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Remplacer l’humain : l’automatisation contre l’autonomie

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Remplacer l’humain : l’automatisation contre l’autonomie

CULTURE EN BREF :  Censé aider, l’automatisation généralisée dans le quotidien peut conduire vers une perte d’autonomie, de savoir-faire et de pouvoir de décision. Soit diminuer l’humain dans l’homme.

Après Internet rend-il bête ?, Nicholas Carr s’est penché sur le sujet avec son nouveau livre Remplacer l’humain. Critique de l’automatisation de la société.

Internet rend-il-beteAvions sans pilote, trains sans conducteur et autres véhicules autonomes sont des exemples spectaculaires de l’automatisation actuelle, arrivée via les manufactures de la révolution industrielle, en étant censée alléger le travail des ouvriers et surtout engranger des gains de productivité.

Ce qui lui valut d’être louée dès 1776 par Adam Smith, l’un des pères du libéralisme économique.

L’informatique et la robotique ont étendu le champ de l’automatisation jusqu’à envahir le quotidien de l’homme au péril de son humanité, prévient Nicholas Carr, spécialiste américain du numérique, dont il est fort critique. Comme en a témoigné son ouvrage “Internet rend-il bête ?” publié en France en 2011.

Dégradation de la vie humaine : Dans Remplacer l’humain, Nicholas Carr, s’appuyant sur de nombreuse études scientifiques, se penche sur les effets pervers et insidieux de l’automatisation à tout crin. Dont l’illusion de liberté, d’échapper un tant soit peu à la malédiction d’Adam, le travail, alors même que l’on peut se retrouver esclave d’une machine comme le dénonçait déjà en 1924 le prix Nobel de la Paix Bertrand Russell.

En 1856, Karl Marx écrivait que, même si les machines sont dotées d’un potentiel émancipateur, toutes nos découvertes et tous nos progrès semblent avoir pour résultat de doter de vie intellectuelle les forces matérielles et de dégrader la vie humaine à une force matérielle.

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Et Nicholas Carr de noter que la logique du capitalisme, combinée à l’histoire du progrès techno-scientifique, semble tendre vers l’élimination de la main-d’œuvre du processus de production.

Étudiant la « croissance anémiée » aux États-Unis depuis 2000, un chercheur du MIT a remarqué que les nouvelles technologies ont surtout modifié la répartition de l’emploi aux États-Unis, en créant très peu de postes dans les secteurs de revenus intermédiaires.

De plus, au-delà de l’économique, l’envahissement de la simplification de la vie via l’informatique, conduit à réduire la capacité des hommes à s’adapter aux nouvelles situations qui se présentent à lui. Ce qui touche au profondément humain.

Remplacer l’humain : Critique de l’automatisation de la société, de Nicholas Carr, sortie le 22 septembre 2017 aux éditions de l’Échappée. 272 pages. Prix : 19 €.

 

Source : FO

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