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Jean Michel Blanquer : révisions à l’Education Nationale ?

Ecole

Jean Michel Blanquer : révisions à l’Education Nationale ?

Gustave Sintaud ♦

Enfin s’est dissipée la longue et étonnante discrétion du ministre de l’Education Nationale ! Le Monsieur s’affirme quelque peu désormais, il s’affiche même avec une certaine clarté sur les médias, comme jeudi 28 septembre sur France Inter. Lève-t-il pour autant tout le voile sur ses propres conceptions de l’école et de l’université, du devenir des enfants, ados, et étudiants de France ? Quelques convictions véhémentement assurées ne suffisent pas à définir une précise politique éducative, et se dévoiler chichement ne signifie point à paraître moins opaque !

Pour le scolaire

Certes, à l’écouter, Monsieur le Ministre semble résolument pragmatique et veut couper avec quelque idéologie agressive et décisions désastreuses en découlant ; prendrait-il le contre-pied de la vicieuse méthode de Najat Vallaud-Belkacem que nous l’applaudirions tant il y a urgence à gommer les désastreuses scories laissées par cette dame avant d’être renvoyée sans ménagement !

Mais certaine révisions évoquées semblent avoir été clamées avant même son officielle désignation pour son marocain : retour en grâce du latin et du grec ancien au collège, ainsi que la reprise des classes bi-langue, matières et sections fustigées précédemment par idiotissime violence égalitariste, que seules certains établissements confessionnels privés continuèrent de valoriser.

Ces réserves ne favorisaient guère une complaisance ouverte vis à vis d’un homme aux antécédents assez troubles quant à la politique scolaire et universitaire de sa prédécesseure, à laquelle il aurait contribué, même si, depuis son installation aux affaires, on ne peut que se réjouir de sa décision de revenir à un apprentissage de la lecture en primaire par la méthode syllabique ; décision déjà évoquée par l’inénarrable Jack Lang au même estimable ministère, mais sans aucune suite et pour cause ( lire le rappel en encart du cheminement méthodologique de l’apprentissage de la lecture ).

Serait-ce que ses objectifs déclarés, que tout les enfants sachent suffisamment lire, écrire et compter avant l’entrée au collège, sont sincères et justement envisagés techniquement ? Faisons-lui crédit surtout avec la nouvelle possibilité, qu’il offre, du retour à la semaine de quatre jours pour les écoles primaires , qui non seulement a ravi tous les parents ayant pu mesurer l’impact négatif sur les rythmes biologiques de leurs enfants scolarisés et soumis impérieusement au tempo socialisant ; d’inquiétantes fatigues étaient générées au lieu d’un prétendue meilleure respiration hebdomadaire. Mais ce sont encore les nombreux maires et conseils municipaux qui respirent mieux en gagnant avec moins de soucis à prévoir pour l’organisation fastidieuse des incroyables inutiles A.P.S. (activités péri-scolaires) , et avec un gain sur dépenses discutables.

Et quand bien même on ne doive certainement pas à ce neuf ministre  une autre remarquable décision de détricotage nécessaire, concomitante de la précédente et assez complémentaire dans l’intérêt de nos jeunes enseignés et leurs apprentissages fondamentaux, surtout libérés d’études insignifiantes : la fin des coûteux emplois aidés qui, non seulement servaient pour beaucoup en aides financières aux communes pour rémunérer tous ces animateurs d’A.P.S. , afin de meubler à grand prix ces temps de pseudo-compléments éducatifs.

