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La seule voie d’avenir pour l’Europe : un axe Paris-Berlin-Moscou

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La seule voie d’avenir pour l’Europe : un axe Paris-Berlin-Moscou

Marc Rousset, économiste ♦

la nouvelle europe-livreMarc Rousset est un visionnaire car au-delà des idées fort justes exprimées dans cet article, il est l’auteur, déjà en 2009, de La nouvelle Europe, Paris-Berlin-Moscou: le continent paneuropéen face au choc des civilisations ( G. de Bouillon éditeur, 2009 – 538 pages ) . Il est aussi l’auteur de plusieurs livres : “Pour le Renouveau de l’Entreprise“ (éd. Albatros, 1987), “Nouvelle Europe de Charlemagne“ (éd. Economica, 1995, Prix de l’ Académie de Sciences Morales et Politiques), “Les Euroricains“ (éd. Godefroy de Bouillon, 2001) et très récemment de Adieu l’Argent Roi, place aux héros européens (Godefroy de Bouillon 2016).

Henri Temple, sur Boulevard Voltaire, vient se livrer à un véritable plaidoyer en faveur de l’Angleterre et nous conseille de nous éloigner de l’Allemagne. Il fait malheureusement fausse route ! La seule voie d’avenir possible pour la France, c’est bien au contraire un rapprochement avec l’Allemagne sans l’Angleterre pour constituer à l’Ouest, dans un premier temps, un bloc carolingien, qui devrait ensuite se rapprocher de la Russie, afin de constituer un axe Paris-Berlin-Moscou et la grande Europe de Brest à Vladivostok. En ce sens, le Bréxit est un don et un cadeau du ciel pour la France !

S’il est possible de critiquer de Gaulle pour la fin catastrophique de la guerre d’Algérie et pour ne pas avoir réussi à réconcilier les Français après 1945, ce que souhaitait à juste titre Saint-Exupéry, il faut reconnaître qu’en ce qui concerne l’Europe, il a vu juste ! De Gaulle avait fort bien compris la nécessité d’un rapprochement de la France avec l’Allemagne et la Russie lors de sa conférence de presse géniale et visionnaire, en pleine guerre froide, du 29 mars 1949 au palais d’Orsay : « Moi, je dis qu’il faut faire l’Europe avec pour base un accord entre Français et Allemands. Une fois l’Europe faite sur ces bases, alors on pourra essayer, une bonne fois pour toutes, de faire l’Europe tout entière avec la Russie aussi, dût-elle changer de régime. Voilà le programme de vrais Européens. Voilà le mien. »

Le Bréxit est une chance pour la France, ne serait-ce que pour la langue française et la possibilité de mettre fin à la domination de l’anglais à Bruxelles, problème que Pompidou avait perçu très clairement, avant même l’entrée de l’Angleterre dans le Marché commun. Pompidou avait exigé que les fonctionnaires britanniques à Bruxelles parlent français. La promesse fut tenue, puis, suite aux pressions de l’Amérique et à la lâcheté des élites françaises, elle fit place à l’unilinguisme anglo-américain.

le grand echiquierHenri Temple devrait relire Le Grand Échiquier de Zbigniew Brzeziński ( Éditions Fayard) . Le rêve de l’Amérique et des néo-conservateurs américains, c’est de dominer le monde, par la force maritime, en s’appuyant sur les deux porte-avions que constituent le Japon et l’Angleterre et en faisant de l’Europe continentale le « Rimland », en réalité un protectorat grâce à l’OTAN, au « soft power » de l’anglo-américain, au droit-de-l’hommisme et à l’immigrationnisme qui nous font perdre notre identité européenne, nous noient dans le monde marchand anglo-saxon.

Tous les grands projets européens, à ce jour, sont d’origine franco-allemande (Ariane, Airbus, CECA, Euratom, l’euro, etc.). Pas un seul n’est d’origine britannique. Churchill disait déjà qu’entre l’Europe et le grand large, il choisirait toujours le grand large. Les Britanniques, une fois à Bruxelles, ont tout fait pour torpiller l’Union européenne de l’intérieur, pour favoriser le libre-échange, pour procéder à l’élargissement suicidaire avant un approfondissement, pour faire entrer la Turquie, pour empêcher que l’Europe des armements n’avance. Réjouissons-nous, au contraire, que le fusil français soit fabriqué en Allemagne plutôt qu’en Chine et espérons que, demain, l’Allemagne nous achète des Rafale !

