.
Nous avons plus d’une fois entendu des propos similaires du Président américain Donald Trump sur la Corée du Nord. Nous ne doutons pas du fait que les États-Unis sont en mesure de mener une action très destructrice.

J’ai pourtant remarqué un autre élément du discours du Président américain: il a affirmé qu’il respectait la souveraineté et l’égalité dans les affaires internationales, et que les États-Unis voulaient encourager les autres par leur propre exemple et n’avaient aucune envie d’imposer leur mode de vie. Qui plus est, les États-Unis respectent, selon lui, la diversité des peuples, des cultures et des civilisations. A mon avis, il faut saluer ces propos. Nous n’avions entendu rien de tel depuis longtemps de la part des leaders américains.

 Le Ministre américain de la Défense James Mattis a indiqué dans une interview que les États-Unis protégeraient la Suède en cas d’agression, bien que cette dernière ne soit pas membre de l’Otan. Qu’en pensez-vous?
Comme je ne suis pas médecin, je ne peux pas commenter des propos paranoïaques. J’ai entendu dire que le gouvernement suédois avait peur et que les autorités allemandes, une semaine avant le vote, étaient heureuses et reconnaissantes envers la Russie de ne pas s’être ingérée dans les élections. Il existe partout trop de fantaisies, et il est donc inutile d’y prêter attention. Il ne s’agit que de fake news, d’absurdités.

 

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