Rappel du cheminement méthodologique de l’apprentissage de la lecture

Longtemps, on apprit à lire avec le latin, encore langue hégémonique sacerdotale et savante de l’Europe. Cette langue totalement phonologique obligeait, en restitué, une lecture sonore systématique de chaque lettre avec l’exclusif phonème qui lui correspondait, et provoquait précise attention intellectuelle en même temps qu’elle développait une instinctive mémorisation ophtalmo-auditive constructive.
A partir de cette vieille coutume, on en vint à apprendre à lire le Français selon des méthodes analytiques, certes contraignantes mais tout aussi constructives bien qu’adaptées à la structure un peu particulière de cette langue moderne, syllabique, bien éloignée par ailleurs du système phonologique.
Ainsi avec l’enseignement obligatoire et unitaire en France, l’apprentissage scolaire de la lecture et de l’écriture orthographique, d’une langue officielle unificatrice très normée, perfectionna la méthode syllabique jusqu’à atteindre une intéressante perfection avec réel et assez général succès des hussards noirs de la troisième république, comme sous la quatrième après 1946. L’intérêt pédagogique de cette démarche expérimentée performante résidait tant dans la grande attention qu’elle exigeait que dans le système répétitif inhérent qui portait ses fruits en provoquant mémoires visuelle et auditive, y associant même la kinesthésique quand l’écriture y était concernée : d‘une part , la possession de l’orthographe pouvait s’y inclure harmonieusement, d’autre part, cela permettait précocement de repérer nombre de dysfonctionnements que l’enseignant pouvait rapidement corriger.
Tout cela paraissait trop bien huilé, peut-être même trop justement sanctionné de réussites, pour plaire à une réflexion moderniste, agressivement partisane, privilégiant moins de contraintes sélectives en pédagogie,plus d’allègement du système éducatif, selon une doctrine résolument permissive, fixée, dans une incroyable myopie, sur les seuls cas de non-adaptabilité à la grande exigence en cours, de faiblesses et carences naturelles de certains enseignés, dits : « laissés pour compte » ; y explosait la violence d’une excessive idéologie égalitariste, pathologiquement vindicative, s’insurgeant contre un système prétendument élitiste, et niant des résultats positifs, jusqu’à inventer d’autres procédés d’apprentissage, à imposer hargneusement plutôt qu’à proposer une expérimentation douce.
Ainsi dans les années 1960, quelques linguistes, psychologues, et spécialistes de la science du langage, tous doctrinaires viscéraux promurent une approche de la lecture plus visuellement globale, privilégiant exagérément la disposition naturelle générale de tout humain à la bien instinctive vision photographique.
Il prétextèrent tant que leur démarche était plus incisive et performante, plus logique, que les ânes politiques aux affaires de l’Education Nationale, pour paraître modernes, novateurs, et intelligents se laissèrent facilement subjuguer, et, sans aucune vérification, sans expérimentation probante, décidèrent de la pertinence toute arbitraire de ces révolutionnaires propositions. Ils les signifièrent impérativement à leurs Recteurs, Inspecteurs d’Académie, Inspecteurs départementaux, ces administratifs féaux, petits monarques locaux, généralement rebuts de l’exercice enseignant pour misérable stature féodale ; ces relais instituèrent coercitivement ces nouveautés comme nécessités, obligeant par leurs diligents contrôles réguliers à n’utiliser qu’elles.
La vanité des doctrinaires, de ces vicieux idéologues totalitaires ne pouvait être dénoncée ; l’idéologie régnante, alimentée de démesure gauchiste, avait même contaminé les gouvernants d’une droite se gauchisant par incapacité crasse à être et à penser par elle-même….
La méthode nouvelle d’apprentissage de la lecture et de l’écriture se révéla immédiatement bien imparfaite, moins performante que la précédente ; on ne la reconnut jamais mauvaise catégoriquement, on ne pouvait risquer de l’abolir sans mettre en cause les tenants et aboutissants qui l’avait suscitée ; on dut néanmoins tenter de l’améliorer, et on crut pouvoir la proposer, un tantinet modifiée, dite : « semi-globale » d’abord, puis en la mâtinant avec la vieille probante méthode syllabique si préalablement dénigrée, en : « méthode du sablier ».
Rien n’y fit, l’échec patent, que l’on ne pouvait admettre, ne fit que s’amplifier au détriment de tous les enfants français en âge d’apprendre à lire et écrire, contraints de subir les diktats d’incapables, incompétents et méchants décideurs. Aux immenses retards criminels générés, s’adjoignaient, avec le total rejet du développement des besoin et goût de l’effort valorisant, les non perceptions de tares innées comme la dyslexie, la dysorthographie, voire même par ailleurs la dyscalculie, contre lesquelles il n’est point de recours au-delà de l’âge moyen de 11 ans, comme l’avait fortement précisé feu le Professeur en Pédo-psychatrie, Debray-Ritzen voici cinquante ans dans sa : « Lettre ouverte aux parents de petits écoliers ».
Mais ce savant n’était alors que mal apprécié et rejeté par les malfaisants décideurs !

Enfin remarquons et n’hésitons point de marteler que la funeste volonté de perturber se qui allait pour le mieux, avec une tentation réformatrice bien aléatoire, outre son désastreux bilan après soixante années d’approximation et de fourvoiements, n’a même pas atteint les aspirations égalitaires qui la motivaient ; bien au contraire, elle n’a réussi qu’à approfondir le fossé entre ceux qui réussissent et avancent allègrement toujours, et ceux qui restent à la traîne et jettent l’éponge. Les méfaits des méthodes globale et dérivées ont réellement multiplié les échecs et installé durablement les handicaps en appauvrissant l’élite qui toujours tire l’ensemble vers le haut.

Pour l’universitaire

Nous avons apprécié encore ce ministre de l’Éducation Nationale quant à ses préférences pour une nouvelle approche de la transition scolaire – universitaire , et pour tenter de remédier au « bordel » que nous avons connu durant tout l’été avec la grave déconvenue des néo-bacheliers de Juin : des milliers de ces pauvres bougres restaient sans possible intégration selon leurs choix légitimes ou même pour leurs simples autres espérances par défaut : les structures existantes se sont avérées dans l’incapacité d’absorber le trop démagogique flot de ces trop nombreux diplômés.