Notre ami nous parle des trois derniers conflits entre la France et l’Allemagne ! Il oublie que, depuis la guerre de Cent Ans, l’Angleterre a été l’ennemi héréditaire de la France et a tout fait pour diviser le continent européen, pour que le Marché commun ne voie pas le jour. André Siegfried disait que l’Angleterre est une île entourée d’eau de toutes parts. N’oublions pas, enfin, l’Empire carolingien et sa disparition par le traité de Verdun en 843.

L’avenir de l’Europe est à l’est, pas en Angleterre ! L’Europe doit se considérer comme l’Hinterland de la Russie face à la Chine pour garder le contrôle de la Sibérie, plus grande que les États-Unis ! En Sibérie, en Asie centrale, l’Européen, c’est le Russe ! Mais, sans un premier rapprochement indispensable entre la France et l’Allemagne, le monde européen se condamnerait à un suicide civilisationnel.

 

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Adieu l’Argent Roi, place aux héros européens (Godefroy de Bouillon 2016).

 

 

  1. Robert41
    Robert4130 septembre 2017

    Vous avez raison, l’idée serait salutaire pour recouvrer un esprit de concorde en Europe. Notamment avec l’Ukraine et la Russie meurtries, par une politique hégémonique américaine qui veut un marché mondial unique qu’elle contrôlera. Pour arriver à cela, elle abuse d’une géo-stratégie d’encerclement de la Russie et de la Chine pour dénoyauter toute idée d’indépendance politique et la remplacer par une tuteurisation d’affidés. Et c’est-là, où l’Europe politique est absente parce que l’Allemagne et la France sont devenues sujettes dépendantes du monde atlantiste. Elles auraient du rester neutres dans l’esprit gaullien avec ces deux empires et non donner raison à l’un et condamner l’autre. D’ailleurs la France et l’Allemagne sont mal placées pour donner des leçons notamment avec cette psycho rigidité lancinante des droits de l’Homme à sens unique. Notre rôle devrait être purement intellectuel et cela devrait passer par de la grande diplômatie et non par une exhibition de ces dirigeants-selfies dans leur communication. Il faudrait savoir redonner une introversion à la politique et cesser ces puéralités, ces provocations et ces insultes. Quand c’est bon, il y a grand silence autour de la table dit-on. C’est pourquoi on aimerait une stabilité en Europe. D’abord, sur le plan sécuritaire en faisant l’inverse de ce qui a été mis en place c’est à dire filtrer la finance, les personnes et les marchandises d’où qu’elles viennent. Le marché qu’il soit mondial ou national, est avant tout une organisation de règles ; d’une part sanitaire et d’autres parts, équitables dans la réciprocité et la nécessité sinon c’est l’ouverture à n’importe quoi comme nous le vivons actuellement. Le pire ennemi c’est soi-même et c’est ce que vit l’Europe actuellement. Alors votre voeu d’une réplique continentale Russie-Allemagne et France, semble très compromise ; ne serait-ce que par la nature de cette composition. Une France en faillite, une Allemagne exigeante et une Russie tsarinisée.

  2. Bachelerie
    Bachelerie2 octobre 2017

    Il est exact que le général de Gaulle fut un visionnaire il a compris lors des années passées à Londres, au contact des dirigeants britanniques, mais aussi de l’administration américaine, où était l’avenir d’une France indépendante dans une Europe indépendante.C’était la raison de son véto à l’entrée de la Grande Bretagne dans le marché commun. Il fallut que la droite des affaires revienne au pouvoir avec Pompidou, pour que le Royaume uni puisse rejoindre le marché commun.
    Nous en connaissons tous les conséquences.
    L’une des conséquences longtemps sous estimée est le rôle de diviseur joué par la diplomatie et le gouvernement britannique, diviser les français et les allemands, d’où le ralliement d’une partie des élites allemandes à la globalisation anglo-saxonne ou néolibérale, devenu en Europe sous l’impulsion de la droite conservatrice alliée au SPD l’ordolibéralisme.

    le travail pour de reconquête des élites et du peuple allemand prendra du temps, car l’administration américaine, ne craint qu’une chose un rapprochement franco allemand pour construire une Europe indépendante de l’OTAN et se rapprochant de notre allié naturel la Russie.
    La prochaine crise économique pourrait favoriser un tel rapprochement, pour peu que nous préparions le terrain.
    Pour cela toutes les forces politiques hostiles à lu.E néo/ordolibérale doivent s’allier, partout en Europe, et d’abord en France et en Allemagne.

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