Réseaux sociaux, newsletter et flux rss

Cinéma : l’Échec de Valérian et la Cité des mille planètes

Valerian Affiche

Cinéma : l’Échec de Valérian et la Cité des mille planètes

Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦

Luc Besson serait de retour sur les plateaux et vient d’annoncer non seulement qu’il va tourner un film d’action mais confirme la suite de Lucy. En fait,
après l’échec dans les salles de Valérian et la Cité des milles planète, EuropaCorp sa maison de production serait dans une mauvaise passe. Valérian a été le film le plus cher du cinéma français (180 millions d’euros) pour un très piètre résultat et il a été loin d’enthousiasmer les foules.

Du coup, réaliser une suite à Lucy, véritable succès du cinéma français à l’étranger, avec 53,5 millions d’entrées, c’est espérer renflouer les caisses sur une valeur sûre. La saga Valérian (Luc besson envisageait une trilogie au départ) semble définitivement enterrée. Valérian et la Cité des mille planètes avait été pourtant le film français le plus attendu de l’année. L’échec du film est encore plus patent aux États-Unis au point que l’action d’EuropaCorp  a baissé de 8,3 % à la Bourse de Paris, la semaine dernière, Edouard De Vessinne, son PDG adjoint, venant d’ailleurs d’être remercié un an et demi après sa prise de fonction .

Nous avons vu Valerian : c’est un joli film avec une belle esthétique design aux thèmes écologistes  mais un film très irrégulier, pour enfants ou ados retardés sans véritable cinquième dimension. Pourtant, cela commence très fort et on s’est pris un temps à rêver dans le fauteuil à quelque chose d’hexagonal qui dépasserait Star Wars sauf que cela ne tient pas la route parce que cela se perd dans l’un des grands défauts français : le bavardage inepte, l’idéologie chic de la tolérance et de la bienveillance, le message mondialiste de la polysexualité androgyne et écologique à tout va.

Sur ce canevas répétitif de bons sentiments communautaristes, les effets spéciaux s’enchaînent dans une esthétique spatiale qui n’est en réalité jamais au service d’une vraie histoire. Le film de science-fiction a une vocation épique. Ici il ronronne dans la leçon moralisatrice sur les fins de civilisation. On attend un space opéra qui sublime le mal et la force mais on larmoie sur les bons sentiments. Le jeune couple Dane DeHann et Cara Delevingne (bien meilleure dans Suicide Squad) semble plongé dans un jeu vidéo mais pas dans une véritable mission. Il manque de la politique à l’Empire des mille planètes.

En fait, le film est raté par le ton insipide des dialogues, le vide sidéral du scénario copié sur la bande dessinée de Jean-Claude Mézières et Pierre Christin les scénaristes de la bande dessinée Valérian  dont, pour le coup ,la réédition est un petit événement avec le plaisir esthétique de retrouver les grandes planches couleur du journal Pilote. Ils triomphent même si les premiers albums en particulier (Valérian, l’empire des milles planète (1971), Le pays sans étoiles (1972) et L’ambassadeur des ombres (1975)) ont tout de même pris un sacré coup de vieux !

Mais si en 1977, Georges Lucas semble s’être directement inspiré des dessins de Mézières pour la Guerre des Etoiles, pour les décors et les costumes de ses personnages, l’histoire proprement dite de Star Wars est heureusement aller puiser à d’autres sources européennes et a surtout lu les grands mythologues du moment. Du coup, le Valerian de Besson se regarde comme on lit une bande dessinée, moins préoccupé par les bulles que par la surface de l’écran, la richesse et la beauté des images mystérieuses et sombres, idylliques et paradisiaques qui nous sont proposées. Or au cinéma, il faut une histoire et des dialogues, un script. Ainsi, on voit Besson être obligé sans cesse dans le film de créer des sous-intrigues, des sous-univers, des mondes parallèles pour remplir ses images et étoffer son histoire alors qu’il aurait dû faire l’inverse: développer quelque chose à raconter à travers une histoire même plutôt convenue, comme l’avait fait par exemple le sublime Avatar.

A noter une  polémique interne presque nationaliste du milieu cinéma venue de Julien Leclerc qui a interpellé les critiques du Monde, de Libération et de Mad Movies en leur sommant de prendre « conscience de ce que c’est de réaliser une telle entreprise comme Valérian ». Selon Julien Leclercq, il est difficilement acceptable qu’une œuvre de cette ampleur soit flinguée par les critiques professionnels, Valérian étant pour lui la tentative d’un cinéaste français à sortir du confort des drames sociaux et des comédies familiales se passant entre Paris et Marseille. « J’admire profondément les gens qui FONT les choses… Imaginer, fédérer, financer, raconter, construire, surmonter… Voilà le challenge d’un metteur en scène et de son équipe au quotidien… sur des mois, des années… De par son ambition visuelle et financière, Valérian se doit de fonctionner partout et surtout en France ! Chaque film est une PME qui emploie des centaines de personnes à chaque fois et le succès de Valérian permet de financer des films d’auteur moins évidents ». Effectivement, Luc Besson s’était battu avec sa maison de production pour pouvoir garder son tournage en France mais le cinéma français a-t-il vraiment besoin de ce genre de films, qui sont d’ailleurs plus des produits que des films ? La question mérite d’être posée.

Valerian-couv-430x430

Dans l’agenda : voir l’exposition Valérian et Laureline en mission pour la Cité jusqu’au 14 janvier 2018 à la Cité des Sciences et de l’Industrie du Parc de la Villette, une exposition qui dévoile une quarantaine de planches originales de la bande dessinée et présente sur elles les points de vue de trois scientifiques. L’astrophysicien Roland Lehoucq, le géographe Alain Musset et le paléontologue Jean-Sébastien Steyer posent ainsi leur regard sur l’Univers, les civilisations, la faune et la flore, les enjeux sociopolitiques de l’Empire des mille planètes à l’intérieur d’un catalogue où la BD est décryptée.

 

 

  1. Moi
    Moi8 octobre 2017

    Ce fim est très bien.distrayant à souhait. Les deux avteurd sont top.qui a intérêt à flinguer Besson? Toutes ces critiques de bobos gauchisés voulant faire étal de leur petite culture de cinématographie parisienne, on s’en tappe !

Répondre