A l’évidence, n’en déplaise à la forfanterie de Belkacem, trop peu avait été prévu pour répondre au laxisme des exigences égalitaristes de l’attribution abusive de tous ces baccalauréats pour le plus grand nombre et des incontournables réalités consécutives du flux démographique des prétendants au supérieur. A ce propos, par exemple, Patrik Gili, président de Montpellier III se lamentait sur Midi Libre du 28 septembre 2017 que 30 à 35 % des bacheliers inscrits dans sa faculté de Lettres et science humaines étaient issus de bac pro avec un taux d’échec moyen de 90 % et parfois plus, en première année au lieu des 50 % pour tout autre. Il confiait que « tout le monde ne peut pas réussir à l’université. Il faut pouvoir envisager des parcours de réussite hors universités ».

Monsieur Jean Michel Blanquer dit ne point apprécier ses désastreuses situations et ne veut surtout pas cautionner ce tirage au sort qui avait pu être évoqué comme panacée. Il préfère le vieux système abandonné,, voilà quelques quarante ans, des propédeutiques comme anti-chambres à l’intégration universitaire : sélections – orientations avisées les plus adéquates pour mieux préparer à des réussites diplômées, moins aventureuses, de meilleure excellence pour que France ne soit plus ridiculisée par le très américanophile Shangaï Ranking Consultancy dans son classement mondial des universités, où la première française ne pointe qu’en quarantième place, alors que la France n’y paraît que sixième état avec seulement vingt établissements du supérieur végétant parmi les cinq cents premiers.

Nous avons encore pu entendre Monsieur Luc Ferry, ancien détenteur du même poste au même ministère, faire l’éloge de Monsieur Blanquer qu’il, considère comme «  le meilleur ministre de l’EN depuis longtemps ». Peut-être seulement parce qu’il espère qu’avec ce successeur, une disposition qu’il avait lui-même imaginée sans pouvoir la faire partager alors, allait pouvoir s’appliquer : des effectifs de 12 élèves en classes de CP dans les zones d’éducation prioritaire. Si la démarche est louable, on peut toutefois s’interroger quant à la restriction qui, au-delà du problème du coût financier pour une généralisation à tous les CP des territoires français, s’englue dans un fol égalitarisme qui ne cherche qu’à combler des différences naturelles en ne privilégiant que des populations souvent indigentes éthno-socio-psycho-intellectuellement, comme si seuls les enseignés de ces zones particulières arrivaient en sixième sans savoir assez lire, écrire et compter …

Au-delà d’un coup publicitaire à gros impact médiatique que ce genre de mesure peut déclencher, on reste dans la bien pensance du politiquement correct très social…. On semble prêt à corriger des fourvoiements formels improductifs, tout en sacrifiant à la convention morale institutionnalisée par des décennies de totalitarismes culturels socialo-trosko-maoïste. Que tout cela cultive un flou savamment dosé !

Si l’on se suffit d’arrêts sur des micro-touches semblant aller dans le sens salutaire à notre éducation nationale, pour sortir de la sinistre impasse dans laquelle elle est tenue depuis plus de cinquante ans par une idéologie criminelle ayant pollué tant de gouvernements de « droite » et ayant été sublimée en tout excès par les gauches au pouvoir, on peut croire qu’avec Jean Michel Blanquer tout va dans le sens d’une meilleure thérapie : des pansements s’apposent sur les plaies variqueuses particulièrement infectées depuis l’insalubre trio : Peillon-Hamon-Belkacem, mais les yeux restent obstinément clos, comme cousus, pour ne point constater les symptômes de lourds cancers qui rongent avidement tout l’organisme.

Un peu de Bétadine ici, un baume cicatrisant là ne pallieront point le manque d’un chimio-thérapie à forte dose ! Sans cela le crabe poursuivra son œuvre de destruction lente, méthodique.

 

  1. John Wayne
    John Wayne4 octobre 2017

    Bien l’article de GS ! La démission de la droite est incroyable … Dictature de la minorité par défaut de majorité ! En fait la droite se croyait moins futée que la gauche ….!! Faut dire qu’à partir de 1968 ,on a été gâtés avec tous ces moïstes à la con qui se sont certes imposés par une logorrhée bien sentie…qui en imposait ….! Les prémisses étaient fausses , et aux frais d’la princesse !! Maintenant , Edgar Faure , malgré ” l’énorme ” majorité à l’assemblée nationale , a baissé son froc à la rentrée d’octobre 68 et aurait dû négocier une sélection à l’entrée des Facs comme en Europe…. Toujours la trouille de Mai 68 !!! On a préféré , avec le génial De Gaulle , puis G. Pompidou, le partage tacite de l’Economie pour la droite , et ” l’intellectuel ” pour la gauche , qui a perduré pendant 50 ans ….!! Vous voyez le niveau de bêtise ?? !!! Aujourd’hui , avec JM Blanquer , il semblerait que …… Mais c’est l’Europe qui nous l’impose , et ….. la Cour des comptes !! Trop bêtes pour l’faire tout seul !! Quel gâchis !!!

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